LA BASE DE DONNÉES DE L’IRMA EN INFOGRAPHIE
La filière musicale au prisme de L’Officiel

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Publié le mercredi 2 septembre 2015

Article

Chaque année, L’Officiel de la musique témoigne des mutations de la filière. Guide-annuaire, il dresse le panorama transversal d’un écosystème complexe pour lequel il identifie plus de 80 “métiers” et savoir-faire. Mais il n’est lui-même que la partie émergée de la base de données de l’Irma.

Alimentée en continu par un travail de veille et d’expertise, cette base fédère les acteurs, entreprises et personnes, intervenant dans les musiques actuelles en France, soit près de 50.000 contacts. Depuis toujours, elle ne se contente pas de compiler des adresses, mais détaille les activités de façon à rendre les prises de contact sélectives et opérationnelles.

En ouverture de sa 29e édition, L’Officiel de la musique présente une vue panoramique de cette base sous forme d’infographies, classées à la fois par activités (artistes, festivals, labels, etc.) et par entrées thématiques et transversales (débuter son parcours, jeune public, startups). Téléchargez l’infographie dans son intégralité.
Ainsi, il ne s’agit pas simplement de comptabiliser 43 superviseurs établis sur notre territoire, mais aussi d’observer que, parmi les 213 startups recensées, 26% agissent principalement dans le domaine de la promotion, 25% dans celui du streaming/download, 14% dans le spectacle/événementiel, 10% autour de la recommandation et que 5% proposent des solutions pour apprendre et jouer la musique.

Bien sûr, il ne s’agit pas d’une étude scientifique - comme il a pu en exister sur l’aspect management il y a quelques années -, mais de saisir l’opportunité de cet outil unique pour relever quelques chiffres signifiants et, au-delà, envisager quelques tendances à l’œuvre. Pour aller plus loin, nos lecteurs sont bien placés pour savoir que ce travail s’accompagne tout au long de l’année d’un suivi de l’actualité et du décryptage des fonctionnements et des mutations…


LA SITUATION
«  Il est paradoxalement plus facile de rentrer dans la filière aujourd’hui, il suffit d’un titre qui cartonne, plébiscité par le public via les réseaux sociaux, mais aussi bien plus facile de vite tomber dans l’oubli. Les dispositifs de repérage ont toujours leur utilité, mais c’est l’accompagnement à la professionnalisation qui est aujourd’hui primordial ». Ce constat, c’est Julien Soulié, directeur du Fair, qui le dresse dans le dossier de janvier 2015 sur l’accompagnement et la professionnalisation des artistes. Crise du support physique, développement de l’autoproduction, démocratisation de la pratique musicale, multiplication et professionnalisation des écoles, explosion des cours particuliers, offre pléthorique de tutoriels, vidéos, partitions en ligne, baisse du prix des instruments et plus grande accessibilité des moyens de production avec les home studios… Et, cause et conséquence à la fois, les artistes ont changé. Ils sont plus nombreux, mieux formés, mieux équipés, mais sortir de la masse n’est pas plus aisé. Et s’il apparaît plus facile d’entrer dans la filière, le turn-over est plus rapide, et installer une carrière dans la durée semble bien plus compliqué.

LES CHIFFRES
Une vue d’ensemble sur la base de données de l’Irma fait apparaître que parmi ces 6142 artistes ou groupes professionnels, le nombre de musiciens ou de formations de jazz et de musiques traditionnelles et du monde est très important car ces derniers jouent souvent au sein de plusieurs formations tout en développant parfois leur carrière de soliste en parallèle. Par ailleurs, la France n’est pas en reste en matière d’artistes de chanson (880) et de groupes de rock et dérivés (883). Moins nombreux, les artistes de hip hop, de musiques électroniques et de reggae sont également bien présents sur le territoire.

L’ANECDOTE
Une petite surprise, le nombre de joueurs d’accordéon : ils sont 193 dans la base de données ! Ce chiffre n’est évidemment pas exhaustif, mais témoigne du succès constant du fameux piano à bretelles, pratiqué par des milliers de musiciens. Comme pour donner raison à Philippe Krumm, qui nous répondait, à l’occasion de la première édition du salon de l’accordéon : « pendant longtemps il y a eu un clivage entre les esthétiques. Aujourd’hui c’est terminé ; L’accordéon, ça va du musette jusqu’au rock et même au hard rock. C’est un instrument qui fédère ». Un salon qui devrait d’ailleurs tenir sa troisième édition cette année, les 3 et 4 octobre à La Bellevilloise.


