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Publié le vendredi 21 septembre 2012
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Le tribunal de police de Belfort a condamné un homme à 150 euros d’amende pour téléchargement illégal. Une victoire judiciaire précieuse pour l’Hadopi, alors que son efficacité est fortement remise en cause par le gouvernement.
C’est une première. Jeudi dernier, un homme a été condamné par le tribunal de police de Belfort à 150 euros d’amende pour téléchargement illégal de musique. Cet internaute encourait jusqu’à 1 500 euros d’amende pour avoir téléchargé des morceaux de Rihanna. Le substitut du procureur avait requis 300 euros. Le délit retenu est celui de "négligence caractérisée", l’intéressé ayant "reconnu les faits de non respect de son obligation de sécurisation, en précisant que c’était sa femme qui téléchargeait" selon la Haute autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet (Hadopi).
Cette première condamnation est une victoire judiciaire précieuse pour l’Hadopi, alors que le rôle et l’efficacité de celle-ci a fortement été remise en cause par la ministre de la Culture et de la Communication Aurélie Filippetti, qui a d’ores et déjà annoncé une réduction de son budget pour 2013. D’ailleurs, l’ancien patron de Canal + et homme de télévision Pierre Lescure s’est vu confier une mission dont l’un des objectifs est de réfléchir à l’avenir de l’Hadopi. Cette mission sera d’’ailleurs officiellement présentée lors d’un point presse de la ministre mardi 25 septembre.
Les réactions à cette première condamnation sont mitigées. Pour Aurélie Filippetti, "il y a peut-être une légère disproportion entre les moyens énormes qui ont été déployés pour Hadopi, tout le débat qui a présidé à la constitution de cette autorité, et le résultat concret". Pour David El Sayegh, directeur général du Snep, cité par Gildas Lefeuvre (GL Connection), c’est "la preuve que le système fonctionne et qu’on a une sanction proportionnée". Et d’ajouter : avec 150 euros, l’internaute "aurait pu s’abonner à Deezer ou Spotify et bénéficier de 10 millions de titres pendant deux ans".
A peine le dixième anniversaire d’Itunes vient-il de sonner que déjà le streaming devient la nouvelle coqueluche des marchés. Spotify, Deezer, Rdio et quantité d’autres, ont ouvert de nouvelles perspectives au business de la musique en ligne. Le développement rapide des plateformes de streaming à l’international, sur des marchés émergents en forte croissance ou jusque là inexistants, excite les convoitises. Cela suffit-il à expliquer les volontés de Google, Amazon, Apple et Microsoft à se lancer dans la bataille ? A quelles stratégies répondent leurs manœuvres ?
L’arrivée programmée des géants du web sur le marché du streaming représente-t-elle une opportunité ou une menace pour les entreprises déjà implantées ? Vont-ils provoquer un effet de levier pour développer la consommation légale de musique en streaming ? Quels sont alors les moyens de se différencier ? L’avis de :
Simon Baldeyrou, directeur général de Deezer
Denis Ladegaillerie, président fondateur de Believe
Yves Riesel, fondateur de Qobuz (à venir)