France/Allemagne/Angleterre : la musique enregistrée face au numérique

Publié le mercredi 19 octobre 2016

Musique enregistrée

Le Snep organisait au MaMA une conférence réunissant BPI (Royaume-Uni) et BVMI (Allemagne) pour une comparaison de ces trois marchés européens de la musique enregistrée, et la façon dont ils font face aux mutations d’usage induites par le numérique.

Guillaume Leblanc (Snep), Geoff Taylor (BPI-Royaume-Uni) et Florian Drücke (BVMI-Allemagne) se sont donc retrouvés au Trianon lors de ce MaMA, pour présenter une étude croisée sur les trois premiers marchés européens et leur manière respective de s’adapter aux mutations des usages induites par le numérique.


Des marchés tirés par le streaming


Au premier semestre 2016, le marché allemand de la musique enregistrée était en hausse de 3,6%, pour un chiffre d’affaires global de 719 millions d’euros. Outre-Rhin, le physique représente toujours 60,4% du marché global, et le numérique 39,6%.

Du côté du marché britannique, les ventes physiques se maintiennent, la baisse de 3,9% des ventes de CD en 2015 a été la plus faible depuis 10 ans. Les ventes vinyles ont augmenté de près de 60%. Le streaming fait figure de levier de croissance de la consommation et du chiffre d’affaires. Au premier semestre 2016, il est devenu la première source de revenu et le volume de streams depuis le début de l’année a progressé de 78%. Une situation que Geoff Taylor exprimait ainsi lors de la conférence au MaMA : "l’industrie musicale britannique est désormais leader dans la révolution numérique. Nous avons fait énormément de chemin en 10 ans".


Mutation numérique en cours


Tout d’abord, l’on constate le haut taux d’équipement en supports connectés et haut débit, notamment en smartphone : 84% de la population en France teen Allemagne et 99% au Royaume-Uni. Et 48% consomment du streaming musique via mobile en France, contre 52% en Allemagne et 55% au Royaume-Uni.

Sur ces trois marchés, le streaming affiche une croissance exponentielle depuis 2011. Au premier semestre 2016, l’Allemagne affiche un +88%, le Royaume-Uni +65% et la France +44%. Mais ces trois pays restent loin derrière l’Europe du Nord, et notamment la Suède, la Norvège et le Danemark, qui ont presque totalement achevé leur transition vers le streaming.

Du côté du streaming vidéo, plus de la moitié des consommateurs français, britanniques et allemands l’utilisent pour écouter de la musique, mais c’est en France qu’il est le plus utilisé,loin devant le streaming audio, le téléchargement et les services illégaux. En Allemagne, le téléchargement fait quasi jeu égal avec le streaming vidéo, et au Royaume-Uni, c’est le download qui est en tête, devant le streaming.


Value gap : une question partagée


Réunis sur scène au Trianon, les trois représentants de producteurs ont abordé la question du value gap. Pour Florian Drücke "cette question est un enjeu européen, et même mondial" , rappelant la place désormais centrale du streaming vidéo dans la consommation de musique, en premier lieu via YouTube. Geoff Taylor a également abordé la question du stream ripping, une menace "proche du téléchargement" . Pour illustrer ce value gap, l’estimation du revenu annuel par utilisateur est de 18 dollars sur Spotify et de 1 dollar sur YouTube.


MaMA 2016 – COMMENT LES 3 PREMIERS MARCHES EUROPEENS DE LA MUSIQUE S’ADAPTENT-ILS A LA MUTATION DES USAGES ?



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