La défaite de la musique à la radio

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Publié le lundi 20 juin 2011

Musique enregistrée

A la veille de la fête de la musique, l’association Tous pour la musique, qui rassemble les principaux acteurs du secteur, demande dans un communiqué adressé au ministre de la Culture Frédéric Mitterrand que "la loi sur les quotas de chanson française ne soit plus dévoyée" et "que les radios soient incitées à introduire plus de diversité dans leur programmation musicale".

Communiqué de Tous pour la musique

"LA DÉFAITE DE LA MUSIQUE A LA RADIO :
Les professionnels de la musique en appellent au Ministre de la Culture

Communiqué de presse, lundi 20 juin 2011

En 2010, 90 % des diffusions de nouveautés francophones ont été concentrées sur 15 titres. En d’autres termes, moins de 2% des nouveautés francophones ont donc fait l’objet d’une diffusion significative sur les radios musicales !

Au-delà de cette concentration alarmante, l’on assiste à une ghettoïsation des nouveautés et des titres francophones. La diffusion des œuvres françaises ou francophones est le plus souvent reléguée le week-end à des heures d’écoute peu significatives (entre 6h et 8h30). Dans cette tranche horaire, la présence de la musique est de 75 % le week-end contre 44 % en semaine.

Pour justifier leur comportement, les radios accusent les maisons de disques de délaisser les artistes francophones. Faux : malgré la crise, en 2010, les producteurs ont envoyé aux radios 2 180 nouveautés, dont 713 productions francophones. La progression de l’envoi de titres aux radios par rapport à 2009 est de 34 % pour le répertoire francophone.

Conclusion : dans leur grande majorité, les radios ne sont plus le principal vecteur de découverte qu’elles ont été pendant longtemps. Certes, la bande FM en France est riche de formats divers, notamment sur des niches musicales, mais la pyramide de la concentration est terrible pour les radios musicales jeunes et jeunes adultes.

Or, c’est précisément parce que les auteurs, les artistes et les producteurs souffrent des effets de la crise que traverse notre secteur qu’ils ont, plus que jamais besoin, du soutien des médias. C’est la raison pour laquelle, la filière musicale dans son ensemble s’est adressée dès l’automne 2010 au CSA, qui a organisé ces derniers mois une concertation avec les radios dans le cadre du groupe d’étude « Musique », dont malheureusement rien de concret n’est sorti à ce jour.

Les professionnels de la musique en appellent aujourd’hui au Ministre de la Culture, qui déclarait lors du Midem en janvier dernier comprendre leurs inquiétudes en déclarant que « la question de l’exposition des répertoires dans toute leur diversité, et à des horaires d’écoutes significatifs, requiert aujourd’hui une grande vigilance. »

L’objectif de cet appel à Frédéric Mitterrand est que non seulement l’esprit de la loi sur les quotas de chanson française ne soit plus dévoyé, mais également que les radios soient incitées à introduire plus de diversité dans leur programmation musicale.

Il s’agit d’un enjeu culturel majeur qui dépasse largement des considérations économiques. N’oublions pas que les radios privées occupent un espace public, la bande FM, et qu’un minimum de régulation se justifie parfaitement à cet égard.

La filière musicale ne souhaite en aucun cas la mise sous tutelle des radios musicales. Elle en appelle à leur responsabilité pour préserver la diversité culturelle. "