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Article mis à jour le jeudi 16 septembre 2010
Article créé le mardi 2 juin 2009

 
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Interviews

Et vogue la galène* !

Plusieurs personnalités de la radio s’expriment sur l’évolution de ce média et de son public. Quelques questions au journaliste Rémi Bouton, au délégué général de Iastar Romain Aparicio, au Directeur général des programmes de Skyrock Laurent Bouneau, et à Eric Hauville, DG du label Pschent, fondateur de Maxximum et ancien membre du réseau normand RVS.

*La Galène est un minerai de plomb qui est l’élément indispensable aux postes à galène, premiers récepteurs de conception simple et bon marché, populaires dès les années 20 et encore plus pendant la Seconde Guerre mondiale grâce à la diffusion de messages entre Londres et la résistance.

Rémi Bouton
Journaliste indépendant, auteur des chroniques quotidiennes sur la vie des médias à Ouï FM et collaborateur pour de nombreux magazines professionnels. Également chargé de mission des Etats Généraux du disque et ancien directeur de la communication/promotion et des nouveaux médias de Naïve.

Quel est votre regard sur l’évolution du paysage radiophonique depuis l’époque des radios pirates ?
N’oublions pas qu’avant 1981, on ne parlait pas de radios de service public mais de monopole de radiodiffusion. En FM, il n’y avait que France Inter, Fip (à Paris) France Culture et France Musiques. Ces radios cessaient leurs émissions à minuit (21h pour Fip) en diffusant la Marseillaise (si si). Dans la nuit, la FM était une immense friche… Un terrain de jeu à conquérir. Certains l’ont fait…
Et puis il y avait les grandes ondes, 2 stations généralistes de plus à Paris : Europe 1 et RTL, (et RMC pour le sud- et les ondes courtes, à peu près inaudibles quand il s’agit de musique). Finalement, toutes ces stations n’ont pas beaucoup évolué depuis 35 ans. RMC a changé de format, c’est tout. Les autres servent à peu près la même recette. Les vrais changements sont ailleurs : la disparition (ou quasi) des grandes ondes et des ondes courtes et l’émergence en FM de nombreuses radios. Certes les grandes ondes ont permis l’existence de radios qui n’étaient pas inféodées au monopole des télécommunications. Ces radios, dites périphériques car elles émettaient à la périphérie du territoire pour échapper au monopole, avaient sans doute une programmation musicale plus populaire, une stratégie de séduction du public et de conquête d’audience, comme on la connait encore aujourd’hui.
Les radios pirates, puis libres avant d’être autorisées par la Haute Autorité de l’Audiovisuel ont apporté un souffle nouveau.
Politique d’abord, car les radios pirates s’inscrivaient dans les mouvements contestataires, gauchistes, écologistes. Avant 1979, ces radios n’ont pas vraiment apporté de révolution musicale (à la manière d’une radio Caroline). Elles ont d’abord été un acte militant, politique. Reste, que la musique diffusée sur leurs ondes n’était que trop peu diffusée ailleurs : chanteurs de gauche engagés genre François Béranger ou Leo Ferré, humour libertaire (Font et Val), vieux standards pop (Hendrix, Floyd) et nouveaux courants reggae.
Et au vu des risques encourus à diffuser en pirate, il y avait peu de musique mais plus de politique. Au tout début de 1980, quand il est apparu évident que le monopole allait sauter, on a commencé à parler de radios libres, et celles-ci ont diffusé plus de musique. Il n’y avait pas de choix de programmateurs, mais des animateurs, ou le choix du public qui venait en studio en apportant ses propres disques. La volonté était de diffuser de tout, de tout expérimenter. Avec une recherche de plus grand eclectisme. La diversité également était dans les stations qui se sont créées à l’époque, et surtout à partir du 10 mai 1981.
Evidemment, à l’école de la FM américaine, d’autres radios comme RFM ou NRJ ont imposé un style plus formaté, tubes, gold, recurrent, tube, etc. Mais là , on ne parle plus de radios pirates mais d’entrepreneur qui ont saisi l’opportunité de l’ouverture du monopole, et qui n’ont commencé à émettre qu’après le 10 mai. De là , on avait finalement deux grandes écoles, les commerciales, et les associatives. C’est encore la cas aujourd’hui, l’esprit pionnier en moins. Tout comme les commerciales, les radios associatives se sont installées dans leurs habitudes, certaines sont toujours dirigées par ceux qui étaient aux commande en 1981, c’est dire si ce media ne s’est pas suffisamment renouvelé.
Après 1981, toutes les expériences musicales ont été faites. J’ai l’impression que l’expérimentation n’est plus de mise aujourd’hui, même sur les radios associatives.
Au début des années 80, nous avons émis en quadriphonie, sur 2 emetteurs stéréo, une émission à écouter avec 2 postes. Nous avons branché un répondeur téléphonique en direct sur un émetteur, faisant la première radio automatique de l’histoire : tu téléphones et tu es sur l’antenne pour 4 minutes, le temps de raconter un truc ou de diffuser un morceau de musique via ton téléphone (Le son n’est pas génial, mais pas pire qu’en grandes ondes…), personne n’est dans le studio. Nous avons utilisés les premiers apple 2 et autres Commodore 64 et transmis des logiciels sur la FM. Nous avons branché un juke box à 45 tours sur un serveur minitel à un bout, sur l’émetteur FM à l’autre permetant aux gens de choisir sur leur minitel le titre, diffusé automatiquement sur la FM. Si Internet nous avait été accessible, nous l’aurions branché sur la FM, c’est sûr.

