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Accueil du site > Documentation > Focus > L’avenir de la musique dure longtemps… et il a déjà commencé  !

Article mis à jour le vendredi 19 octobre 2012
Article créé le mercredi 1er août 2012

 
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Interviews

L’avenir de la musique dure longtemps… et il a déjà commencé  !


Romain Guillot, Fondateur de Plemi


- Quel est votre parcours personnel en lien avec le secteur de la musique  ?

C’est d’abord en mélomane, musicien et sociologue que j’ai développé ma passion pour la musique, en me tenant plutôt à l’écart de l’industrie. Passionné, je le suis depuis toujours : à ma naissance en 1975, mon père écoutait à fond Miles, Weather Report, Pink Floyd, Gainsbourg, etc. Forcément, ça marque. Musicien assidu en parallèle d’un parcours scolaire et universitaire classique, j’ai sévi en tant que compositeur et batteur au sein de différentes formations. Mais je suis resté un amateur chevronné refusant d’en faire ma profession par crainte de perdre ma liberté.

Professionnellement, j’ai travaillé alternativement dans la recherche en sciences humaines (sur l’exploration des usages des NTIC en lien avec la musique), mais aussi en tant que développeur web et chef de projet multimédia. Ces expériences diverses m’ont conduit à fonder Plemi avec la volonté de créer de nouvelles formes de rapprochement entre publics, artistes et professionnels.

- Que fait Plemi, en quoi cela correspond-il à de nouveaux usages et pratiques  ?

Plemi.com est un site communautaire de programmation de concerts visant les professionnels, les artistes et le grand public. Au carrefour de la billetterie, de l’achat groupé et du financement participatif, nous proposons un service de prebooking permettant aux organisateurs de concerts de conditionner la tenue d’un événement à la collecte d’un nombre suffisant de préréservations payantes. Les souscripteurs préréservent leurs places sur notre site, mais ne sont débités que si les concerts ont bien lieu. En contrepartie, ils accèdent à des privilèges (réductions, goodies, rencontres d’artistes, etc.).

C’est une approche radicalement nouvelle de la production dans laquelle le public peut avoir une influence directe sur la programmation. Elle permet aux producteurs et responsables de lieux de diffusion de limiter fortement la prise de risque, et les incite à développer les artistes émergents. Plemi se rémunère par une commission sur la vente de billets et coproduit certains événements. En 6 mois, cette solution originale a déjà permis de concrétiser une quarantaine d’événements dans des petites et moyennes salles parisiennes (Le Batofar, Le Ciné Treize, Le Cabaret Sauvage, etc.).

- Comment imaginez-vous l’évolution de votre activité et plus généralement celle du secteur (ou de la filière)  ?

Le spectacle vivant apparaît plus que jamais comme salutaire pour une industrie musicale qui peine à surmonter la crise du disque, mais il souffre de la baisse des aides publiques et privées qui pénalise en particulier les structures les plus petites, dont on sait qu’elles sont souvent les garants de la diversité culturelle. Pour surmonter ces difficultés, le spectacle vivant doit se réinventer sans renier ce qui fonde sa singularité, à savoir sa capacité à articuler expérience artistique et lien social. C’est pourquoi nous pensons que ce que la technologie peut offrir de mieux à la musique live, ce ne sont pas des hologrammes ou des systèmes de retransmissions complexes de spectacles en temps réel (bien qu’un marché existe sûrement pour cela), mais des solutions intelligentes permettant aux professionnels de sécuriser et simplifier leur activité de production de VRAIS concerts.


Aymeric Pichevin, Fondateur de H.O.M.E


- Quel est votre parcours personnel en lien avec le secteur de la musique  ?

Je travaille depuis une quinzaine d’années dans le secteur de la musique avec une expérience transversale, comme auteur d’ouvrages (Autoproduire son disque, Le Disque à l’heure d’Internet), journaliste (correspondant en France du magazine américain Billboard), et comme entrepreneur : j’ai ainsi été membre du comité de direction de la start-up Net4music, actuellement cotée au Nasdaq, et ai fondé la société de conseil dans l’innovation musicale Man Media avant de créer H.O.M.E.

- Pourriez-vous nous présenter votre activité actuelle, en quoi correspond-elle à de nouveaux usages et pratiques  ?

H.O.M.E est une société de conseils et de programmes dans la musique et l’entertainment. Si le secteur est en difficulté dans son ensemble, la musique recèle de nombreuses poches de croissance. En nous positionnant à la croisée des contenus, des marques et des médias, H.O.M.E diffuse la musique par des canaux innovants et permet d’envisager des sources de financement supplémentaires. En parallèle, nous produisons conseil et études sur ces questions.

Nous avons lancé fin 2009 le Home Sessions Club, qui permet à des artistes en développement de se produire devant un parterre très influent de dirigeants de la pub, du cinéma, des marques et des médias, permettant ainsi à ces derniers de connaître de façon privilégiée des artistes avec lesquels ils pourront travailler par la suite. Ce club a déjà accueilli plus de 40 artistes, et a été à l’origine de synchro, de partenariat de marque, de programmation en télé ou en radio, de concerts privés, etc.

Nous avons choisi d’organiser ces concerts en appartement, chez quelqu’un, afin de faciliter une relation privilégiée entre public et artiste. Sur ce concept, nous produisons une émission de télévision mensuelle sur W9, « Talent tout neuf le live », dont la troisième saison est déjà programmée. Nous avons également lancé la plateforme concertsprives.com, permettant à des particuliers de solliciter des artistes pour venir jouer chez eux. Et nous bouclons la boucle avec un nouveau concept d’événement, à mi-chemin entre festival et programme de télévision, qui sera diffusé sur W9 et M6. Ce sont autant de nouvelles fenêtres pour du live en télé, avec un fort accent sur les jeunes talents, à l’heure où la musique à la télévision se fait rare.

Mais l’appartement n’est pas notre seul terrain de jeu  ! Nous créons des programmes pour des marques, qui offrent de nouveaux espaces de diffusion pour les artistes. Nous avons par exemple lancé un programme de résidences au Club Med, qui permet à des artistes de profiter des conditions de résidence privilégiées dans un village et de profiter de la puissance de communication du Club  !

- Comment imaginez-vous l’évolution de votre activité et plus généralement celle du secteur (ou de la filière)  ?

Nous sommes maintenant reconnus par le secteur de la musique, de l’audiovisuel et des marques, et mettons en place des programmes de plus en plus ambitieux. Les deux années à venir verront une croissance forte pour notre activité sur la musique, ainsi qu’une diversification vers l’entertainment, en particulier le cinéma, et vers l’étranger. Quant à l’évolution du secteur, difficile de répondre en quelques lignes à une question aussi vaste  !


Sébastien Arnoult, Fondateur de Moxity


- Quel est votre parcours personnel en lien avec le secteur de la musique  ?

Malgré plusieurs tentatives (chant, guitare, piano…), j’ai dû me rendre à l’évidence : je ne suis pas musicien. Je suis même particulièrement mauvais… Par contre, je suis un spectateur attentif et assidu. Et je peux me vanter d’être devenu, grâce à Moxity, un – modeste – acteur du secteur. C’est en étant journaliste, en visitant des lieux de spectacles et en rencontrant des artistes, que j’ai pensé qu’il y avait des opportunités. L’histoire a commencé comme ça.

- Justement, que fait Moxity  ?

Moxity est une plateforme de billetterie en libre-service pour les indépendants. Sur notre site, tout le monde peut ouvrir un compte, référencer ses concerts et ouvrir une billetterie gratuitement, le tout en 5 minutes  ! Les billets sont en vente sur Moxity et un module de vente peut être inséré sur le site du client et sur sa page Facebook.

- En quoi ce service répond-il à de nouveaux besoins, de nouvelles pratiques  ?

Le web modifie les pratiques, notamment pour la promotion et la gestion des événements. Nous croyons que ces nouveaux outils légers et efficaces peuvent changer les règles du jeu pour beaucoup d’acteurs, surtout pour les indépendants. Myspace a joué un rôle pionnier pour faire connaître des artistes, aujourd’hui on parle plus de soundcloud. Autre exemple : Zimbalam qui permet d’être distribué facilement sur tous les principaux services de téléchargement ou de streaming, ou bientôt MyTourManager qui permettra à des artistes d’être mis en relation avec des salles ou des producteurs… Le web permet un accès direct à son public. En permettant de gérer soi-même sa billetterie en ligne, Moxity s’inscrit dans cette tendance de fond.

