La ministre de la culture (re)lance la préfiguration d’un CNM pour 2019

Publié le jeudi 26 avril 2018

POLITIQUE

À Bourges, la ministre de la Culture, Françoise Nyssen, a annoncé sa volonté de voir se créer un Centre national de la musique (CNM) en lançant une mission de préfiguration confiée à deux députés.

Déjà envisagé en 2011, suite à la publication du rapport « Création musicale et diversité à l’ère numérique », le principe d’un opérateur public transversal pour l’ensemble de la filière musicale avait été abandonné après une longue phase de préfiguration menée une association dédiée. Cet arrêt brutal d’un projet porté par un grand nombre d’organisations professionnelles, signataires d’un accord-cadre, avait laissé un goût amer.

Peu après son arrivée rue de Valois, Françoise Nyssen rouvrait le dossier en commandant à Roch-Olivier Maistre un rapport sur l’opportunité d’une « maison commune de la musique ». Rendu en octobre, ce rapport, encore une fois salué par la profession y compris dans le champ du classique, reprenait le terme en s’intitulant « Rassembler la musique pour un centre national ».

Et c’est donc, hier, au 42e Printemps de Bourges, que la ministre a annoncé dans un discours très appuyé sa volonté d’engager le processus ambitionnant « une nouvelle politique pour la musique ».

Une mission parlementaire

« Je vous confirme aujourd’hui que le rapport [Maistre] sera suivi : nous allons créer un Centre National de la Musique » a-t-elle déclaré. Ainsi, pour préparer la création de « ce nouvel établissement public qui viendra remplacer le CNV », Françoise Nyssen a confié une nouvelle mission, à deux députés cette fois. Emilie Cariou et Pascal Bois devront donc :
-  Préparer l’avant-projet de texte instituant l’établissement ;
-  Clarifier son organisation et sa gouvernance ;
-  Clarifier les besoins de la filière et ses financements.

Indiquant une remise de conclusions pour septembre, elle précise « Ils ne partent pas d’une feuille blanche. J’ai déjà défini un cadre global, que la préfiguration doit permettre de préciser et de concrétiser ». Ainsi, ce CNM « regroupera quatre missions de service public, aujourd’hui dispersées entre diverses organisations ou ne faisant l’objet d’aucun portage » :
-  l’observation des activités de la filière ;
-  le soutien économique aux acteurs ;
-  le développement international ;
-  l’information et la formation des professionnels.

Périmètre, financement et gouvernance

Gérant les crédits d’impôts, son périmètre d’action aura vocation à se porter sur « toute la filière - de la musique enregistrée à la musique “live” ». Cependant, la ministre a tenu à bien préciser :
-  le “secteur subventionné” (Smac comprises) continuera de faire l’objet d’un soutien direct du ministère, sans l’intermédiaire du Centre ;
-  l’intégration du Bureau Export « n’est pas d’actualité (…) [mais] la subvention de l’Etat au Burex transitera par le CNM ». En ce qui concerne son financement « Toutes les pistes doivent être explorées, qu’elles soient de nature fiscale, budgétaire ou encore partenariale » estimant que celles proposées par Roch-Olivier Maistre méritent une analyse approfondie que les deux députés vont réaliser d’ici la prochaine loi de finances. Quant à la gouvernance, elle souhaite que l’Etat y ait « une place centrale », précisant que la mission Parlementaire devra déterminer la place donnée aux organisations professionnelles et aux parties prenantes.

Ainsi, cette phase de « préfiguration opérationnelle » s’ouvrira dans les prochains jours, pour une ouverture « souhaitée début 2019 ».


Communiqué sur le site du ministère de la culture


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