Plus précisément, comment le public des radios a-t-il changé ?
Un changement majeur, c’est l’implication du public. A l’époque des radios libres, l’auditeur était engagé lui aussi, et actif. Il accueillait la radio chez lui, il faisait des émissions, apportait des disques, prêtait son toit pour y installer une antenne, ou son téléphone pour faire standard et nous permettre de garder l’anonymat. Il s’impliquait dans la vie économique, technique, politique, esthétique de la radio.
L’auditeur surfait sur la FM à la recherche de nouvelles stations, il scannait la bande plusieurs fois par jour à la recherche de nouvelles émissions. Puis sont arrivée les stations préréglées, les radios plus formatée, et l’auditeur est devenu un pur consommateur, passif.
Dans la période de l’explosion post radios pirates, de nombreux auditeurs faisaient eux mêmes des émissions, on était dans la FM 2.0. Les autres se racontaient au téléphone, et faisaient eux aussi le programme.
Côté musique, il y eu une vraie rupture car les 3 grâces des grandes ondes (RTL, Europe 1 et France Inter) ne faisaient plus la loi. De nombreux artistes ont emergé avec la FM. Les maisons de disques ont vite compris qu’il fallait faire avec. Elles ont monté des départements promo ad hoc, innondé les radios de maxi 45t. Des artistes qui étaient au top à la fin des années 70 ont totalement disparu. Le top 50, arrivé sur Canal+ en 1984 et basé sur les ventes réelles a également été un outil qui a permis d’en finir avec Mireille Mathieu et quelques autres (je n’ai rien contre eux, mais le monde change et la FM a permis d’accelérer le renouvellement). Mais très vite, la situation s’est consolidée. EN 1986, on ne parlait plus du tout de radio libre, mais de réseaux FM ou de radios locales privées. Certes, certaines associatives à l’image des radios du Rock 30 ont su se fédérer au sein de la Ferarock, au début des années 90, mais la plupart des fréquences sont devenues commerciales avec comme seul atout, pour faire de l’audience, de passer de la bonne musique. Les outils de programmations sont apparus à la même époque, comme Selector, afin de mettre en place des rotations, des feuilles de style, puis la recherche musicale.