- Comment imaginez-vous l’évolution de votre activité et celle du secteur musical  ?

Moxity s’adresse principalement à des acteurs locaux, artistes indépendants, petites et moyennes salles de spectacles, festivals régionaux, associations, etc. Nous ne sommes pas en concurrence frontale avec les trois grands réseaux nationaux de billetterie. Sur ce marché, un mouvement de concentration a commencé avec le rachat de Ticketnet par Live Nation. Il va sûrement continuer, les concerts géants et les artistes superstars seront mis en avant.

Avec Moxity, nous voulons aussi aider à promouvoir en parallèle une scène plus indépendante, voire confidentielle. Sur ce segment, la billetterie en ligne low cost proposée par Moxity est une bonne solution en complément du papier. Depuis quelques années, le marché de la billetterie en ligne grimpe de 20 % par an alors que la billetterie manuelle piétine, sans décliner. A priori, la courbe ne s’inversera pas. Au contraire, je pense qu’avec les smartphones et l’essor des réseaux sociaux comme canaux de vente, la billetterie en ligne a de beaux jours devant elle  !


Nicolas Dahan, Membre fondateur et directeur des Connexions


- Pourquoi avoir créé Les Connexions  ?

J’ai créé cette structure en 2003 avec quelques amis qui s’investissaient bénévolement dans l’organisation de concerts et de festivals en Drome/Ardèche. À chaque fin de concert, nous étions interpellés par la mer de gobelets jetables et de bouteilles qui se trouvaient au sol. Nous savions que les poubelles étaient remplies de déchets recyclables, mais certains organisateurs nous répétaient qu’il était impossible de mettre en place le tri sélectif en festival. Nous avons créé Les Connexions pour prouver que c’était possible, c’était notre challenge.

- Quels services proposez-vous  ?

Notre association apporte aux organisateurs le matériel et l’expertise nécessaires à la mise en place efficace d’une gestion sélective des déchets. Pour cela, nous proposons des prestations de gestion des déchets par le tri sélectif, un espace d’animation mobile et ludique sur le recyclage, ainsi que la conduite d’audits. Nous mettons également à la disposition de l’organisateur un parc de matériel sélectif adapté à l’événementiel, en location/vente.

- Concrètement, comment cela se passe-t-il  ?

Nous intervenons en fonction de chaque organisateur et de son avancement préalable sur la question des déchets. S’il a déjà initié une action de tri sélectif, nous complétons son dispositif, par exemple en lui fournissant un matériel adapté à l’événementiel (espaces de restauration, zones VIP, bureaux…), ou en mettant à sa disposition une équipe de régisseurs spécialisés dans la mise en place du tri sélectif. Notre valeur ajoutée : garantir aux organisateurs et aux collectivités en charge du traitement des déchets une qualité de tri excellente (moins de 5 % d’erreurs de tri) via la requalification (le sur-tri) des flux. En effet, les collectivités sont parfois réticentes à recevoir le tri des festivals, par crainte d’une mauvaise qualité de gisement. La requalification des déchets nous permet aussi de montrer le sérieux de la démarche de l’organisateur car ce sur-tri est effectué tout au long de l’événement et en présence du public. Cela génère des discussions avec les spectateurs, prestataires et restaurateurs souvent interpellés par ce geste inhabituel.

- Sur quel type d’événements travaillez-vous  ?

Nous intervenons sur des festivals musicaux, des rencontres sportives et théâtrales et des rassemblements populaires, partout en France. En 2011 nous avons permis le recyclage de 122 tonnes de déchets et touché 3 millions de personnes, réparties sur 54 événements (la Braderie de Lille, Solidays, Rock en Seine, le Tour de France, le Marathon de Paris…).

- Le tri sélectif : une pratique désormais bien ancrée dans le spectacle  ?

Le tri sélectif est appelé à se généraliser sur les événements de toute nature. Les collectivités et les partenaires privés sont déjà investis auprès des organisateurs sur ces questions. Nous espérons que ce phénomène touchera également les salles, assez peu mobilisées en la matière.


Guillaume Cade, Directeur mécénat et sponsoring Caisse d’épargne, Esprit musique


- Quelle est la politique de mécénat/sponsoring de la Caisse d’épargne  ?

La Caisse d’épargne est constituée de 17 Caisses d’épargne régionales qui sont chacune libre d’avoir leur propre politique de sponsoring sur leur territoire. Au niveau national, notre rôle est de les soutenir et de les accompagner dans leurs initiatives. Ainsi, nous structurons leurs démarches pour leur donner une ampleur nationale. C’est ce que nous faisons dans le sport (partenaire du CNOSF) et dans la culture (Musique et bande dessinée).

- Depuis quand la Caisse d’épargne est-elle impliquée dans des projets en rapport avec la musique  ?

Le soutien de la musique existe depuis très longtemps au niveau régional. En revanche, le dispositif national Esprit musique a été créé en mai 2011. Esprit musique a pour vocation de soutenir toutes les musiques sur l’ensemble du territoire en privilégiant le live. Notre soutien se décline en 4 grands piliers : les concerts classiques (production de 34 concerts en France), les concerts événements (« grands lives »), Scènes en Régions (53 salles de musique actuelle) et Jeunes Talents (concours régional et national).

Banque universelle de tous les Français et banque de proximité, nous nous adressons à tous, quel que soit le goût musical de nos clients, en soutenant ceux qui jouent ou distribuent de la musique et en offrant des privilèges à ceux qui l’écoutent.

- Quels sont les projets en rapport avec les musiques actuelles  ?

À travers « les grands lives » (concerts événements : Madonna, Lady Gaga…), nous proposons aux clients détenteurs d’une carte bancaire Caisse d’épargne la possibilité de réserver leur place avant l’ouverture des ventes. Et une fois la vente officielle ouverte, nous leur réservons un quota des places les mieux placées. Nous avons également un dispositif appelé « Scènes en Régions », en partenariat avec 53 salles. En plus de les soutenir financièrement, nous communiquons sur leur programmation auprès de tous nos clients, qui bénéficient d’une réduction moyenne de 20 % sur le prix des places de leurs concerts.

Pour le dispositif Jeunes Talents, les directeurs de ces 53 salles choisissent deux artistes de leur Région. Nous finançons leur première partie d’une tête d’affiche accueillie chez eux, et filmons le concert. Ces vidéos sont visibles sur le site Esprit musique. Les internautes votent pendant deux mois pour choisir 13 représentants régionaux. Les 53 directeurs de salle votent ensuite pour élire les trois groupes parmi les 13 qui participeront à la tournée Esprit musique : 7 concerts gratuits dans 7 villes différentes. Nous réalisons un CD, que les Caisses d’épargne régionales offrent à leurs clients.

- Sur le site d’Esprit musique, on trouve l’application sound places. Qu’est-ce que c’est  ?

C’est une application mobile qui propose à l’utilisateur fan de musique de découvrir, d’écouter, voire d’acheter des places de concert de la musique qu’il aime et qui se passe près de lui. C’est un service qui a été élu « meilleure application communautaire aux Trophées Internet mobile 2011 Orange - Le Journal du Net ».


Katia Bouferrache, Coordinatrice du Damier


- Quel est votre parcours personnel en lien avec le secteur de la musique  ?

Actuellement coordinatrice de la grappe d’entreprises Le Damier, œuvrant dans le champ des industries de la musique et de l’audiovisuel, mon parcours professionnel est caractérisé par plusieurs expériences de management appliqué au secteur culturel. Mes expériences m’ont conduite à intégrer un cabinet de conseil généraliste en management et stratégie qui m’a permis d’intervenir tant auprès de l’administration centrale qu’auprès du secteur privé pendant quatre ans. J’ai également conduit plusieurs missions auprès d’autres secteurs (bancaire, développement durable…), notamment autour de la thématique du mécénat d’entreprise.

- Qu’est-ce que Le Damier  ?

Le Damier est une grappe d’entreprises qui a pour mission de fédérer, promouvoir et développer les acteurs de la Région Auvergne œuvrant dans les champs de la musique et de l’audiovisuel (labels, éditeurs, tourneurs, diffuseurs, producteurs audiovisuels, prestataires techniques, ingénierie culturelle, formations).

- Comment Le Damier s’est-il créé  ?

