IRMA

Centre d'information et de ressources pour les musiques actuelles

Connexion / inscription

Le panierVotre panier est vide

PUBLICITE
Accueil du site
Accueil du site > Documentation > Focus > LA MUSIQUE EST-ELLE "CLUSTERISABLE" ? Grappes d’entreprises musicales : l’engouement pragmatique

Article mis à jour le mercredi 14 novembre 2012
Article créé le mercredi 7 novembre 2012

 
Version imprimable de cet article Version imprimable  
Article

LA MUSIQUE EST-ELLE "CLUSTERISABLE" ?
Grappes d’entreprises musicales : l’engouement pragmatique

Quel est le point commun entre Harmonia Mundi, Warp France et Record Makers ? N’allez pas chercher dans leur catalogue une hypothétique référence commune, car la réponse est ailleurs… : ce sont des entreprises membres d’un cluster !
Ces dispositifs, plus communément appelés "grappes d’entreprises", prennent pied depuis quelques années dans le secteur musical à travers certaines expériences. Développées sur des territoires riches en projets, inscrites dans les politiques locales et dans des objectifs de développement économique durable, ces initiatives ont le vent en poupe et ouvrent peut-être la voie à d’autres.

"Clusters et musique" bientôt en débat

Le sujet agite le monde musical et fera l’objet, le 30 novembre prochain, d’un large débat lors de la rencontre nationale "Clusters et grappes d’entreprises : des dispositifs d’avenir pour l’écosystème de la musique ?"
Autour de la table, se réuniront des TPE adhérentes d’un cluster (des labels indépendants en l’occurrence), des coordinateurs de grappe ou de réseau, et des financeurs publics. L’objectif sera de faire le point sur certaines expériences en cours (Paris Mix, Mila, Le Damier-Auvergne…) et de mettre en écho ces réflexions avec d’autres initiatives à l’étude ou en préfiguration comme en Région Centre ou à Toulouse.
Car ces dispositifs, même si tout le monde ne les entend pas avec clarté (voir les définitions sur le côté), suscitent un intérêt grandissant.

Les expériences en cours

Dressons un tableau de l’existant : les théories qui conduisent aux notions de clustering et d’économie créative ont accompagné la recherche en sciences économiques tout au long du XXe siècle. Elles ont pris corps dans de nombreux secteurs industriels comme la sidérurgie, la santé ou le numérique, et plus récemment dans le domaine artistique et culturel.

À l’échelle du secteur musical, Paris Mix s’est créé en 2008 autour de 40 adhérents (Harmonia Mundi, Mondomix, No Format !, Radio Nova, etc.) et se définit comme "le premier cluster musical en France", le premier à avoir été labellisé grâce au soutien de la Datar dans le cadre d’un appel à projets "grappes d’entreprises". Depuis un an, Le Damier, cluster musique et image en Auvergne (Sauve qui peut le court-métrage, Arachnée concerts, etc.), bénéficie également de cette labéllisation.

JPEG - 32.5 ko
Le Mila

D’autres expériences de grappes musicales existent et ont leur particularité. À Saint-Étienne, le pôle Culture & Coopération regroupe le distributeur Cd1d.com et la salle de concert Le Fil avec des entreprises de tous secteurs culturels. Le Mila est un regroupement de labels indépendants (Record Makers, Infine, Warp France, Tricatel…) à l’échelle d’une rue du 18e arrondissement de Paris. Le cluster Ma Sphère, malgré ses difficultés à exister, fédère une dizaine de développeurs d’artistes basés à Toulouse (Antistatic, Jerkov…). 9 rue Claveau est un club d’entreprises angevines (Radical, 3C, Yotanka…) dont vous devinerez l’adresse…
Plus d’informations sur ces initiatives en annexe à l’article.