… et comment les programmations musicales radiophoniques se sont-elles adaptées ?
La programmation musicale est devenue très technique. Du choix de l’animateur, on est passé au choix de la radio, selon sa couleur, avec une vraie politique de programmation qui était celle d’un directeur. Les animateurs ne pouvaient passer leurs titres. Les directeurs de programmation ont été stars dans les années 90, couverts de cadeaux par les maisons de disques qui cherchaient à faire entrer leurs titres.
A cette époque, il était inimaginable de breaker un artiste sans passer par les FM. Mais tout doucement, les directeurs programmateurs ont perdu le pouvoir face au "progrès". La recherche musicale et son cortège d’étude ont enfermé les radios dans des play list composées au chausse pied. Plus de place pour le coup de coeur ou la prise de risque. L’auditeur doit reconnaître sa station dès les premières secondes… La radio n’est même plus un média qui propose au public ses choix éditoriaux, c’est un robinet à musique délivrée dans le format spécifié après consultation d’un échantillion représentatif du public que vous cherchez à conquérir, ou à sauvegarder.
Impossible de faire entrer un titre hors format, difficile de faire entrer un titre que le public n’a pas déjà entendu ailleurs, sauf si la marque de l’artiste correspond tout à fait à la couleur de la radio. La FM commerciale n’est plus un outil de découverte.
Et finalement, ces anciennes radios du monopople qui n’étaient que la voix de la France, aux ordre du ministère de l’Information, sont devenues, trente cinq ans plus tard, des espaces de liberté car libérés des contraintes financières, grâce aux pouvoirs publics, et des contraintes politiques, grâce aux radios privées.
Une radio généraliste, comme RTL, qui ne fonde pas sa ligne éditoriale sur la musique peut elle aussi se permettre quelques prises de risques. Pour les autres, les FM musicales, les jours sont comptés…
Evidemment, certaines radios associatives ou spécialisées se permettent encore des écarts, encore de la découverte, mais essayez de faire entrer un jeune groupe de rock français sur Ouï FM, ce n’est pas gagné, sauf si ce même groupe explose déjà sur MySpace…
Aujourd’hui, il faut être un peu fou pour être accro à une FM musicale. Le net permet plus de diversité, plus de liberté, plus d’interactivité. La radio musicale est sans doute un média en voie de disparition.


Romain Aparicio
Délégué général de Iastar (International Association of Student Television and Radio)

Que connaissez-vous du public de votre radio ?
La meilleure connaissance qui soit : nous vivons avec nos auditeurs. Les radios campus sont des stations locales en prise directe avec leur environnement urbain : plateaux de direct dans les lieux de diffusion culturelle de la ville, présence dans les lieux de vie étudiante, associations locales, … les plus accros peuvent même passer de l’autre côté du micro et rejoindre l’équipe de la radio campus. Ils sont en quelque sorte des "leaders d’opinion" d’une classe d’âge.
Les enquêtes que nous menons localement auprès de l’auditoire jeune et étudiant, nous placent souvent comme la première radio locale et quasiment toujours dans le quinté. Nous nous apercevons par exemple que sur la population étudiante, une moitié suit le "mainstream" et écoute avant tout NRJ ou Skyrock,…. L’autre moité, plus curieuse, privilégie la découverte, l’apprentissage et se regroupent sur des médias privilégiant la profondeur du contenu au simple accompagnement.
Les enquêtes commandées à médiamétrie, par certaines radios étudiantes, nous révèlent des éléments précieux. Les radios campus parlent également à des publics plus âgés que la population étudiante. Reste à savoir, si ce sont les anciens auditeurs qui nous sont restés fidèles ou si ce sont simplement des auditeurs empreints d’une ligne éditoriale attachée à la création musicale et à l’expression artistique et culturelle.
Il est certain que la musique joue un rôle très important car elle rassemble la jeunesse et la différencie aussi fortement socialement.

Depuis 10 ans, le public des radios musicales a-t-il changé ?
Pour nos stations, pas vraiment. Le public se renouvelle très naturellement compte tenu du turn-over fort qui caractérise nos équipes et de la proximité avec nos auditeurs.
En revanche, le type d’écoute a très fortement évolué sous l’effet du mistral numérique puissant et de l’internet. Les "sources" se sont multipliées pour les auditeurs et les jeunes butinent d’un média à l’autre. C’est une vraie chance pour nous, car nous avons investi l’internet depuis longtemps et qu’il complète de superbe manière les possibilités du "mass média" radio originel.
Aussi, nous conservons les qualités et les avantages de ce dernier et de la "marque", tout en permettant à nos auditeurs le podcast, l’interaction, l’image, la vidéo, la diffusion en direct d’un évènement, les réseaux sociaux… Ces pratiques évoluent désormais à une vitesse fulgurante : internet, téléphonie et radio numérique continueront à révolutionner rapidement les usages. L’auditeur est désormais attiré ou "capté" par le contenu plutôt que par l’accompagnement proposé par la radio. Pour conserver son auditoire, ce média doit lui garantir l’appartenance à un groupe social. La grande bataille est donc engagée.