Le Damier est né du constat d’un fort dynamisme régional, de la création et la professionnalisation de nombreuses entreprises du secteur et de la présence d’équipements structurants à rayonnement national et international (La Coopérative de mai, Sauve qui peut le court-métrage…). C’est un outil de coopération et de développement pour des structures qui connaissent des mutations économiques et technologiques sur leur secteur et qui ont la volonté d’innover et de se développer par la collaboration et la mise en commun de leurs compétences.

En tant que tête de réseau local, Le Damier a vocation à permettre à ses adhérents de créer des projets collaboratifs en interne mais également avec d’autres acteurs externes : TIC, secteur bancaire… C’est également une réflexion économique globale qui est menée, afin de définir un nouveau modèle économique pour la filière visant à pérenniser les activités et les emplois sur le territoire régional et à créer des passerelles avec d’autres secteurs et territoires.

- Quels sont les axes de développement de la filière régionale impulsé par Le Damier  ?

L’activité du Damier doit trouver son propre modèle économique à l’horizon 2014, en permettant à ses adhérents d’investir de nouveaux marchés par des projets et des pratiques innovantes. Pour cela cet outil doit permettre à terme aux entreprises de mieux se connaître et de développer des pratiques collaboratives, d’avoir des pratiques de gestion exemplaires sur les volets promotion, juridique et financier, de consolider et valoriser leurs compétences auprès des acteurs de l’interprofession (collectivités, sociétés civiles, fédérations…), de développer des projets innovants par la mise en place de passerelles avec d’autres secteurs, notamment en matière technologique et commerciale (numérisation de contenus, distribution, retransmission en direct…). Ces axes de développement constituent les grands domaines d’évolution que nous souhaitons impulser au sein de la filière régionale.


Christophe Muller, Directeur des partenariats pour la région SEEMEA YouTube


- YouTube est devenu une plateforme incontournable pour la musique :

YouTube en France c’est 25 millions de visiteurs uniques. Avec les réseaux sociaux, YouTube est devenu un des indicateurs phares : on ne parle plus seulement en termes de « meilleur album », meilleures ventes, mais en nombre de fans, de followers, ou de vues.

- La musique comme contenu phare pour une plateforme de partage vidéo, ce n’était pas une évidence au départ…

Il y a plusieurs raisons. Dès 2006 et l’acquisition par Google, YouTube a noué des partenariats avec les principales maisons de disques aux États-Unis. Cette logique de partenariat s’est étendue aux indépendants à travers de nombreux pays. C’est une volonté historique.

- Quels sont les différents services proposés aux artistes et aux labels  ?

L’hébergement, le streaming, et la protection des contenus. Il est important pour nous de travailler avec les ayants droit et de développer une technologie qui permette de protéger les œuvres. Cette technologie s’appelle Content ID, et permet à tous nos partenaires de revendiquer ce qui leur appartient et de décider ce qu’ils souhaitent en faire.

- Pouvez-vous expliquer plus précisément le fonctionnement de Content ID  ?

Le partenaire nous fournit des fichiers de référence à partir desquels nous constituons des empreintes digitales. Celles-ci nous permettent d’identifier si les vidéos mises en ligne utilisent du contenu dont le partenaire détient les droits. Tout cela est automatisé. Nous scannons chaque jour l’équivalent de plus de 100 ans d’archives. Une fois le contenu repéré, nous le signalons au partenaire qui décide de ce qu’il fait : bloquer la vidéo, juste la suivre ou la monétiser, c’est-à-dire nous donner la possibilité d’afficher de la publicité.

- Le placement de publicité sur les contenus se fait-il aléatoirement  ?

On opère à une échelle importante, c’est donc un système automatique. Par contre, les annonceurs peuvent choisir leurs formats d’annonces (illustrées, vidéo ou textuelles) de façon à cibler différents emplacements sur le site, ainsi que des catégories spécifiques, par exemple la musique. Ils peuvent aussi empêcher que du contenu spécifique de YouTube ne s’affiche avec leurs annonces. Les partenaires peuvent aussi bloquer certains formats ou annonceurs.

- Qu’en est-il des rapports avec les sociétés d’auteurs  ?

Nous avons passé un accord il y a deux ans avec la Sacem. Nous avons environ une quarantaine de partenaires de ce type à travers le monde. Il permet de rétribuer tous les auteurs compositeurs français dont les œuvres sont utilisées sur la plateforme. D’autres types de contrats devront être signés avec l’évolution vers des modèles payants.

- Pensez-vous qu’à terme les plateformes de streaming, audio ou vidéo, seront les seuls modes de consommation de la musique  ?

Je ne pense pas. Les usages sont différents en fonction des pays. En Allemagne, le physique reste important. Cela n’empêche pas les plateformes de se développer. C’est complémentaire. Il s’agit de s’inscrire dans une démarche qui permette aux artistes, aux éditeurs et aux producteurs de générer des revenus incrémentaux, pour que cet argent soit réinjecté dans le système, pour financer la création.


Alexandre Boucherot, Cofondateur d’Ulule


- Comment en êtes-vous arrivé à créer Ulule  ?

J’ai fondé Fluctuat.net, webzine culturel en 1998. Mélomane averti, mon expertise est centrée principalement sur la diffusion des productions culturelles sur le web. En 2010, j’ai cofondé Ulule.com avec Thomas Grange.

- Ulule, qu’est-ce que c’est  ?

Ulule est une plateforme de financement participatif (crowdfunding) en 6 langues et pluridisciplinaire qui a déjà permis de financer près de 800 projets créatifs. La musique est rapidement devenue l’une des catégories les plus importantes du site, avec près de 200 projets financés, notamment grâce au développement de l’écoute et du partage en ligne.

- Comment s’utilise la plateforme  ?

Sur Ulule, les artistes et les groupes présentent leurs projets (prochain album, tournage d’un clip, financement de tournée) et proposent des contreparties exclusives en échange de participation des internautes. S’ils atteignent l’objectif budgétaire, les porteurs reçoivent les fonds et envoient leurs cadeaux aux internautes. Processus vertueux puisque, pour le créateur, la collecte est l’occasion de récolter des fonds mais également d’étendre sa notoriété grâce à une communication active autour de son projet à venir. Pour le contributeur, le soutien à un projet apporte une double satisfaction : celle d’être intégré à une aventure créative collective (et à partager) et celle de recevoir les objets liés à la création. En plus de la levée de fonds, c’est un outil de communication pour les artistes.

Le crowdfunding se place comme un outil supplémentaire à la disposition des musiciens dans leurs stratégies de diffusion. J’en profite ici pour réaffirmer un point fondamental : en aucun cas nous ne proposons une quelconque forme de « coproduction » sur Ulule. Chacun son métier, et faire croire que les intermédiaires professionnels sont obsolètes est mensonger.

- Le crowdfunding : effet de mode ou véritable nouvelle pratique  ?

Je pense que les outils sociaux et communautaires vont être au cœur des évolutions dans le secteur de la musique dans les prochaines années. En ce qui concerne le financement participatif, le développement actuel est exponentiel et rien n’indique un ralentissement. Je pense que ce mode de financement est amené à devenir réflexe et viendra s’ajouter, sans se substituer, aux modes traditionnels de financement de la culture.


Virginie Berger, Fondatrice et directrice de Don’t believe the Hype


- Pourquoi avoir créé l’agence DBTH  ?

Depuis 13 ans, je regarde, analyse, travaille et souvent peste contre ce qui se passe sur Internet. En 2009, j’ai créé un blog pour transmettre mon expérience et mes idées sur ce que pourraient faire les artistes pour mieux l’utiliser. Cela a suscité un intérêt grandissant. Des artistes, labels et technologies émergentes m’ont proposé de travailler leurs stratégies opérationnelles. Il y avait un besoin, je proposais des solutions, donc j’ai créé DBTH.

- Que proposez-vous  ?

Tout sauf la production et la direction artistique  ! Nous ne sommes pas un label, mais une « maison de musique » dédiée aux artistes entrepreneurs. Après une analyse de leurs besoins et une proposition stratégique, on leur fournit tous les outils nécessaires pour se développer. Aujourd’hui, pour un artiste, ne pas avoir de maison de disques n’est plus un pis-aller, ce peut être un véritable choix de développement. Des artistes ou des labels, qui veulent se concentrer sur l’artistique, nous confient le reste : marketing, stratégie, business development, distribution. Les technologies émergentes ont besoin de nos compétences et connaissances du marché.