Toutes ces expériences partagent une logique d’ensemble : à travers la mise en commun d’espaces de travail ou la mutualisation d’outils et de services, les entreprises adhérentes, quand bien même elles seraient concurrentes, coopèrent. Par ailleurs, elles bénéficient indirectement, à travers le cluster, d’un soutien des pouvoirs publics.
À regarder plus finement, on s’aperçoit que des projets de natures très différentes se cachent cependant derrière l’étiquette de grappe. Chaque dispositif développe des actions propres qui sont déterminées par les besoins des adhérents et les spécificités d’un territoire. « Il serait d’ailleurs dangereux de présenter l’outil comme un moyen » souligne Simon Pourret, directeur de l’agence culturelle Le Transfo-Auvergne qui fût à l’initiative de la création du Damier en 2011.

Projets coopératifs et actions mutualisées

Ce sont par les actions mises en place que l’on comprend mieux le fonctionnement de chaque grappe et sa spécificité.

Au Mila, le dispositif s’est construit autour d’un regroupement géographique des entreprises et d’une aide au foncier : « L’originalité du Mila repose sur la mise à disposition de locaux à loyers modérés pour les labels et les entreprises musicales. On a 10 bureaux à disposition au sein d’un pôle pour des périodes d’un an renouvelable, et 15 "boutiques" pour des périodes de deux ans en bail dérogatoire qui peuvent ensuite, sous validation du Mila, passer en bail commercial », ce qui constitue, comme nous le confirme son président Frédéric Neff, une mission d’hébergement « assimilable à celle d’une pépinière ».

Paris Mix a pour sa part monté plusieurs actions qui suivent un même objectif : accompagner les adhérents dans leur prise en main du numérique. On retiendra deux expériences aujourd’hui rodées : la création d’un groupement d’employeurs (GE) et celle d’un lieu dédié à la captation audiovisuelle, la Mix Box.

JPEG - 47.7 ko
La Mix Box

Constatant la polyvalence des emplois dans les TPE musicales et la difficulté d’avoir un poste spécialisé sur le numérique, Paris Mix a créé il y a 3 ans un GE « avec l’idée de salarier des "webmarketeurs", des webmasters et des community manager » explique Marc Bénaïche, président du cluster. Deux CDI à temps plein sont ainsi aujourd’hui à la disposition de 11 des 46 entreprises de Paris Mix. Pour son président, « la connaissance et l’expertise acquises sur le domaine du numérique par ces 11 entreprises sont très importantes. Quand je vois ceux qui ont participé au GE et ceux qui n’y ont pas participé, la différence est d’ailleurs visible, notamment dans leur façon de gérer leurs réseaux sociaux, leur newsletter, leur communication numérique… ».
La Mix Box est née d’un autre constat : dans l’univers numérique, les artistes et les labels diffusent des vidéos musicales dont la qualité d’image est souvent médiocre. Créée pour répondre à ce besoin, la Mix Box est un lieu de captation équipé d’outils professionnels (1 réalisateur, 4 caméras, enregistrement full HD retransmissible sur Internet) disponible à des tarifs plus abordables pour les TPE du secteur.

Autre exemple, autre dynamique : parmi ses actions, Le Damier a mis en place un service mutualisé de conseil juridique et financier où, pour 500 € à l’année, un adhérent va pouvoir prendre plusieurs rendez-vous individualisés avec un avocat ou un expert-comptable. « On bénéficie également de réduction sur les services d’attaché de presse (…) et pour les déplacements sur des salons ou des festivals » note Alexandre Rochon, directeur de Kütu Folk Records, label adhérent du Damier, « et ce sont des choses qui nous sont vraiment très utiles » ajoute-il.

