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Publié le vendredi 19 juin 2009

 
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Kanéka et nouveautés de Nouvelle-Calédonie

Sur son nouveau site, le Pôle d’Export des Musiques et des Arts de Nouvelle Calédonie (Poémart) donne les dernières informations sur l’actualité des musiques de la Grande Terre et des Iles Loyauté.

Il offre aussi un précieux lecteur difusant ces belles musiques si mal connues sous nos cieux. À vous de découvrir tous ces trésors !

Et pour en savoir plus sur le kanéka, la musique qui donne à la Nouvelle Calédonie son identité culturelle profonde et actuelle au XXIe siècle, en voici une brève histoire.

Le nouveau site du Pôle d’Export des Musiques et des Arts de Nouvelle Calédonie (Poémart) vous informe sur toute l’actualité des musiques de la Grande Terre et des Iles Loyauté.

Écoutez la play list spécialement concoctée par nos correspondants :


Kanéka : musique de l’identité néo-calédonienne

En 20 ans, le kanéka s’est imposé comme référent musical de la Nouvelle-Calédonie. Ce genre moderne créé par la jeunesse, irrigué par des traditions autrefois interdites, est d’abord l’affirmation de la culture kanak. Ferment de réconciliation entre communautés hostiles, il a gagné l’intérêt de toute la Mélanésie. Les héros de ce « reggae du Pacifique » , Dick & Hnatr, Edou, Vamaley, Sumaele commencent à débarquer en Europe. Autant d’acteurs de l’Histoire d’un peuple à découvrir en CD, en DVD et sur scène.

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Pour beaucoup d’Européens de France, la Nouvelle-Calédonie est une terre plus ou moins mythique située aux antipodes. Long caillou gorgé de nickel, enfer du bagne pour les Communards de 1870, paradis écolo bordé de lagons bleus : à chacun son fantasme… Or ce qui frappe, après plus de 20h de vol, ayant remonté le temps de dix fuseaux horaires, c’est d’y rencontrer la mémoire vive d’une civilisation millénaire, à des années-lumière des codes européens. Une culture que missionnaires et colons ont cru pouvoir nier d’abord en lui interdisant la pratique musicale. C’était trop vite négliger la force de résistance des Kanak… Vanité que de croire pouvoir faire table rase d’une culture que des sociétés humaines ont élaborée durant des siècles. Ranimant sur des instruments modernes les rythmes et harmonies vocales de l’archipel, le kanéka est devenu l’étendard de l’identité culturelle contemporaine de ce peuple premier de la Mélanésie.

Création politique

« Le kanéka est née d’une volonté de nos leaders politiques », explique Dick Buama , pionniers du genre, élu meilleur artiste de kanéka au concours des Flèches de la musique 2008 pour son album Malamala. Le terme « kanéka » a vu le jour en 1986 lors des Rencontres tradition et création organisées par Jean-Marie Tjibaou . Homme de culture, avant de devenir le chef charismatique des indépendantistes et de créer l’éphémère gouvernement provisoire de la République socialiste de Kanaky en décembre 1984, il a une vision très claire du pouvoir de la musique. Pour lui, si les Kanak veulent exister face aux colons qui les oppriment et s’approprient leurs terres depuis 1853, ils doivent se forger une musique d’aujourd’hui. Ainsi rassemble-t-il quelques jeunes musiciens motivés, en vue de réfléchir à la création d’un genre moderne, puisant dans les riches traditions des danses, chants et rythmes appartenant aux clans qui se partagent les territoires de la Grande-Terre et des îles Loyauté.

Adapter les formes anciennes

Chanteur issu de la Cité mélanésienne de Nouméa, où vivent les ouvriers de l’usine de nickel toute proche, Théo Ménango avance le terme K’n’K (clin d’œil à R’n’R), qui devient kanéka. Dès la fin des années 1980, dans toutes les tribus fleurissent de jeunes groupes organisés en associations. Les guitares acoustiques et les ukulélés s’électrifient. Les synthés se frayent un chemin afin de soutenir la splendide polyphonie des chœurs à plusieurs voix. Certains sont hérités des chants « ae-ae » , dont la mémoire se perd dans la nuit des temps et qui, dit-on, sont « le sourire de l’eau » . Batteries et percussions reproduisent les rythmes fabuleux des danses ancestrales, comme le « pilou » ou le « cap » [prononcer « tchap » ], joués à l’origine sur des instruments faits d’écorces ou de feuilles, des bambous pilonnant ou des tambours à fente. S’il n’y a pas de mot dans les langues kanak pour dire « musique » , une même substance agit danses et chants traditionnels : le « rythme kanak » . Raymond Amman explique : « Dans l’intérieur [de la Grande-Terre] ou sur le littoral, il existe deux éléments principaux : les sensations et les sonorités provoquées par le mouvement continu de l’eau ou de la mer en arrière-fond permanent, et le rythme discret de l’eau jaillissante ou des vagues. Ces éléments sont tous deux partie intégrante de la métaphore du « rythme kanak » . » De ce mystère océanien découle la vague du kanéka.