- L’artiste est donc un entrepreneur comme un autre  ?

L’artiste l’a toujours été. L’industrie musicale telle que nous la connaissons n’existe que depuis les années 1950. Mais avant, il y avait aussi des artistes. Liszt et Wagner étaient de sacrés hommes d’affaires  ! En 2012, un artiste qui n’est pas entrepreneur et qui ne s’entoure pas d’une équipe n’a aucune chance d’émerger. N’oublions pas qu’il y a plus de 20 millions d’artistes sur Internet  ! Les artistes ne veulent plus juste signer un contrat : ils veulent savoir, comprendre et décider.

- C’est une nouvelle approche du développement d’artiste  ?

C’est très novateur, on est presque les seuls à le proposer. Mais nous allons dans le sens de l’histoire.

- Se passer de maison de disques, n’est-ce pas réservé aux artistes établis  ?

Jusqu’à récemment, oui. Les choses commencent à bouger, l’effet Kickstarter aux États-Unis a permis d’apporter le chaînon manquant pour les indépendants : l’argent. On peut lever des fonds auprès des fans. De plus en plus d’artistes ne veulent plus signer en maison de disques, estimant que ce n’est pas le bon moment pour eux. Ils préfèrent sortir un album, constituer une fanbase solide, pour arriver en position de force dans les négociations avec les maisons de disques. D’autres ne veulent pas « perdre » leur musique, ni céder leurs droits, et gérer la promotion eux-mêmes. Les artistes qui viennent nous voir veulent avoir la main sur leur musique et leur carrière. C’est un véritable changement d’état d’esprit.

- S’appuyer sur ses fans, ce n’est pas si nouveau, mais Internet a multiplié les possibilités.

Cela existe depuis que la musique existe  ! La différence, c’est qu’Internet a permis de libérer les artistes de certaines contraintes, et de modifier les rapports de force.

- Vous allez couler les maisons de disques  ?

Pour être le nouveau Justin Timberlake, il faut encore passer par une major. Les maisons de disques répondent aux besoins d’un certain type d’artistes. On n’est pas contre les maisons de disques, mais à côté, on travaille de manière différente, on crée une autre industrie.


Olivier Jaboin, Adjoint de direction Francophonie diffusion


- Pouvez-vous présenter Francophonie diffusion.

Francophonie diffusion assure depuis 1993 la promotion média internationale de la production musicale française et de ses artistes. Aujourd’hui, Francophonie diffusion est une plateforme promotionnelle qui propose une offre légale à destination des radios, des médias en ligne, des festivals et des professionnels de la synchronisation sur les 5 continents. Au-delà, Francophonie diffusion est une interface entre producteurs, artistes et diffuseurs.

- À qui s’adresse la plateforme Francodiff  ? Quels sont les services proposés  ?

Elle s’adresse aux labels français et de l’espace francophone qui veulent promouvoir leurs artistes sur les médias dans le monde, dans le cadre d’une stratégie à l’export. Un partenariat a également été mis en place avec la Sacem pour promouvoir des artistes qu’elle soutient via son programme d’aide à l’autoproduction. Quant à l’offre Plus de musiques, elle est dédiée aux artistes en développement qui ont ainsi accès à une grande partie des services de la plateforme.

En 2012 plus de 1 000 radios et nouveaux médias de 100 pays ont utilisé francodiff.org. Les radios écoutent et diffusent les nouveautés alors que blogs et webzines y trouvent le contenu multimédia nécessaire à la publication d’articles. Les producteurs, les éditeurs, les managers et les artistes qui utilisent la plateforme ont un accès sécurisé qui leur permet de savoir quel titre a été téléchargé, par quel média, ce que les radios en pensent grâce à leurs commentaires et leurs intentions de programmation, quel blog a parlé de leurs artistes ou encore combien d’articles les concernant ont été publiés. À ceci s’ajoute un réseau de plus de 150 professionnels de la synchronisation qui viennent trouver les titres dont ils ont besoin pour répondre aux appels d’offres des annonceurs et des sociétés de production. Grâce à Francophonie diffusion, ils rentrent ainsi en contact avec les ayants droit des titres qu’ils veulent placer dans des publicités, des bandes son de films ou de jeux vidéo.

- En quoi la plateforme répond-elle à de nouveaux besoins  ?

Aujourd’hui tout est global. La promotion classique réalisée en deux étapes, d’abord sur le national puis sur l’international, semble devenir de moins en moins pertinente. L’instantanéité mondialisée est devenue la règle. Ces nouveaux modes de fonctionnement impliquent de nouveaux besoins. Francophonie diffusion s’efforce d’y répondre en développant des outils permettant aux artistes et aux producteurs de mener leurs actions de promotion sur les nouveaux circuits, tels les réseaux sociaux ou la téléphonie mobile. La P@ge Promo est, par exemple, un moyen efficace de communiquer en diffusant les retours des radios sur son titre, ses classements aux palmarès ou encore ses dates de tournées à venir.


Éric Jaoui, Fondateur et directeur de Mediaforest France


- Que fait Mediaforest  ?

Mediaforest s’appuie sur une technologie créée dans la Silicon Valley qui permet de savoir où, quand et comment sont diffusés les artistes à la radio et à la télévision. Avec une spécificité : on fait du tracking à la seconde  ! Aucune diffusion, même de très courte durée, ne nous échappe. Nos utilisateurs savent en temps réel leurs diffusions et le montant de droits Sacem qu’ils génèrent. On a également un système personnalisable de top/classement des diffusions radio. On fait également beaucoup de veille des catalogues éditoriaux.

- Qui sont vos clients  ?

C’est un outil que l’on a monté pour les indépendants. Notre but est de leur fournir des outils aussi performants que ceux des majors. Nous travaillons de plus en plus avec des managers. Les labels peuvent faire le suivi de toutes leurs nouveautés, les éditeurs de tout leur catalogue, les tourneurs peuvent suivre les diffusions des spots pub qu’ils ont achetées. Nous avons aussi de plus en plus de membres qui travaillent sur la synchronisation.

Être accessible c’est un choix éthique. On ne fait pas de distinction, le prix est le même pour tout le monde. Quand on est arrivé sur le marché français il y a deux ans, les indépendants n’avaient pas accès à ce genre d’informations, trop chères pour eux. On leur donne la possibilité de comprendre, de prendre un peu de hauteur : nous sommes comme de petits oiseaux au-dessus de la forêt des médias. On voit tout ce qui se passe.

- Concrètement, comment cela se passe-t-il  ?

Les professionnels peuvent souscrire un abonnement pour suivre un ou plusieurs titres pour la durée de leur choix. Pour les projets en développement, généralement le suivi se fait sur leur titre phare sur une courte période, mais les managers aiment suivre leurs artistes toute l’année. Par exemple, on s’est rendu compte qu’un artiste était diffusé sur France 2, comme jingle de présentation des candidats dans un jeu. Le manager-éditeur a pu contacter la production pour les remercier, et leur dire de ne pas oublier de les déclarer à la Sacem. On est en amont du processus, c’est plus pratique pour la récupération des droits.

- Quel est l’intérêt, outre la récupération de droits  ?

Le but de Mediaforest, n’est pas de contrôler ce que fait la Sacem. Appuyer la promo, définir des stratégies en se basant sur des chiffres de diffusion fiables et en temps réel, c’est le but premier. Cela permet de comprendre plein de choses : tel artiste est plutôt diffusé dans le sud de la France  ? Il serait peut-être judicieux de commencer la prochaine tournée par là…

Notre système d’estimation de droits a permis à des artistes d’obtenir des prêts  ! D’autres, en voyant les reportings, n’ont finalement pas signé de contrat de licence pour un deuxième single. Ils ont emprunté pour faire leur propre développement.

- Quels sont les projets à venir  ?

Le nombre de médias traqués augmente en continu : les radios Férarock, de plus en plus de chaînes de télévision, YouTube… On développe aussi un système de tracking visuel, un autre par mots-clés… Notre approche est globale. On ouvre des bureaux dans le monde entier, parce qu’on pense que même s’il y a une globalisation de la musique, il n’y aura jamais de globalisation du marché.


Cécile Rap-Veber, Directrice d’Universal Music Consultings and Contents (U think  ! / projets spéciaux / merchandising)


- Que fait Uthink  !  ?