PNG - 27.5 ko
La playlist du Damier

Par sa spécialité "musique et image", Le Damier propose également un cadre privilégié pour monter des projets entre ces deux filières. C’est ainsi que d’un projet de playlist, porté par les éditeurs musicaux, se dégage une dynamique beaucoup plus large : « Les éditeurs ont souhaité donner une visibilité à leur catalogue et mettre en commun leur musique sur une playlist à destination des réalisateurs et des producteurs audiovisuels (…), avec l’idée de se servir de la caution et de la notoriété du festival de court-métrage pour qu’il soutienne et recommande la playlist à leur réseau professionnel ». Katia Bouferrache, coordinatrice du cluster auvergnat, poursuit : « Derrière, pour appuyer et prolonger cette médiation, le Damier organise à la fin du mois une rencontre-débat sur la synchronisation et met en place un partenariat avec Auvergne TIC où l’idée est d’aller chercher des fonds pour développer une plateforme de distribution de musique à l’image. »

Les effets indirects du clustering

On pourrait citer d’autres services, notamment en matière d’emploi administratif mutualisé (les GE des Gesticulteurs/Articulteurs en Bretagne et celui de L’Équipe associée/Culture & Coopération à Saint-Étienne), d’insertion sociale (le chantier-école Génération Mix de Paris Mix) ou de mécénat collectif (mécénat du secteur bancaire via Le Damier), mais c’est également à l’aune des "effets indirects" que les services apportés par le cluster se constatent.
Géographiquement ou à travers des projets, les entreprises qui s’emparent de ces dispositifs se rapprochent, et cela permet d’établir de nouvelles mises en réseau et de nouveaux partenariats. « Je pense qu’il y a un apport un peu nébuleux qui repose sur le fait de rencontrer des gens tout le temps » souligne Maggie Doherty, label manager de MDC, à la fois membre du Mila et de Paris Mix.

Cependant, comment faire coopérer des entreprises qui sont potentiellement concurrentes ? Le directeur de Kütu Folk Records reconnaît « qu’il peut y avoir plus de tension et de concurrence » lorsqu’il s’agit du marché des prestataires techniques ou des studios d’enregistrement, mais ne constate pas les mêmes réactions au sein des labels indépendants : « comme les esthétiques travaillées sont complètement différentes entre nous, il n’y a pas de concurrence directe ».
« Ce qui est drôle » selon la coordinatrice du Damier, « c’est que la question se pose comme cela au départ, puis elle s’inverse complètement. (…) L’objectif n’est d’ailleurs pas d’annihiler la concurrence entre eux. Sur certains appels à projets, c’est même le Damier qui va les mettre en concurrence en captant des propositions émanant de plusieurs adhérents. Mais nous ne sommes pas là pour bousculer le marché, plutôt pour le rééquilibrer, par exemple en permettant à des PME/TPE de pouvoir postuler à des marchés auxquels elles n’auraient pas eu accès en étant toutes seules. »

Des grappes qui essaiment…

La dynamique impulsée par les expériences en cours pourrait faire des petits. À Grenoble par exemple, sous l’impulsion de la salle de concert du MixLab, le cluster musical Reflex vient de se créer. À Toulouse, le cluster Ma Sphère est en attente de locaux. En Région Centre et en Poitou-Charentes, l’idée est au stade d’étude avancée, et il semble que de nombreux réseaux locaux ou régionaux de musiques actuelles se questionnent sur cette opportunité…
Alors pourquoi tant d’entrain autour de cette forme de mise en réseau ? D’autant que des outils de mutualisation déjà connus existent (GE, coopérative d’activité et d’emplois (CAE), sociétés coopératives (Scic, Scop…), couveuse et portage salarial)…

« Nous partageons une culture de la coopération (…), et on fonctionne quasiment comme un cluster » constate Anne Loussouarn, coordinatrice du Pôle régional des musiques actuelles de Poitou-Charentes (PRMA). Même son de cloche à Orléans pour Alexandre Tinseau, directeur de la Fédération régionale des acteurs et associatifs des musiques actuelles en Région Centre (Fraca-MA) : « On constate même qu’on y travaille depuis au moins trois ans, comme si la grappe d’entreprises existait déjà de fait. »
Si ces réseaux fonctionnent comme des clusters, quel est donc l’intérêt de formaliser la démarche ? Le directeur de la Fraca-MA avoue avec franchise que « l’appellation n’est pas importante », mais qu’elle sert « d’outil marketing pour parler aux élus ». Car l’autre versant du dispositif est là : les financeurs publics y sont réceptifs.