LA SITUATION
Les festivals, l’Irma s’est penché dessus, avec la Sacem et le CNV, pour établir le baromètre des festivals, pour la deuxième année consécutive. En croisant les données, l’étude a révélé la très forte densité et la formidable diversité des 1 615 festivals de musiques actuelles en France. Devenus de véritables objets de politique culturelle (au point de poser la question de la permanentisation des festivals et de la festivalisation de la culture), il en existe de toutes tailles, dans toutes les esthétiques et sur tout le territoire. Pour certaines esthétiques, comme le jazz ou les musiques du monde, moins présentes dans les programmations à l’année des salles, ils sont primordiaux, et jouent un rôle essentiel dans la création. Des festivals dont le succès ne doit pas non plus masquer les difficultés, et qui doivent constamment se réinventer, et imaginer de nouvelles ressources. Le financement, une problématique que nous abordions en 2011, en s’intéressant aux stratégies de recherche de partenaires privés.

LES CHIFFRES
En dehors de certains festivals spécialisés, la plupart programment plusieurs esthétiques musicales. Sur l’ensemble, le jazz, les musiques traditionnelles et du monde ainsi que le rock sont les styles les plus présents dans les programmations. La chanson représente également 25% des artistes à l’affiche des festivals, alors que hip hop, musiques électroniques et reggae n’apparaissent qu’à la marge.


LA SITUATION
E-ticket, ticket mobile, multiplication des solutions en self-service, progiciels intégrant des modules d’analyse de données… Avec la dématérialisation, la billetterie se refait une jeunesse. Et les acteurs sur le créneau se multiplient, qu’il s’agisse de simple billetterie, de contrôle d’accès, mixé ou non avec du paiement cashless… Ainsi , la BDD de l’Irma dénombre pas moins de 99 opérateurs de billetterie et de paiement. Comme nous le confiait Eddie Aubin, fondateur de MyOpenTickets, dans le focus sur la billetterie du futur, « au début, la billetterie ne s’occupait que de la gestion des entrées : faciliter l’identification et le contrôle, et fluidifier les accès. Les possibilités qu’elle offre sont aujourd’hui bien plus larges. D’une activité spécifique, annexe au cœur d’activité, elle est devenue centrale. Elle est indissociable de la communication, par les supports monétisables qu’elle offre, du marketing, par la récupération et l’utilisation des datas qu’elle permet (tracking), elle peut aussi servir de support au paiement cashless… ». Et les offres à 360°, intégrant toutes ces dimensions, se développent fortement. Dernier en date, DigiLive de Digitick et MyBee pour les festivals. La billetterie est aujourd’hui un marché d’innovation en pleine expansion, qui impacte l’économie de l’événementiel et constitue un levier de croissance pour le spectacle vivant.

LES CHIFFRES
Les services de billetterie proposent ainsi bien plus que des tickets d’entrée, et s’engagent à la fois sur la fabrication d’outils de communication (8%) et sur des systèmes de cashless (14%) permettant d’accompagner les spectateurs au-delà de leur simple billet d’entrée.


LA SITUATION
1 185 maisons de disques et labels de musiques actuelles en France : malgré une conjoncture économique tendue, qui fait souffrir ou qui achève les plus fragiles, la production phonographique affiche une certaine vitalité. Producteur, un métier difficile, comme le rappelait Stéphane Laick, fondateur et gérant d’At(h)ome, dans un petit film sur ce passionnant métier, réalisé en 2011 pour la sortie de l’ouvrage Je monte mon label : « produire, c’est prendre des risques ! ». Une vidéo sur laquelle on retrouve également Boris Vedel (alors chez Naïve) et devenu depuis le nouveau directeur du Printemps de Bourges.

LES CHIFFRES
La prédominance du jazz et des musiques traditionnelles et du monde est moins prégnante au sein des catalogues des labels et maisons de disques. Les trois esthétiques principales représentées sont ainsi le rock, les musiques électroniques et la chanson.