Nous travaillons sur l’association musique et marque, sur trois grands types d’activités : endorsement, concerts privés, et placement de produits. U think  ! est une filiale d’Universal, nous fonctionnons comme une agence, nous avons d’ailleurs une licence d’agence de mannequinat, obligatoire pour pouvoir proposer l’utilisation de l’image d’un artiste pour faire de la promotion. Nous avons un rôle de conseil auprès des annonceurs. Nous ne nous substituons pas aux agences de pub, mais sommes capables de profiler les artistes qui seraient les plus pertinents pour s’adresser au public ciblé par la marque. Nous avons la chance d’offrir aux marques des positionnements sur des artistes internationaux, puisque nous disposons d’un catalogue conséquent : Black Eyed Peas, Rihanna, Lady Gaga, mais aussi du plus local avec des artistes comme Jennifer ou Ben l’Oncle Soul.

- Est-ce dû à la volonté de multiplier les sources de revenus suite à la crise de la musique enregistrée  ?

La principale raison est plutôt qu’aujourd’hui, les marques communiquent différemment. En plus de l’image, nous proposons de l’événement et du contenu, qui peut être inédit, du merchandising… Il est plus facile de faire venir des journalistes à un lancement avec un concert qu’avec une simple présence de sportifs ou d’acteurs. Après, la crise du disque a peut-être rendu les artistes plus enclins à accepter ce genre de partenariats.

- L’association musique et marque, c’est quelque chose de récent  ?

Chez Universal, cela fait plusieurs années que nous travaillons sur des partenariats de ce type. Deux départements le faisaient auparavant : le merchandising et le département des projets spéciaux qui existe depuis quinze ans environ. Les marques portent de plus en plus d’intérêt aux artistes musicaux, alors qu’elles étaient auparavant focalisées sur des sportifs ou des acteurs de cinéma. Inviter la marque dans l’univers de l’artiste en proposant des placements de produits est plus récent. Le CSA ne l’autorise en France que depuis un an et demi. Mais nous le faisions déjà pour les clips diffusés à l’étranger ou sur le web.

- Est-ce facile de faire travailler un artiste et une marque ensemble  ?

Non  ! Jusqu’à la signature du contrat, rien n’est acquis  ! Et je pensais que le plus difficile à convaincre ou le plus incontrôlable était l’artiste, mais certains directeurs marketing n’ont rien à leur envier  !

- Quelle est la plus-value de ce type de partenariats pour les artistes  ?

Accroître leur notoriété, attirer plus facilement l’attention des médias et du public sur eux. Certains artistes y trouvent aussi l’occasion de faire quelque chose qui leur plaît ou qui fait sens pour eux, comme Mika avec la bouteille Coca-Cola, qui traduit très bien l’univers coloré du chanteur. Il a ensuite reversé l’argent perçu à une œuvre caritative.

Dans la situation actuelle compliquée du disque, où les budgets marketing investis sont plus faibles, le placement de produit permet aussi aux artistes et aux maisons de disques de bénéficier de budgets plus conséquents pour réaliser des clips. C’est une source de financement nouvelle et intéressante.


Albin Serviant, Président-directeur général de Bopler Games


- Que fait MXP4  ?

MXP4 propose aux fans de musique de nouvelles expériences interactives autour de l’écoute. Nous créons des jeux musicaux de nouvelle génération, directement intégrables sur les réseaux sociaux et sur mobile. La marque commerciale est Bopler Games. Nous permettons aux fans de jouer, au sens propre du terme, avec leurs morceaux favoris.

Les jeux sont variés : skill games, (taper le rythme, suivre une mélodie…), jeux sur l’univers d’un artiste (blind tests, jeux sur les paroles…) et jeux de rôle, qui fonctionnent bien sur les réseaux sociaux.

- Qui sont vos clients  ?

Tous ceux qui se connectent sur les réseaux sociaux ou sur des applications mobiles. Nous avons actuellement 1 million d’utilisateurs actifs. Nos clients, au sens partenaires, sont des labels et des éditeurs, essentiellement américains. Nous avons passé des contrats pour exploiter légalement les 500 titres actuellement disponibles. On y trouve des artistes comme David Guetta, LMFAO, Enrique Iglesias…

- Quel est l’apport du social gaming pour la musique  ?

David Guetta, c’est 32 millions de fans sur Facebook. Le jeu musical est une façon ludique, originale et efficace de les rendre actifs. En moyenne, les gens passent 18 minutes sur nos applications, ils se défient, font des tournois… L’industrie musicale est en demande de moyens d’augmenter l’engagement des fans. On crée des outils permettant d’animer une communauté. Une publication n’est vue que par environ 10 % des fans et seulement 1 % va cliquer pour accéder à l’information proposée. Avec le social gaming, le but est de multiplier ce chiffre.

- Quel est votre modèle économique  ?

On utilise un modèle freemium. Sur le million d’utilisateurs, notre objectif est d’en amener 3 % vers l’achat de virtual goods, vendus de 50 centimes à 1,50 euro. Il faut donc un volume d’utilisateurs conséquent. Notre objectif : avoir des dizaines de millions de joueurs  !

- C’est un secteur concurrentiel  ?

Il y a déjà eu beaucoup d’expériences menées sur le jeu musical. Mais on est un des premiers acteurs à se concentrer sur le social gaming. Rien que sur Facebook, c’est un marché qui représente 5 milliards de dollars. Et il y a peu de jeux musicaux légaux. Sur les consoles, ils représentent 10 % du marché. Il y a donc une vraie opportunité de développement.

- Quelle évolution selon vous pour l’industrie musicale  ?

L’industrie musicale est actuellement concentrée sur les nouveaux modèles de distribution numérique. Mais de tout temps, la musique a été une expérience sociale. L’intégration des services musicaux au sein des réseaux sociaux est une opportunité pour le partage, la découverte, en plus d’être un canal de monétisation. Cette monétisation ne se fait pas sur le modèle classique de la vente d’un format, mais sur la proposition d’une expérience à valeur ajoutée autour de la musique. Et là, il y a tout à inventer  ! L’industrie est en phase de test avec des start-up comme la nôtre pour imaginer les services musicaux de demain.


Jean-Luc Biaulet, Fondateur de Music Story


- Que fait Music Story  ?

Nous sommes spécialisés dans le traitement et l’enrichissement des métadonnées de la musique : ingestion et désambiguïsation des catalogues, qualification des données, création de rédactionnel propre (biographies, chroniques…), agrégation de photos… Sans compter les services techniques de distribution de ces données à nos clients. Ce travail est effectué au plus près de l’actualité (concerts, sorties), avec les responsables promo des labels. Tous les styles sont traités, on ne se restreint pas aux airplays, tops et classements. Pour une sortie d’album, ce travail aboutit à l’identification des liens à l’achat et à l’écoute sur onze plateformes partenaires, au rapprochement des autres éditions éventuelles, à la rédaction d’une chronique et à la mise à jour du profil complet de l’artiste.

- Qui sont vos clients  ?

Tous les acteurs de la filière musicale, jusqu’aux plateformes, physiques et numériques. Les majors travaillent sur les métadonnées pour les sorties, mais ne valorisent pas toujours leur back catalogue. Éditorialiser les nouveautés est indispensable. Raconter l’histoire de dizaines de milliers d’artistes peut être un plus non négligeable. Les clients nous amènent de plus en plus sur le nettoyage de données : aujourd’hui on parle beaucoup de valorisation de l’offre légale. Dans la course au nombre de titres, la qualité a été un peu laissée de côté. On travaille aussi pour des médias à qui on propose un sourcing back-office complet des métadonnées, pour des utilisations web, radio ou broadcast.

- Combien d’artistes compte votre base  ?

Aujourd’hui, Music Story c’est 95 000 artistes identifiés, 6 000 profils complets, 400 000 albums regroupant 900 000 produits, physiques ou numériques, et 4,5 millions de pistes. Notre base de données alimente notre site, mais bénéficie également à tous nos clients, en temps réel. Ils l’utilisent pour faire de la recommandation ou pour développer des applications.

- Des métadonnées renseignées, c’est aussi pouvoir ressortir parmi l’océan des propositions artistiques existantes  ?

C’est de plus en plus présent dans l’esprit des dirigeants de plateformes. Après la mise en vrac des catalogues sur Google, où la moindre erreur est reprise à l’infini, nettoyer, corriger, dédoublonner, permet de diminuer le « bruit » dans les recherches.

- Avec la qualité sonore, le renforcement des métadonnées est la prochaine grande avancée pour la musique numérique  ?