Un partenariat public/privé

La notion de grappes d’entreprises intéresse à plusieurs titres les pouvoirs publics. Il s’agit d’un côté de soutenir une filière culturelle, et plus globalement le développement d’une diversité culturelle. Mais le cluster constitue également un outil d’aménagement du territoire permettant de redynamiser une zone rurale (le développement de grappes en Auvergne en est un exemple) comme un tissu urbain (à travers les politiques de la ville notamment). Derrière, la réussite de ces dispositifs sert les collectivités en matière d’image et d’attractivité territoriale également.

Pour le monde de la musique, le clustering représente une opportunité pour travailler dans une dimension partenariale avec les politiques publiques. La plupart des dispositifs cités jusqu’ici bénéficient d’ailleurs d’un soutien municipal et régional, parfois accompagné d’une aide des communautés d’agglomération, des départements ou de l’Europe.
Au-delà des échelons politiques (Ville/Région/État…), l’opportunité en terme de financement est « de sortir de la seule entrée culturelle et d’aller chercher un peu de transversalité » nous confie Anne Loussouarn. C’est auprès des services économiques que la culture cherche une entrée, que ce soit sous l’angle de l’économie créative ou de l’économie sociale et solidaire. Cela suppose que les adhérents « se positionnent comme acteurs économiques au sein d’une filière » poursuit la coordinatrice du pôle Poitou-Charentes : « Il y a tout un tas de choses dans nos métiers qui font que l’on n’est pas de purs acteurs économiques et commerciaux. En revanche, il faut avoir conscience qu’on est malgré tout sur un marché, que l’on produit des richesses économiques et des emplois. »

Cela suppose également que les temps du politique et des entreprises s’accordent. Ce qui n’est pas toujours le cas, comme actuellement à Toulouse où le cluster musical Ma Sphère, créé en mars dernier et qui devait être adossé à la future salle du Metronum à Borderouge, « est en stand by ». William Bloch, directeur du réseau Avant-Mardi et à l’initiative de Ma Sphère, regrette ce « temps institutionnel » où le projet, bien que validé par la mairie, a rencontré « des problèmes lors de l’instruction du dossier par les services de la ville et par le programmiste. (…) De plus, il y a une histoire de compétence entre la ville et la communauté d’agglomération sur ces questions. Alors que le Métronum est un projet municipal, la ville souhaiterait que l’agglomération s’empare du projet, car la métropole a la compétence économique ». Résultat : « Ma Sphère existe juridiquement mais c’est tout ».

Les collectivités comme interlocutrices privilégiées

Avec les appels à projets lancés par la Datar, l’État est longtemps apparu comme un interlocuteur important dans le soutien et la reconnaissance des grappes d’entreprises. Si la récente publication par la Direction générale des médias et des industries culturelles (DGMIC/ministère de la Culture) d’un appel à projets "sur l’influence des dispositifs structurants spécialisés sur les industries culturelles" peut laisser croire qu’il le restera, ce n’est en revanche plus la Datar qui soutiendra ces démarches comme nous l’a expliqué Joachim Queyras, en charge du pôle Innovation et clusters à la délégation interministérielle, « surtout vu le contexte actuel lié à la décentralisation. »

Le porte-parole de la Datar invite en revanche à se tourner vers les collectivités et plus particulièrement vers les Régions : « Quand on parle de grappes d’entreprises, on est sur des problématiques qui sont beaucoup plus proches du marché. Ce sont des clusters qui réunissent essentiellement des PME/TPE et qui réfléchissent aux questions de marché, de formation, de gestion prévisionnelle des emplois et compétences. Ces questions sont aujourd’hui davantage gérées au niveau de la Région qu’au niveau de l’État, et il est logique que ce type de dynamique soit soutenu par les collectivités. »
Certaines Régions ont anticipé et soutiennent déjà ces nouvelles formes d’organisation, témoignant de la nouvelle prise en compte de l’économie de la musique par les politiques publiques. Actuellement, d’autres Régions sont en train de poser les jalons d’une politique économique en la matière, comme en Poitou-Charentes où le document d’orientation budgétaire 2013 fait valoir les logiques de cluster.

