Isabelle Dacheux : "EditA, c’est la fête de la création !"

Edition musicale

Du 6 au 7 mai, le Carreau du Temple à Paris accueille la première édition d’EditA, salon dédié à l’édition musicale, initié par Eifeil. Sa présidente, Isabelle Dacheux, présente cet événement, qui met à l’honneur un métier méconnu mais essentiel à la pérennisation des œuvres et à l’avenir de leurs créateurs.

- EditA, qu’est-ce que c’est ?

EditA, c’est la fête de la création ! Un événement en l’honneur de l’édition et du métier d’éditeur. C’est à la fois un salon professionnel et un événement de sensibilisation du grand public, gratuit, ouvert à tous, qui ambitionne de toucher tous les âges et tous les usages. C’est aussi une continuité logique du travail mené par Eifeil sur la mutualisation des outils au service des éditeurs indépendants. EditA, c’est le condensé de tout ce que l’on fait depuis 2011.

- Pourquoi un salon dédié à l’édition musicale ?

La première grande raison, c’est que cela n’existait pas. A l’heure où se jouent des choses importantes pour le droit d’auteur, il est essentiel de mettre en lumière le métier d’éditeur. Il y a beaucoup de fantasmes et de contre vérités qui sont affirmées en ce moment, il était donc important pour nous de contribuer à rétablir certaines vérités. EditA est un moment de mobilisation essentiel autour du métier d’éditeur et des ses problématiques.

Le métier d’éditeur est un métier à part entière, c’est même le plus vieux métier du monde de la musique, et c’est le moins connu. Il y a aujourd’hui de plus en plus de labels qui utilisent l’édition musicale comme une simple source de revenus pour palier à la chute des ventes de disques. Les artistes sont obligés de céder leurs éditions aux maisons de disques, qui s’en servent pour boucler des budgets d’enregistrement ou de promotion. Le salon EditA a donc vocation à valoriser le métier d’éditeur, dans sa diversité et sa multiplicité, et à accompagner les nouveaux arrivants sur le marché. Nous sommes de plus en plus d’éditeurs indépendants à être inscrits à la Sacem. Nous sommes près de 4 000, alors qu’il n’y a que 3 majors.

- Que trouve-t-on au programme de ce salon ?

Nous avons tout axé sur les débats, les ateliers et les master class. Tous les aspects sont abordés : financement de la création, numérique, problématiques métier… On y retrouvera des institutionnels (la Sacem, le FCM…), des médias (Haut parleur, Francos Fans…), et bien évidemment des professionnels, qui en plus d’un stand sur le salon, sont invités à faire des ateliers, pour présenter leurs outils ou leur activité. Il y aura en plus des stands de vente de vinyles et de partitions. Paul Beuscher proposera une large sélection de pop rock et variétés, mais aussi des méthodes d’apprentissage. Et les artistes pourront venir y rencontrer des éditeurs.

Nous allons lancer la première librairie en ligne dédiée à la découverte d’artistes et au droit graphique. Il y aura donc une démonstration de cet outil que nous allons développer pour les éditeurs : chaque œuvre aura une fiche, avec la partition, le texte, son histoire… C’est un outil que nous mettrons à disposition des éditeurs, parce que le droit graphique revient en force. Les textes des chansons ont toujours intéressé le public, et la partie image prend aujourd’hui beaucoup d’importance. Ce salon illustre aussi l’évolution de notre métier. Nous ne sommes plus uniquement, comme le veut la formule consacrée, des managers de l’œuvre, nous sommes aussi désormais des managers d’artistes. Nous sommes présents avant même le premier album, et trouvons les partenaires professionnels.

- Vous lancez également à cette occasion le premier prix lycéen de la création.

L’idée est de sensibiliser les lycéens au fait que derrière une chanson, il y a des personnes, des professionnels qui travaillent : créateurs, éditeurs, réalisateurs… Pour la première année, les classes participantes de Paca, Rhône-Alpes et d’Ile-de-France devront établir une liste des 10 chansons qu’ils préfèrent. Parmi ces listes, les 5 œuvres qui sont le plus citées seront sélectionnées pour ensuite choisir un auteur, un compositeur, éditeur, un réalisateur lauréats.

- Cet événement a-t-il vocation à se pérenniser ?

La Région Ile-de-France et la Ville de Paris nous ont déjà assuré de la reconduction de leur soutien pour l’année prochaine. Le Carreau du temple nous a mis dans les meilleures dispositions pour accueillir l’événement. C’est un lieu central, qui attire une population large et variée. Et la mairie du IIIe arrondissement est ravie de nous accueillir. Nous serons donc là l’année prochaine !


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Publié le 4 mai 2015

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