Il va falloir trouver le pendant numérique du livret d’un album. L’avenir de la promotion se joue là  ! Un des challenges de la profession, c’est d’être capable de le faire sur des millions de titres. Les Américains prennent de l’avance sur les offres de métadonnées et d’API associées, mais les catalogues français et européens ont toute latitude pour se structurer et s’enrichir en allant dans ce sens. La qualification des données pour des nécessités de droits ou de perception est bien comprise, mais pour la valeur ajoutée à l’offre, cela reste encore marginal.

Les métadonnées deviennent doucement la matière première de la recommandation, qui n’est plus uniquement l’apanage des experts. C’est tout un champ de valeurs nouvelles à explorer qui s’ouvre peu à peu pour la musique numérique, notamment pour améliorer l’offre légale.

Bonus track

Ils et elles avaient également accepté de répondre à nos questions. En bonus track, voici sept autres entretiens avec des acteurs qui font bouger la filière musicale.


Quentin Nicollet, Sales & marketing manager, Earmaster Aps


  - Quel est votre parcours personnel en lien avec le secteur de la musique ?

Musicien amateur à titre personnel, je suis entré dans le secteur professionnel de la musique en 2006 lorsque j’ai commencé à travailler en tant que responsable marketing pour la société danoise EarMaster ApS. Depuis cette date, ma vie privée et ma vie professionnelle se recoupent progressivement avec pour point d’encrage la musique. 

- Pourriez-vous nous présenter votre activité actuelle, en quoi correspond-elle à de nouveaux usages et pratiques ?

Mes responsabilités chez EarMaster ApS me poussent à me plonger constamment dans l’évolution du secteur de la musique, et ce vis-à-vis des évolutions aussi bien technologiques que stylistiques ou éducatives. Notre société éditant des logiciels d’éducation musicale utilisés tant par les musiciens amateurs que par les professionnels du spectacle et les institutions éducatives (écoles de musique, universités, centres culturels), nous sommes amenés par la force des choses à répondre aux transformations – et parfois même aux mutations – du monde musical. Le gros enjeu pour la musique aujourd’hui, c’est bien entendu Internet et l’ensemble des problématiques que la nouvelle donne à laquelle l’ensemble des acteurs du secteur est confronté.

Pour notre filière, cela a poussé les sociétés éditrices de logiciels à repenser leur distribution en concentrant de plus en plus leurs efforts sur le téléchargement, la livraison instantanée. Aussi, dans le monde de l’éducation musicale, les mentalités changent au fur et à mesure que les générations d’enseignants se succèdent. L’informatique prend une place de plus en plus importante dans la formation des musiciens en France et dans le reste du monde, et notre société joue un rôle très important dans cette évolution. Nous sommes en dialogue constant avec des enseignants et étudiants de France, d’Allemagne, des États-Unis ou bien encore du Japon afin de construire ensemble les outils de pédagogie musicale de demain. 

  - Comment imaginez-vous l’évolution de votre activité et plus généralement celle du secteur (ou de la filière) ? 

  L’évolution de notre activité dépendra en grande partie de celle du secteur tout entier. Il y a dix ans, il était impensable d’inclure l’informatique dans une classe de solfège. Aujourd’hui, une école comme le Berklee College of Modern Music de Boston propose 3 logiciels de théorie musicale à ses élèves, et c’est loin d’être une exception. Nous faisons de très gros efforts pour promouvoir l’entrée des nouvelles technologies dans les écoles de musique, car nous croyons en ses effets bénéfiques pour l’apprentissage musical. L’informatique a un réel potentiel pédagogique pour l’enseignement musical, que ce soit pour la création ou bien pour l’étude instrumentale et théorique, et avec l’avènement du cloud-computing et des interfaces tactiles, il est déjà possible d’augurer de nombreuses évolutions tant qualitatives que quantitatives pour le secteur de la musique dans son ensemble.    


Geraldine Noël, Fondatrice de Play it by ear


- Quel est votre parcours personnel en lien avec le secteur de la musique ?

Premier emploi aux Trans Musicales en 1997 à la coordination des médias internationaux, puis Bureau export de la musique française en tant que directrice exécutive adjointe pendant 4 ans, Atmosphériques comme responsable de l’international (Ghinzu, Tahiti 80, Mellow, Louise Attaque, Abd El Malik…) pendant 4 ans jusqu’en 2006. Puis consultante pour le Bureau export de Londres à Londres pendant 2 ans, de concert avec du consulting export (distribution et licensing) au sein de ma propre structure, Tout l’Univers pour divers labels : V2, Atmosphériques, Strictly Confidential, Universal…

J’ai finalement touché à plusieurs domaines du secteur de la musique : spectacle vivant, institutionnel, maison de disques, mais toujours avec l’international en arrière plan…

Travaillant de plus en plus pour les artistes en direct, j’ai décidé de monter une 2e structure : Play It By Ear, en m’associant à Christophe Davy (Doudou) chez Radical en 2010, dont l’activité se concentre sur le business management, et qui réunit tous ces domaines.

- Pourriez-vous nous présenter votre activité actuelle, en quoi correspond-elle à de nouveaux usages et pratiques ?

Cela répond au besoin de nombreux artistes qui ont déjà un peu de métier : besoin de se structurer, de mieux maîtriser leurs droits, pour notamment moins diluer leurs revenus : master, publishing, voire la production de leurs tournées. À l’heure où beaucoup de contrats sont rendus par certaines majors, où le personnel des maisons de disques se réduit de concert avec les revenus liés au disque, les artistes ont besoin d’être un peu plus autonomes. La plupart de ces artistes savent déjà dans quelle direction ils veulent aller artistiquement parlant, ils ont juste besoin d’être structurés : juridique, administratif, fiscalité, et ont besoin d’une aide logistique. Cela passe par le montage de leur propre société dans la plupart des cas : boîte d’édition, structure de production, Play It By Ear les accompagne dans la création de ces structures et dans leur gestion au jour le jour.

Le business management est une partie seulement du travail de management, certains de ces artistes ont des managers qui gèrent admirablement bien les parties artistique, image et marketing, et Play It By Ear collabore avec eux quotidiennement au développement de leurs artistes. Le business management permet de réunir plusieurs compétences autour d’un même artiste.

C’est un métier que j’ai découvert aux États-Unis surtout, puis en Angleterre. La place du management est beaucoup plus importante dans les pays anglo-saxons. En France il se professionnalise, il y a un fort besoin de la part des artistes. On demande encore beaucoup à un manager d’être ultra compétent dans tous les domaines : de l’artistique à la fiscalité étrangère, alors que pour moi, management et business management sont deux métiers différents et complémentaires, qui doivent être différenciés et incarnés par des structures différentes pour le bien de l’artiste et pour ses partenaires professionnels.

- Comment imaginez-vous l’évolution de votre activité et plus généralement celle du secteur (ou de la filière) ? 

  La plupart des artistes avec lesquels Play It By Ear travaille ont déjà compris l’importance de la gestion de leur image. La sortie de leur disque ne constitue plus le seul événement crucial de leur carrière. Leur album constitue plutôt une carte de visite, une vitrine, qui montre ce qu’ils sont capables de faire en termes d’écriture et de production pour leur permettre d’envisager d’autres collaborations : dans le cinéma, la publicité, collaborer avec des marques et produire d’autres artistes. Pour ce faire, les artistes ont besoin d’être bien accompagnés dans ces business transversaux. Maîtriser ses droits est une évolution logique dans la carrière d’un artiste, et avec l’effondrement du marché, c’est devenu une nécessité.


Denis Talledec, Directeur du Collectif Culture Bar-Bars


- Quel est ton parcours personnel en lien avec le secteur de la musique ?

Après avoir organisé de petits concerts dans les années 1990, fait dix mille métiers (dix mille misères au début des années 1990 ; administrateur de compagnie, directeur de structures intercommunales…), j’ai intégré l’association Trempolino à la fois en charge de la mission d’information, du disque et de l’antenne régionale du Printemps de Bourges puis comme coordinateur de la mission de Pôle régional. Dans une suite logique j’ai été en charge de la mission de préfiguration du Pôle régional musiques actuelles des Pays de la Loire qui s’est traduit par la création du Pôle de coopération des acteurs pour les musiques actuelles en Pays de la Loire. Cette structure qui était cogérée par les acteurs de la filière MA dans sa grande diversité (privé, public, parapublic) préfigurait dans sa conception (mission et gouvernance) des missions consulaires et s’est rapidement trouvée à porter des chantiers d’envergure nationale : cafés-cultures, développeurs d’artistes, et également de l’observation, notamment pour évaluer l’impact économique et social de la filière en régions.