Économie de pénurie et mutation des modèles économiques

À y regarder de près, l’engouement actuel autour des grappes d’entreprises musicales apparaît au moins autant comme une réaction de survie que comme une opportunité stratégique. D’ailleurs, si Joachim Queyras (Datar) constate que les clusters « permettent d’innover et d’explorer de nouveaux marchés que les entreprises, au niveau individuel, seraient incapables de s’approprier », il concède également qu’il s’agit bien « d’une réponse à un enjeu défensif pour résister à la crise et à ses effets ».

« On n’a pas le choix aujourd’hui. On voit bien l’état des politiques publiques de la culture. Il faut essayer d’inventer des modèles. (…) C’est par la force du groupe et par la mutualisation des savoir-faire et des outils que tu peux t’en sortir » prône Anne Loussouarn.
La réflexion que porte Alexandre Tinseau pousse en avant la nécessaire déconstruction/reconstruction à opérer : « Avec la mutualisation, l’objectif est de dépasser l’approche descendante du triptyque "un projet/une équipe/une structure". (…) Ceci est un chantier d’expérimentation qui a pour principal point de départ l’impossibilité de continuer sur le modèle associatif "financement public + recette propre + bénévolat". Ce modèle économique est aujourd’hui de moins en moins possible et valable, d’une part à cause des contraintes budgétaires que l’on vit depuis 2007, mais aussi parce que le nombre de salariés s’est multiplié au cours des 20 dernières années et l’effet de seuil a été dépassé depuis longtemps. Nous ne pouvons plus tenir ces emplois sur la durée et ça devient une vraie problématique de filière. Du coup, tu travailles sur le modèle global et sur l’approche du système, car si tu touches à un point, tu es obligé d’en rectifier un autre. C’est vraiment une logique d’écosystème. Il faut recomposer des modes de financement, des modes de gestion, des modèles économiques, etc., et ceci n’est pas un vœu pieu ! Cela ne nous fait pas plaisir, mais globalement, ce n’est plus tenable. (…) Plus tu fais l’analyse des choses, plus tu t’aperçois que la problématique est liée au système. La notion de grappe s’approche d’une logique qui permet de réfléchir ensemble aux solutions et aux modèles. Il s’agit ensuite de voir comment mutualiser et sous quelle forme, etc. C’est de cette manière que, demain, il existera encore une diversité de projets culturels. »

Avant de retrouver ces protagonistes et d’autres, le 30 novembre prochain pour une rencontre nationale sur le sujet, le mot de la fin revient à Marc Bénaïche, président de Paris Mix, qui conforte cette vision pragmatique du clustering appliqué au secteur musical : « La France est un pays extrêmement doté et gâté. On a été chéri et choyé pendant des décennies et, de fait, on a mal appris à travailler en collectivité et en pénurie. Et comme la pénurie pousse à la solidarité, je pense que le cluster arrive plus par nécessité que par envie. »