Du militantisme local à la vision globale

« Dans la langue maré, chanter se dit « yéra » , qui signifie « s’aimer » , » raconte Dick Buama. Ainsi certaines mélodies très douces portent-elles des paroles beaucoup plus engagées qu’il n’y paraît… Dans les années 1990, le mot Kanak « si dévalorisé que les chanteurs mélanésiens eux-mêmes n’osaient pas le placer dans leurs paroles dix ans plus tôt « est devenu l’étendard d’une génération créative et décomplexée. Bwanjep , Guréjélé , Mexem , Vamaley , OK ! Rios , We Ce Ca , tous ces groupes fondateurs du kanéka font la fierté de leurs tribus respectives et rapidement de l’archipel. Élaboré dans la tourmente de la révolte qui, après la tragédie meurtrière de la grotte d’Ouvéa, a trouvé son épilogue en 1988 grâce aux Accords de Matignon, le kanéka est un puissant moteur de réconciliation entre communautés. En quête de leur « destin commun » , les jeunes Calédoniens adhèrent massivement à cette nouvelle musique qui leur ressemble et leur donne l’énergie d’aller de l’avant. Accompagnés par quelques maisons de production dynamiques (Mangrove…), diffusés sur les ondes des radios privées (Radio Djido…) et public (RFO), les artistes rassemblent de plus en plus de monde à leurs concerts et leurs disques se vendent. Si bien que l’onde de choc du kanéka résonne jusqu’aux îles voisines : Vanuatu, Fidji, Salomon, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Tahiti…

Le kanéka vers la maturité

Dans les années 2000, la plupart des grands noms du kanéka s’émancipent des tutelles politiques, sans renier leur engagement. « Je suis un Kanak, je suis un artiste, mais je ne veux pas chanter seulement pour les politiciens, » affirme Dick Buama. Il prend également ses distances avec son groupe, Guréjélé, et se lance en solo, comme d’autres : Edou ex-leader de Mexem ou Gulaam du groupe OK ! Rios. Avec la création fin 2004 de la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de Nouvelle-Calédonie (Sacenc), puis celle du Pôle d’export des musiques et des arts de Nouvelle-Calédonie (Poemart) fin 2007, le secteur des musiques se structure. Il se dote d’une plateforme permettant aux artistes de viser au-delà des circuits du Pacifique et au kanéka de faire entendre enfin sa voie originale et envoûtante.

François Bensignor
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Les actus du CIMT

Festival Rio Loco - Rencontre professionnelle

Jeudi 14 juin 2012, de 14h à 18h, le festival Rio Loco propose une rencontre professionnelle au Centre Occitan des Musiques et Danses Traditionnelles (COMDT) à Toulouse.

Cette rencontre est organisée en partenariat avec la fédération nationale des musiques du monde Zone Franche, le pôle ressource musiques actuelles Avant-Mardi et le COMDT.

Les thèmes de discussion de cette rencontre s’articuleront autour des problématiques et enjeux des musiques du monde, particulièrement celle de la diffusion artistique et l’inter-régionalité.

Afrifestnet : Réseau de Festivals africains

37 festivals de 18 pays ont activement participé au lancement du Réseau Afrifestnet, du 19 au 21 avril 2012 au British Council d’Accra, Ghana.

Ce réseau regroupe 155 membres, issus des cinq grandes régions d’Afrique, représentant des festivals et événements dans le secteur culturel : théâtre, musique, danse, cinéma, patrimoine, littérature, arts plastiques etc.

Pays représentés lors du lancement : Maroc, Ghana, Nigeria, Mali, Sénégal, Togo, Cameroun, Congo Brazzaville, Gabon, Éthiopie, Kenya, Tanzanie, Ouganda, Malawi, Afrique du Sud, Swaziland, Zambie, Zimbabwe.

Le PCI, qu’est-ce que c’est ?

Festival de l’Imaginaire propose deux événement autour du Patrimoine culturel immatériel (PCI).

Dimanche 3 juin 2012, la Maison des Cultures du Monde accueille le premier Forum de chercheurs du PCI. Deux concepts feront l’objet des communications des experts participants à ce premier Forum. Qu’entend-on par “communautés” au sens de la Convention ? Quels sont les critères de définition d’un PCI ?

