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Publié le jeudi 24 septembre 2009
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La presse musicale vit également la crise depuis plusieurs mois, comme en témoignent à nouveau les derniers exemples en date (arrêt définitif de Chorus, coup de gueule de Longueur d’Ondes). Pourtant, certains se lancent dans l’aventure et viennent de publier leur magazine (So Jazz, Soulbag, Dans le Rouge)…
Depuis près d’un an, les difficultés de la presse musicale face à la concurrence d’Internet et l’affaiblissement des investissements publicitaires semblent récurrentes, voire infranchissables pour certains. Ainsi, la liste pourrait ressembler à une hécatombe : en quelques mois, les magazines Volume et Musiq ont stoppé leur parutions, Jazzman et Jazz Magazine ont fusionné et, comme nous l’annoncions à la fin de l’été, c’est au tour du trimestriel Chorus, Les cahiers de la Chanson de voir sa longue aventure de 68 numéros cesser (sans parution du 69e numéro pourtant prévu).
Lire l’article du 25 août 2009, Chorus en liquidation judiciaire
Lire l’article du 18 juin 2009, Jazzman et Jazz Magazine fusionnent, Muziq s’arrête
Le mensuel Longueur d’Ondes, qui vient de fêter ses 10 ans de gratuité, n’en est pas encore là . Mais, son équipe dirigeante vient de lancer "un coup de gueule" et souhaite effectuer une "mise au poin(g)" avec les labels et maisons de disques.
Car la crise du disque est une des premières conséquences de l’affaiblissement des investissements publicitaires des producteurs de disques, phénomène qui touche également de plein fouet les radios et télévisions comme en témoignent les derniers chiffres de l’Observatoire de la Musique à ce sujet.
"Nous sommes en fin de bouclage. Il y a 6 jours, nous venons d’être planté d’une grosse somme. Les quatrièmes de couv de nos deux derniers numéros (des pubs pour la bière Despérados) ne seront pas payées par l’équipe bordelaise qui les a vendues pour nous : la REGIE PUBLIC (pourtant encore en activité !!!) (…) Nous avons donc dû faire un emprunt et cette galère peut donc nous atteindre gravement, voire nous faire fermer tout simplement !"
"Depuis le départ de la crise du disque c’est de plus en plus dur.
Les maisons de disques trouvent logique que l’on chronique leurs albums, que l’on parle de leurs artistes, voire même qu’on les invite sur la scène des Trois Baudets où nous faisons régulièrement des concerts (sans gagner un seul centime), mais pour renvoyer l’ascenseur, il n’y a plus personne.
LO n’est quasiment jamais dans le plan marketing d’un album qui va sortir…"
"Donc la seule chose que nous demandons aux indépendants et maisons de disques, c’est d’acheter des espaces pubs aussi chez nous au lieu de toujours les placer systématiquement dans d’autres magazines qui ne défendent pas toujours les artistes francophones comme nous les défendons, mouillant notre chemise jusqu’à mettre des autoprods en couv quand on a un coup de cœur (ce fut le cas de Nosfell par exemple, signé par une major suite à notre couv… Mais cependant, nous ne faisons même pas partie du plan com quand aujourd’hui il sort un disque ! Où est la logique là -dedans ? Pas plus que nous sommes inclus dans le marketing de -M- dont nous avons fait l’un des tout premiers papiers… et qui a été notre parrain !).
Nos relations avec les maisons de disques vont devoir changer."
Malgré cette situation globalement inquiétante pour la presse spécialisée, certains font preuve d’audace. En effet, alors que certains magazine jazz de référence ont disparu, la "place" laissée vacante a donné l’envie à d’autres de tenter l’aventure.
Ainsi, la rédaction du magazine Vibrations a lancé le 20 octobre un nouveau mensuel consacré à cette esthétique et intitulé So Jazz . Arnaud Robert en est le rédacteur en chef et son équipe est composé de journalistes français et anglo-saxons. La ligne éditoriale du mensuel sera de faire découvrir "les grandes tendances et les grands noms du jazz, passés et présents", ciblant un public généraliste "qui n’a pas forcément les clés pour entrer dans le cercles des initiés".
Le 19 septembre est également paru le premier numéro en kiosque de Soul Bag, magazine blues, rhythm & blues, soul, funk, gospel, zydeco qui existe depuis 41 ans (195 numéros parus !) mais qui ne fonctionnait que sur abonnement jusqu’à présent. "Soul Bag n’a jamais choisi la facilité. Il a toujours privilégié les créateurs, les originators, sans
exclusivité de style ou d’époque, refusant de suivre les modes forcément passagères. Aujourd’hui, il
paraît en kiosque au « pire moment », aux dires des professionnels, alors que la presse magazine
subit la crise de plein fouet et voit beaucoup de titres, notamment musicaux, disparaître.
Le pari est bien sûr risqué, mais nous avons l’audace « ou l’inconscience « de penser que Soul Bag n’a
pas son équivalent dans les linéaires des marchands de journaux et qu’un public existe qu’il n’a pas
encore atteint". Vendu au tarif de 6 € (avec une compilation offerte chaque trimestre), le magazine est dirigé par Jacques Périn (Directeur de publication) et Nicolas Teurnier (Rédacteur en chef).
Le site de Soul Bag
Signalons également la naissance du premier numéro du magazine de l’Information Musiques Actuelles en Région Franche-Comté « Dans Le Rouge », édité par l’association Découvert autorisé. Le premier numéro est disponible dans tous les bons lieux musiques actuelles de la région Franche-Comté et comprend notamment des news régionales et des interviews de groupes locaux.
Télécharger Dans le rouge
Avec la crise du disque, on a d’abord raisonné "transfert", les ventes numériques devant compenser la perte sur le physique. Puis, rapidement, on a bien compris que de nouveaux comportements s’installaient et que c’est une mutation globale qui allait s’opérer.
Quand Apple et iTunes ont débarqué, une révolution industrielle du téléchargement s’est engagée. De nouveaux acteurs se sont positionnés en interfaces entre le vieux et le nouveau monde.
Depuis, la distribution numérique progresse inexorablement. Elle explore les débouchés inconnus, adapte les savoir-faire aux environnements de demain et porte l’espoir d’un renouveau économique.
Entre métiers et marchés, focus sur la distribution numérique.
Cinq distributeurs - Idol, Believe, Yozik, Jamendo, Toolbox - un journaliste spécialisé - Frédéric Neff et le co-fondateur d’une société de conseil - Aymeric Pichevin - évoquent pêle-mêle les joies du métier, les services monétisables, l’évolution des ventes et du streaming, l’essor des vidéos musicales, l’équilibre et les déséquilibres du marché…
Pascal Bittard, président fondateur d’Idol
Romain Becker, chef de projet Vidéo chez Believe Digital
Henri Pierre, gérant de Yozik
Pierre Gérard, cogérant de Jamendo
Christophe Brunel, responsable de production chez Toolbox
Frédéric Neff, journaliste et blogueur spécialisé
Aymeric Pichevin, journaliste à Billboard et cofondateur de Home