Mathias MILLIARD

EN SAVOIR PLUS SUR CERTAINES INITIATIVES

LE DAMIER
Localité : Auvergne/Clermont-Ferrand
Objet : promouvoir et développer les filières musique et image de la Région Auvergne en fédérant les acteurs professionnels qui les constituent.
Site web : ledamier-auvergne.com
CULTURE & COOPÉRATION
Localité : Rhône-Alpes/Saint-Étienne
Objet : consolider les pratiques de collaboration et optimiser les ressources en présence pour répondre aux problématiques rencontrées par l’ensemble des domaines artistiques.
Dossier de présentation
PARIS MIX
Localité : Ile-de-France/Paris
Objet : développer économiquement les entreprises musicales franciliennes à travers le numérique.
Site web : http://www.parismix.fr
MILA
Localité : Paris - 18e arrondissement
Objet : soutenir et aider au développement économique des labels indépendants et redynamiser, par la présence des entreprises, le quartier Letort-Blémont-Messager du 18e arrondissement de Paris.
Site web : www.milaparis.com
MA SPHÈRE
Localité : Toulouse
Objet : permettre le développement économique des développeurs d’artistes par la mutualisation d’outils et de compétences.
Dossier de presse
Voir également : le dossier de presse de 9 rue Claveau, le dossier de présentation du cluster Réflex et celui des Articulteurs et le site de la couveuse Cado.

PUBLICITÉ

DE QUOI PARLE-T-ON ?

Qu’est-ce qu’un cluster ?

Un groupe d’enceintes suspendues, un agrégat de notes utilisées en musique contemporaine et jazz, des céréales en boîte pour le petit-déjeuner… ?

Rien de cela n’est faux mais, en économie, le terme cluster renvoie globalement à l’idée d’une mise en réseau d’entreprises qui tend à développer une organisation coopérative entre elles. Voici quelques éléments de définitions* sur les clusters et les systèmes coopératifs s’en approchant.

Cluster ou grappe d’entreprises :

Il s’agit d’un regroupement en réseau sur un même territoire de PME/TPE appartenant souvent à une même filière, mobilisées par une stratégie commune et la mise en place d’actions et de services concrets et mutualisés. Selon les contextes, les grappes peuvent y associer des grandes entreprises et des acteurs de la formation, de la recherche et de l’innovation.

Incubateur :

L’incubateur permet de passer de l’idée initiale à la réalisation et à la consolidation d’un projet structuré. L’accompagnement met l’accent sur la formation à l’entreprenariat, les modalités et la recherche de financement, le ciblage du marché et l’élaboration du modèle économique.

Pépinière :

En aval de l’incubateur, la pépinière propose aux entrepreneurs une solution immobilière souple et adaptée à des services mutualisés. La pépinière correspond au démarrage commercial de la société et au début de son développement. L’accompagnement se concentre sur l’élaboration des plans marketing et commercial, le financement de la croissance, le recrutement, l’organisation et le management, le développement à l’international.

Pôle de compétitivité :

Un pôle de compétitivité est une combinaison, sur un espace géographique donné, d’entreprises, de centres de formation et d’unités de recherche publiques ou privées engagés dans une synergie autour de projets communs au caractère innovant. Ce partenariat s’organise autour d’un marché et d’un domaine technologique et scientifique qui lui est attaché, et doit rechercher une masse critique pour atteindre une compétitivité et une visibilité internationales.

Système productif local (SPL) :

Il s’agit de groupement d’entreprises et d’institutions proches géographiquement et collaborant dans un même secteur d’activité. Les systèmes productifs locaux constituent des réseaux d’interdépendances, formés d’entreprises (notamment de PME) aux activités similaires ou complémentaires, et qui mutualisent leurs moyens pour répondre efficacement aux exigences du marché.

Pôle territorial de coopération économique (PTCE) :

Un pôle territorial de coopération économique est un regroupement, sur un territoire donné, d’initiatives, d’entreprises et de réseaux de l’économie sociale et solidaire associé à des PME socialement responsables, des collectivités locales, des centres de recherche et organismes de formation, qui met en œuvre une stratégie commune et continue de coopération et de mutualisation au service de projets économiques innovants de développement local durable.

* Définitions tirées des appels à projets DGMIC "sur l’influence des dispositifs structurants spécialisés sur les industries culturelles" (cluster, incubateur et pépinière), DIACT/Datar sur les pôles de compétitivité et les SPL, et Labo ESS pour les PTCE.