- Pourrais-tu nous présenter ton activité actuelle, en quoi correspond-elle à de nouveaux usages et pratiques ?

C’est donc logiquement que lorsque le Collectif culture bar-bars m’a proposé de prendre la direction de cette structure, j’ai accepté. Ce collectif qui initialement portait le festival du même nom s’est très vite trouvé à porter la voix de nombreux acteurs méconnus de la filière : les cafés-concerts. En effet, d’éléments incontournables de la diffusion des MA dans les années 1950-1960-1970-1980 ces lieux ont dans les 20 dernières années été victimes de leur positionnement à la croisée des chemins. En effet, à la fois inscrits dans la filière CHR (cafés, hôtels, restaurants), mais aussi dans la filière culture, ils étaient méconnus par les deux filières et donc peu défendus dans leurs au sein de ces filières. Le secteur des MA a vu ces dernières années un double phénomène : une reconcentration des fonds publics sur les mêmes structures (publics ou parapublics) et sur le versus privé on voit des phénomènes de reconcentration comme dans l’industrie qui mettent en péril le biotope culturel ; tous ces artisans de la culture qui font les artistes de demain mais aussi la diversité artistique de nos territoires : des musiciens locaux pour une population locale. Les cafés-concerts sont ces artisans qui au quotidien sont confrontés à des enjeux de diversité artistique, sociétale (gestion des publics…) et économique notamment en termes d’économie solidaire ; ce sont les circuits courts de la diffusion !

La musique est devenue le premier loisir des Français. Pourtant, cinq cafés-cultures ferment chaque jour en France tandis qu’en Pays de la Loire, le nombre de musiciens indemnisés a baissé de 30 % en trois ans. Avec l’aide des pouvoirs publics et bientôt du secteur privé, nous avons donc lancé un dispositif expérimental d’aide à l’emploi artistique dans les cafés cultures. Il s’agit d’une mini révolution dans l’histoire des politiques publiques, puisque c’est la première fois qu’une collectivité intervient directement sur l’emploi artistique en prenant en charge 10 à 60 % du salaire des musiciens. Nous souhaitons recréer un circuit court de diffusion pour les artistes locaux avec la création d’emplois non délocalisables. Ces lieux de la « vraie vie » sont essentiels car ils permettent une spontanéité et une réactivité qu’on ne retrouve nulle part ailleurs.

- Comment imagines-tu l’évolution de votre activité et plus généralement celle du secteur (ou de la filière) ?    Face à ce constat, la filière doit faire sa révolution copernicienne… en effet, elle doit être force de proposition auprès de des pouvoirs publics. Il faut en effet amener les pouvoirs publics à reconsidérer la culture sous différents prismes et sortir de l’unique politique de la subvention. Pour ce faire il ne s’agit pas d’agiter le chiffon rouge en criant intérêt général…, mais bien de repartir du besoin des populations et de tenter d’y répondre en organisant les complémentarités entre service public et initiative privée dans une perspective d’intérêt général. Pour ce faire l’enjeu est de mobiliser l’ensemble des politiques publiques autour de la question culturelle. En effet, on voit les normes juridiques devenir de plus en plus drastiques, ce qui met à mal la vie même des petits lieux de diffusion. On comprend bien que toutes les subventions du monde ne pourront répondre à l’arsenal législatif auquel doivent faire face ces lieux. Simplifier la production de concert dans le respect des uns et des autres (musiciens professionnels…) et repartir de la vraie vie est un enjeu pour notre démocratie car nous parlons ici de liberté d’expression tout simplement !!!!


Tom Gauthier, Fondateur de Beloola


- Quel est votre parcours personnel en lien avec le secteur de la musique ?

Je ne suis pas issu de l’industrie du disque à la base. Je suis plutôt un novice du secteur mais ma "naiveté" sur ce marché nous a pour le moment plutôt réussi lors de nos échanges avec des acteurs de ce milieu. Je suis issu d’une formation supérieure en marketing puis j’ai suivi un cursus en entrepreunariat & innovation à l’université de Stanford (US). J’ai une expérience de plusieurs années dans le secteur de la publicité avant la création de la société V-Cult et plus précisément du produit Beloola.com. 

- Pourriez-vous nous présenter votre activité actuelle, en quoi correspond-elle à de nouveaux usages et pratiques ?

Beloola.com est une social marketplace dédiée à la musique. L’industrie du disque a perdu 20 milliards de dollars en revenus sur la dernière décennie à cause du digital. Nous pensons que les acteurs de l’industrie musicale n’ont pas encore su pleinement exploiter la puissance du digital pour créer une relation artiste/fan forte et intense. Notre objectif est de permettre aux artistes de capitaliser sur leurs fan bases autrement et d’optimiser la monétisation de leurs contenus et produits dérivés. Actuellement le levier économique fonctionnant le mieux dans l’industrie musicale est le live. Pourquoi ? Car cela procure de l’émotion aux fans et leur permet d’entrer en contact avec leurs artistes préférés. Notre vision est de recréer ce lien émotionnel fort sur le digital pour améliorer l’engagement des fans. Comment ? En proposant une plateforme communautaire en 3D au sein de laquelle les fans peuvent vivre avec leurs artistes préférés, s’immerger dans leur univers. Les artistes recréent leurs environnements d’influences en customisant des espaces 3D à leur image et en y intégrant l’ensemble de leurs contenus et médias (vidéos depuis Vevo ou Youtube, audio depuis Soundcloud ou Deezer, les réseaux sociaux Facebook ou Twitter, la billeterie ou encore leur merchandising). Tout ceci est possible grâce une technologie que nous avons créée permettant d’afficher des contenus 3D interactifs directement accessibles dans le navigateur web (sans aucun téléchargement, ni de plugin ou logiciel) et fonctionnant sur tous les systèmes d’exploitation (PC, Mac, Linux, etc.) et sur tous les devices (web, tablettes, smartphones, etc.). Notre ambition est double, d’une part pour les fans, faire de Beloola le plus grand espace pour échanger, interagir et vivre avec ses artistes favoris et d’autre part pour les artistes, de devenir une marketplace puissante décuplant la monétisation de leurs contenus et l’engagement de leurs fans.   

- Comment imaginez-vous l’évolution de votre activité et plus généralement celle du secteur (ou de la filière) ? 

  L’industrie musicale est digitale, il n y a plus aucun doute. Nous pensons cependant que l’immersion, la scénarisation et l’émotion que procure le Web 3D sont uniques et répondent aux nouveaux besoin des consommateurs de musique. L’engagement des fans passe impérativement par une expérience utilisateur forte et profonde que seule l’expérience 3D procure. De plus, aujourd’hui, le jeu n’est plus réservé aux "geeks", l’émergence du casual gaming et du social gaming ne fait que conforter notre vision. Les jeunes consommateurs de musique raffolent de ce genre de plateformes et nous espérons apporter une réponse à leur besoin en faisant merger musique et immersion. 


Christophe Caurret et Fabrice Brovelli, Superviseurs musicaux, fondateurs de BETC Music


- Quel est votre parcours personnel en lien avec le secteur de la musique ?

Fabrice Brovelli : "1er concert : 13 ans, 1re partie d’Indochine : 17 ans, réalisateur de clips pour les Thugs, Little Nemo, La Souris Déglinguée, Warum Joe… Aujourd’hui manager d’artistes : Mohinni, Agoria et organisateur d’évènements : soirées Panik." Christophe Caurret : "Guitariste d’un groupe de noisy pop adolescent, organisateur de rave parties. Aujourd’hui manager de Mohinni et Yuksek et organisateur des soirées Panik."

- Pourriez-vous nous présenter votre activité actuelle, en quoi correspond-elle à de nouveaux usages et pratiques ?

F.B. : "Vice-président de l’agence BETC, créateur avec Christophe Caurret de BETC Music et producteur de films publicitaires. La pub moderne regroupe des formes multiples. La musique est un élément clé de ce dispositif." C.C. : "Créateur de BETC Music, producteur de bandes son de films publicitaires."

- Comment imaginez-vous l’évolution de votre activité et plus généralement celle du secteur (ou de la filière) ? 