LA SITUATION
Autre secteur de l’écosystème largement impacté par la révolution numérique, la distribution. Si les trois quarts des distributeurs recensés distribuent des supports physiques, on dénombre 56 distributeurs numériques, dont, signe aussi d’une tendance qui s’affirme, 5% d’agrégateurs ouverts aux autoproductions. La distribution et ses métiers se recomposent au fil de la dématérialisation, comme nous l’évoquions déjà en 2012, dans le dossier Métiers et marchés de la distribution numérique : la mutation prend forme. Et de simple intermédiaire technique, le distributeur joue aujourd’hui « un rôle de conseil et d’accompagnement dans le marketing commercial », comme le rappelait alors Pascal Bittard, président fondateur d’Idol. Sans parler de la montée en puissance du streaming, audio et vidéo, qui transforme en profondeur les usages. Parmi les 60 plateformes de streaming recensées, 38% diffusent de la vidéo.

LES CHIFFRES
Une vue d’ensemble du marché de la distribution permet de constater qu’à côté des points de vente traditionnels (600 disquaires) et du téléchargement (45 plateformes), le streaming monte en puissance et transforme en profondeur les usages. À noter que parmi les 60 plateformes de streaming recensées, 38% diffusent aujourd’hui de la vidéo.


LA SITUATION
« Plus on avance vers la dématérialisation, plus on renforce l’œuvre », affirmait François Millet, fondateur et dirigeant de Vital Song, et à cette époque vice-président de la CSDEM, dans notre dossier consacré à l’édition musicale de décembre 2012. L’édition musicale est effectivement intimement liée aux évolutions technologiques, elle s’en nourrit et s’en sert pour évoluer. À chaque fois qu’une invention vient faciliter la reproduction ou la diffusion des œuvres, l’édition doit se mettre à niveau, tant d’un point de vue technique que juridique. Partition, radio, télévision, disque, et aujourd’hui la dématérialisation, autant de défis qu’il a fallu, ou qu’il convient de relever.

LES CHIFFRES
Signe également de l’évolution de l’économie de la filière et de la nécessité de trouver de nouveaux débouchés, la synchro représente plus que jamais un Graal que beaucoup recherchent. Ils sont pas moins de 43 superviseurs musicaux (sans compter les départements synchro) à scruter les catalogues pour un film ou une publicité. Dès 2010, l’Irma s’intéressait à cette question. Et dans leur quête nécessaire de la diversification de leurs sources de revenus, 16% des artistes proposent de l’illustration sonore.


LA SITUATION
Précurseur dans les bouleversements engendrés par la révolution numérique, la musique voit émerger depuis quelques années un foisonnement de startups, qui apparaissent comme le moteur du changement. Et ce mouvement s’accélère. Bien plus que venir remplacer l’« ancien monde », ou lui substituer des alternatives, les startups sont un vivier d’innovations plus ou moins abouties qui offrent des opportunités de business pour les professionnels. Les évolutions amenées par le numérique ouvrent un champ de possibles, pour améliorer ou transformer les fonctionnements traditionnels, mais aussi pour spécifier de nouveaux outils et services. Valérie Senghor, directrice du développement économique du 104, qui accueille un incubateur dédié aux startups positionnées sur le développement de services et de produits à dimension artistique et culturelle, nous confiait ainsi en décembre dernier, « il y a clairement des opportunités. Pour beaucoup de startups d’ailleurs, elles se créent elles-mêmes leurs marchés. Ou vont vers des marchés à défricher, au croisement de plusieurs univers. En cela, elles participent aussi à la structuration de nouveaux espaces économiques, parce qu’elles inventent de nouveaux usages ».

L’Irma, toujours à l’affût des nouvelles tendances, a réalisé un dossier sur les startups du secteur musical, avec plus de 50 startups interviewées sur leur vision de la musique en 2025. Un travail qui a donné lieu à une conférence lors de Futur en Seine, et à la création d’une rubrique mensuelle dédiée : Starting blocks !

LES CHIFFRES
Les services innovants en lien avec la musique s’attachent à des domaines différents. Si les plus en vue sont les services associées au streaming – auquel se rattache souvent la notion de recommandation - et à la promotion, il n’en reste pas moins que l’innovation transforme également les champs du spectacle et de la pratique musicale.


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