Interviews
LE CLUSTER VU DE L’INTÉRIEUR

Des responsables de grappes et d’entreprises qui en sont membres témoignent de leurs expériences et de leurs réflexions. La Datar également…


JOACHIM QUEYRAS
Responsable du pôle "innovation et clusters" de la Datar (Délégation interministérielle à l’aménagement du territoire et à l’attractivité régionale)

« Un des enseignements de l’appel à projet "grappe d’entreprises" est qu’il y avait un certain nombre de clusters qui se sont manifestés dans le domaine de la création artistique. »

« Les rôles État/Région/Europe se répartissent en fonction du cycle de l’émergence des filières. »

>> Lire l’interview


MARC BÉNAÏCHE
Président de Paris Mix et directeur de Mondomix

« J’ai relu quatre fois le terme "système productif local" en ne comprenant rien à ce qu’il signifiait. »

« Les collectivités veulent en face d’elles des collectifs organisés, dont la gouvernance est claire et ne sert pas des intérêts particuliers. »

>> Lire l’interview


KATIA BOUFERRACHE
Coordinatrice du Damier

« Les services ne marchent que parce que ce sont les adhérents qui choisissent ce qu’ils veulent mutualiser. »

« Nous ne sommes pas là pour bousculer le marché mais plutôt pour le rééquilibrer [en faveur] des PME/TPE. »

>> Lire l’interview


FRÉDÉRIC NEFF
Président du Mila

« La proximité géographique des structures apporte un dynamisme et une effervescence permanente. »

« Le Mila fédère plus de 30 entreprises générant ensemble plus de 10 millions d’euros de chiffre d’affaires par an. »

>> Lire l’interview


ALEXANDRE ROCHON
Label manager de Kütu Folk Records et président du Damier

« C’est toujours intéressant de voir comment un intérêt collectif peut se dégager. »

« Avec les réductions qu’on obtient sur certains services, ça nous permet de prétendre à une croissance un peu plus importante. »

>> Lire l’interview


MAGGIE DOHERTY
Directrice de Music Development Company (MDC)

« Chaque employeur prend plusieurs jours par mois et on aboutit à un calendrier qui équivaut à un temps plein. »

« Je pense d’ailleurs que Paris Mix et le Mila ne sont pas assez utilisés par les entreprises. »

>> Lire l’interview


WILLIAM BLOCH
Directeur d’Avant-Mardi – Réseau musiques actuelles en Midi-Pyrénées

« Nous sommes 14 adhérents d’un cluster Musiques Actuelles censé investir un jour du bâti. »

« On travaille sur un dossier de financement FSE afin de pouvoir créer un poste de coordinateur et enclencher une dynamique de travail. »

>> Lire l’interview


ALEXANDRE TINSEAU
Directeur de la Fraca-MA (Fédération régionale des acteurs et associatifs des musiques actuelles en Région Centre)

« C’est à nous de faire entrer le projet dans une logique plus politique de création de cluster. »

« Nous ne pouvons plus tenir les emplois sur la durée et ça devient une vraie problématique de filière. »

>> Lire l’interview


ANNE LOUSSOUARN
Coordinatrice du Pôle régional des musiques actuelles de Poitou-Charentes (PRMA)

« L’idée est de sortir de la seule entrée culturelle au niveau des partenaires et d’aller chercher un peu de transversalité. »

« Il s’agit aussi de suivre la dynamique des pôles territoriaux de coopération économique (PTCE), peut-être plus proches de nos valeurs et de la singularité de notre filière. »

>> Lire l’interview


RENCONTRE NATIONALE

Clusters et grappes d’entreprises : des dispositifs d’avenir pour l’écosystème de la musique ?

Vendredi 30 novembre
de 14h à 18h30
aux Trois Baudets - 64 Boulevard de Clichy, 75018 Paris
PAF : 5 €

Programme et inscription


IRMA : Centre d'information et de ressources pour les musiques actuellesInformations légalesRégie publicitaireNous contacterPlan du siteRSS 2.0