  F.B. : "Notre activité est à la recherche d’un modèle actuellement encore assez flou avec la multiplication des supports où il devient essentiel de creuser un sillon légitime qui crée la relation entre le consommateur et le produit". C. C. : "Aujourd’hui trop de personnes se revendiquent d’une expertise musiques et marques. Peu sont finalement légitimes, trop sont opportunistes donc j’espère un meilleur éclairage à l’avenir".


Matteo Cargnelutti, Fondateur de ZikCard.com


- Quel est votre parcours personnel en lien avec le secteur de la musique ?

Avant d’être développeur web, j’ai été musicien. Le bac en poche et, ayant fait mes classes sur la scène locale, je me suis lancé dans un projet solo, Mister Alone. Je connais donc la vie de musicien en voie de professionnalisation, et tout ce que cela implique. Les deux autres cofondateurs de ZikCard.com, Patrick et Gwen, m’accompagnaient dans ce projet, eux deux ayant également un parcours dans la musique (Patrick en tant que chroniqueur, Gwen en tant que responsable d’une structure d’accompagnement de groupes). C’est forts de ces expériences que nous sommes à même de comprendre les problèmes que rencontrent les groupes en développement, et c’est ce qui nous motive pour tenter d’y apporter des solutions.

- Pourriez-vous nous présenter votre activité actuelle, en quoi correspond-elle à de nouveaux usages et pratiques ?

Nous avons lancé en septembre 2011 la plateforme ZikCard.com : il s’agit d’un site Internet sur lequel les différents acteurs de musique (musiciens, groupes, associations, collectifs, chroniqueurs, etc.) peuvent créer un profil, sorte de “carte de visite” numérique. ZikCard se distingue des autres plateformes musicales par quelques différences fondamentales, que ce soit sur le plan technique, éthique ou pratique. Tous nos services à destination des musiciens sont gratuits et sans publicité. Nous disposons d’une partie “Actu” dans laquelle nous mettons un point d’honneur à mettre en avant les artistes en développement, ceux dont on ne parle jamais. Notre plateforme est compatible avec les terminaux mobiles, et offre des facilités aux utilisateurs pour communiquer sur ces plateformes (génération de codes 2D, etc.). Nous pensons nos solutions dans l’intérêt des utilisateurs et axons notre travail sur la pédagogie : le format “limité” des profils ZikCard (pas plus de 3 morceaux, 5 photos, etc.) est totalement volontaire, avec pour idée d’aider les groupes à ne mettre en avant que ce dont ils sont fiers, et à maîtriser leur communication.

Nous proposons également des services innovants. C’est le cas de notre outil “Fiches techniques et plans de scène”, qui permet aux artistes de générer dynamiquement leur fiche technique et plan de scène, dans un format pédagogique qui leur permet d’appréhender le langage des techniciens simplement tout en se faisant comprendre. C’est également le cas de notre outil “ZikCard - Tremplins” qui permet aux artistes de s’inscrire à des tremplins directement depuis leur profil ZikCard : ce qui est un gain de temps pour les organisateurs, et pour les artistes, qui même s’ils ne sont pas sélectionnés ou vainqueurs, gardent le bénéfice de leur profil ZikCard. Cette première année, l’association Run Ar Pun’s et les Vieilles Charrues nous ont fait confiance pour la gestion de leurs tremplins.

- Comment imaginez-vous l’évolution de votre activité et plus généralement celle du secteur (ou de la filière) ?

Nous souhaitons développer toujours plus d’outils à destination des artistes et acteurs de musique, tout en gardant notre indépendance et notre éthique.


Marina Quaisse, Chargée de projet numérique, Asso6sons


- Quel est votre parcours personnel en lien avec le secteur de la musique ?

L’apprentissage d’un instrument, du solfège et la pratique collective m’a mené à évoluer dans le secteur de la musique. Ces expériences artistiques m’ont donné l’envie d’aller plus loin et de comprendre l’environnement de l’artiste. Mon parcours personnel a donc influencé mes orientations professionnelles en associant la création et le montage de projets.

- Pourriez-vous nous présenter votre activité actuelle, en quoi correspond-elle à de nouveaux usages et pratiques ?

Je suis chargée du projet numérique – Sonothèque de Haute-Normandie - au sein de l’Asso6sons, collectif de musiques actuelles basé à Bolbec, près du Havre. Le projet est né de la volonté de collecter, sauvegarder et diffuser les œuvres discographiques (musiques actuelles) qui font partie de notre patrimoine régional. La sonothèque c’est une plateforme d’écoute des groupes hauts normands. Ma mission est de numériser les albums, gérer les droits d’auteurs, puis proposer l’écoute intégrale de l’œuvre gratuitement sur la plateforme www.sonotheque-hn.com.

L’inauguration du site a eu lieu lors des journées du patrimoine de 2010. Cette plateforme d’écoute est un outil innovant permettant aux publics de découvrir en ligne les démos, autoproductions et albums. Notre but est de valoriser le patrimoine des musiques actuelles de Haute-Normandie tout en étant tournés vers les groupes actuels. La sonothèque est simple d’utilisation, gratuite et accessible à tous. Ainsi, nous permettons au plus grand nombre de découvrir ou redécouvrir des artistes régionaux, tout en étant tournés vers les nouveaux usages d’écoute de musique sur Internet.

- Comment imaginez-vous l’évolution de votre activité et plus généralement celle du secteur ou de la filière ?

La sonothèque est devenue un espace collaboratif, où l’auditeur peut proposer des albums et des informations que nous n’avons pas encore en base de données. Nous nous sommes rapprochés des médiathèques de la région pour identifier leur fonds local et le numériser. Un travail est d’ailleurs en cours pour croiser le catalogue régional des médiathèques et la sonothèque afin de permettre la valorisation des œuvres. Les offres d’écoute de musique en ligne et les applications mobiles permettent d’écouter simplement, tout de suite et partout de la musique.

C’est ce vers quoi nous développons le projet afin de valoriser notre patrimoine musical. Enfin, les appels à projet du ministère de la Culture ont permis le démarrage de nombreux projets de numérisation comme le nôtre. L’objectif étant de permettre à tous d’accéder aux contenus culturels. Ainsi de nombreuses bibliothèques virtuelles sont en train d’être créées.


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EN QUELQUES CHIFFRES, L’OFFICIEL DE LA MUSIQUE C’EST :

14 entretiens de professionnels présentant de nouveaux usages et services au sein de la filière musicale ou en relation avec elle.

25 000 contacts rattachés à plus de 15 000 activités commentées bénéficiant toutes d’un descriptif complet.

• Un outil facilitant la communication vers les acteurs du secteur en proposant 8 840 e-mails et 7 810 sites web.

• Plus de 80 métiers en situation qui concourent à la diversité et à la richesse du monde de la musique.

RICHESSE ET DIVERSITÉ SE DÉCLINANT COMME SUIT :

1 800 structures travaillant directement dans le secteur de la musique enregistrée dont 900 maisons de disques, distributeurs de musique.

2 550 diffuseurs de spectacles dont 1 060 salles, clubs et cafés-concerts, 480 agents, tourneurs et producteurs de spectacles, 650 festivals et tremplins.

1 900 artistes référencés à leur éditeur, manager, tourneur ou maison de disques.

1 200 médias offrant un large panorama de ce secteur avec entre autres, plus de 130 journalistes spécialisés ayant leur propre fiche, 360 radios locales diffusant régulièrement des émissions musicales, 350 organes de presse papier ou en ligne et l’ensemble des télévisions et radios nationales.

400 structures de promotion et de communication allant des agendas concerts papier ou en ligne, aux activités de crowdfunding, de social gaming, de promotion en ligne ou événementielle, d’attachés de presse free lance ainsi que les salons professionnels en France comme à l’étranger.

930 activités autour de la supervision et de l’édition musicale (270 références), de la ressource, du management et de l’accompagnement. On y retrouve également avocats spécialisés et prestataires administratifs (gestion et traitement des paies, par exemple).

400 structures présentant une revue exhaustive de l’offre en matière de formation professionnelle technique (sécurité, sonorisation, lumières, régie, etc.) et administrative (droits d’auteur, administration/gestion de projets culturels, management, fiscalité, etc.).

645 organismes professionnels et institutions de l’État intervenant dans le domaine de la musique.

>> SE PROCURER L’OFFICIEL DE LA MUSIQUE 2013

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