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Publié le jeudi 4 octobre 2012
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Officiellement créée le 25 octobre 2010 pour une durée de 2 ans, la Carte musique jeune disparaitra à la fin du mois, dans l’indifférence. La mort d’un flop dont à peine plus de 70 000 unités ont été vendues sur les 2 millions initialement espérés.
La Carte musique jeune, un échec tellement cuisant que personne, à part igeneration, n’avait jugé bon de se souvenir que le décret instituant le dispositif pour deux années arrive à échéance le 25 octobre prochain. Pour celles et ceux qui disposent encore de crédits sur leurs cartes, il faudra donc se dépêcher de les utiliser !
Dispositif assez largement soutenu par les professionnels de la musique enregistrée, il devait permettre, en partenariat avec des plateformes de musique en ligne, de sensibiliser les jeunes aux nouveaux usages et aux nouveaux modes de consommation musicale. En cela, la Carte musique devait être l’un des pendants incitatifs de la "réponse graduée" mise en place par la Hadopi. Mais les voix ne sont pas nombreuses aujourd’hui pour demander son prolongement. L’opération avait été initialement envisagée sur 3 années, et aurait du coûter autour de 25 millions d’’euros /an, pour un budget total de 75 millions d’euros. Son fonctionnement était très simple. Le consommateur, âgé de 12 à 25 ans, achetait une carte d’une valeur pouvant aller de 5 à 25 euros. Et le montant facial de cette carte était, grâce au financement du dispositif, doublé. D’où le slogan accolé à la carte : "2 fois plus de musique".
Après deux années de fonctionnement, le constat est cruel : 70 615 cartes musique ont été vendues depuis leur mise en circulation, dont 8 216 cartes physiques, alors que le gouvernement prévoyait d’en écouler 1 million par an.
A peine le dixième anniversaire d’Itunes vient-il de sonner que déjà le streaming devient la nouvelle coqueluche des marchés. Spotify, Deezer, Rdio et quantité d’autres, ont ouvert de nouvelles perspectives au business de la musique en ligne. Le développement rapide des plateformes de streaming à l’international, sur des marchés émergents en forte croissance ou jusque là inexistants, excite les convoitises. Cela suffit-il à expliquer les volontés de Google, Amazon, Apple et Microsoft à se lancer dans la bataille ? A quelles stratégies répondent leurs manœuvres ?
L’arrivée programmée des géants du web sur le marché du streaming représente-t-elle une opportunité ou une menace pour les entreprises déjà implantées ? Vont-ils provoquer un effet de levier pour développer la consommation légale de musique en streaming ? Quels sont alors les moyens de se différencier ? L’avis de :
Simon Baldeyrou, directeur général de Deezer
Denis Ladegaillerie, président fondateur de Believe
Yves Riesel, fondateur de Qobuz (à venir)