Jusqu’au 29 juillet 2012 : une exposition multimédia nous entraînant à la découverte des réalités que recouvre la notion de . Installée au Centre français du patrimoine culturel immatériel (CFPCI), établi dans le Prieuré des Bénédictins de la ville de Vitré (35), cette exposition associe photos, vidéos et objets issus des collections de la Maison de la Culture du Monde.

Le film Kreol primé à Montréal

Durant les 10 jours de la 28ème édition du Festival international de cinéma Vues d’Afrique à Montréal, une centaine de films ont été projetés.

Parmi les 13 œuvres récompensées, Kréol de Frédérique Menant a remporté le Prix du public dans la section Musicafrica, consacrée aux films musicaux.

Il accompagne le musi­cien capver­dien Mario Lucio à travers l’enregistrement de son album, réalisé dans des lieux symboliques de l’ancienne route des esclaves, où il rencontre d’autres musiciens prestigieux.

Sattriya : danse indienne

Du 18 au 22 juin et du 2 au 6 juillet 2012, La Ferme du Bonheur à Nanterre (92) organise deux stages de sattriya, danse sacrée de l’Assam, au Nord-Est de l’Inde, la moins connue des huit principales formes de danse classique indienne.

Ce stage se déroule parallèlement à la venue des moines danseurs de Majuli, qui se produiront à l’Auditorium du Musée Guimet les 15 et 16 juin. C’est Bhabananda Barbayan, figure parmi les danseurs les plus primés dans sa discipline, qui dirigera le stage.

Regards Croisés sur les Musiques Traditionnelles

Le 29 mai 2012 à Quettehou (50), en amont du festival Les traversées Tatihou consacré aux musiques traditionnelles du large, le département de la Manche propose une journée professionnelle ouverte à tous.

Autour de la thématique Musiques et danses traditionnelles : enseignement et transmission , cette journée d’échanges et de débats sera l’occasion de dresser un état des lieux de l’enseignement des musiques traditionnelles aujourd’hui, au plan local et national.

Elle permettra aussi de mettre en avant les pratiques d’aujourd’hui, entre tradition et modernité, tout en questionnant l’avenir.

Alan Stivell et la musique celtique : le film

Diffusion sur France 3, ainsi qu’en plein air gratuitement le 24 mai à Paris (14e) de Au delà des frontières, Stivell , premier film retraçant la carrière du harpeur chanteur breton.

Parmi les principaux artisans du renouveau des musiques celtiques et de leur succès, Alan Stivell n’a cessé d’œuvrer à promouvoir les langues et les valeurs culturelles partagées dans le monde celte.

Retraçant les étapes de son parcours musical, le film évoque cinq décennies d’un engagement qui a contribué à redonner toute sa valeur à la culture bretonne.

Devenir professeur de musiques traditionnelles

Jusqu’au 2 juillet, les inscriptions au cursus de musiciens enseignants sont ouvertes auprès du Cefedem Rhône-Alpes, qui organise une formation au Diplôme d’État (DE) sur deux ans.

Une même promotion réunit des étudiants pratiquant diverses esthétiques musicales, la formation, qui s’organise principalement sous forme de projet, étant fondée sur la création et la recherche.

Les épreuves d’admission sont accessibles aux titulaires d’un baccalauréat et d’un Diplôme d’Études Musicales de Conservatoire.

Diplôme national supérieur professionnel de musicien (DNSPM)

Jusqu’au 15 mai 2012, les dossiers d’inscription des étudiants souhaitant s’orienter vers des formations diplômantes supérieures en musiques traditionnelles des aires culturelles francophones et occitanophones, peuvent être déposés au Centre d’études supérieures musique et danse (CESMD) de Poitou-Charentes.

L’entrée dans la formation au Diplôme national supérieur professionnel de musicien (DNSPM) est soumise à la réussite d’un concours, dont les épreuves écrites auront lieu le 8 juin et les épreuves orales entre le 02 et le 06 juillet.

Les Enfants du Folk

Le 19 Mai 2012, à Savigny-le-Temple, l’Espace Prévert — Scène du Monde propose la 4e édition de son festival consacré aux musiques folk et à la danse en bal.

Tout au long de cette journée de convivialité, le beau site de la ferme briarde du Coulevrais accueille les publics de danseurs, curieux et amateurs dans trois espaces : le parquet pour les musiques à danser, le pub pour les musiques à ouïr et la cour pour la fête.

Un rendez-vous devenu rare pour les musiques traditionnelles et Ile-de-France.

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