Selon vous, comment les programmations musicales radiophoniques ont-elles changé depuis 10 ans ?
L’observatoire de la musique recueille, depuis 6 ans, l’ensemble des données de programmation d’une trentaine de radios françaises, représentant un très grande majorité du spectre radiophonique. Les résultats indiquent une tendance lourde depuis 10 ans : la concentration de la programmation musicale. Les radios proposent moins de titres et plus de rotations de ces mêmes titres. De mémoire, 3% des titres diffusés représentent 75% du volume de programmation totale. C’est impressionant.
La durée d’écoute baisse et la concurrence s’accroît. Les radios commerciales ont donc concentré leurs programmations, réduisant ainsi le risque de la découverte et de la diversité, pas forcément porteuses d’audience. Elles cherchaient également à accrocher leurs auditeurs sur les tubes du moment.
Ainsi, celui qui se connecte en journée est sûr d’entendre "son morceau" dans les deux heures qui viennent. Les sites de stream comme Deezer, récemment plébiscités, impactent significativement ces stations.
De notre côté, les changements sont provoqués par le volume croissant de créations. Cette évolution nous oblige à structurer nos grilles de programmes pour permettre une identité musicale variée et une approche "spécialisée" favorisant la présentation en profondeur d’un genre musical. Il s’agit de rassembler sur une même antenne des "communautés musicales" différentes. Rock, électro, jazz, du monde, … les musiques trinquent sur nos antennes, sans mettre à terre, l’une ou l’autre de ces catégories.
Les capacités nouvelles, offertes par le coût décroissant de la transmission numérique, nous ont permis de nous rendre au coeur de l’évènement ou de le créer sur nos antennes. L’évènement musical est donc prisé : les concerts, les festivals, … Chaque radio campus du territoire peut être en direct des Nuits Sonores de Lyon ou du World Wide Festival de Sète. Cette pratique s’est généralisée dans notre réseau. Les radios étudiantes complètent d’ailleurs leurs programmations radiophoniques en organisant elles-mêmes concerts et festivals. Il s’agit de la programmation d’un moment unique, qui ne se repétera pas à l’antenne.
De quoi régler son récepteur radio numérique sur campus et d’enregistrer en page d’accueil de son navigateur, le site de sa radio préférée !!! …


Laurent Bouneau
Directeur général des programmes de Skyrock

Quelle connaissance avez-vous des publics de Skyrock ?
Les connaissances que nous avons du public de Skyrock se font à travers d’études d’audience que nous recevons tous les 3 mois via Médiamétrie qui nous indiquent le sexe, l’âge, le niveau d’instruction, la profession, la taille du foyer et le lieu d’habitation.
Par ailleurs, nous développons une recherche en interne qui nous permet de mieux cerner les goûts musicaux et les appréciations du programme et nous tenons compte également du retour des auditeurs via SMS, mails et appels téléphoniques.

Depuis 10 ans, le public des radios musicales a-t-il changé ?
Sans aller jusqu’à 10 ans, on peut constater que depuis 3 ans, on assiste à une lente érosion de l’audience radio.
Elle touche en priorité les radios musicales qui ont vu leurs audiences baisser de 44.2 % à 41.3 % dans le même temps, les généralistes ont progressé de 37.6 % à 38.3 % alors que les radios locales restaient relativement stables de 19.3 % à 19.1 %.
La baisse des radios musicales touche l’ensemble des tranches d’âge à l’exception des plus de 75 ans.

Selon vous, comment les programmations musicales radiophoniques ont-elles évolué depuis 10 ans ?
Il y a 3 grandes étapes dans la manière de concevoir les programmes.
1ère étape : les radios généralistes dont la finalité était dans un premier temps avant l’arrivée de la FM que chaque public et chaque tranche d’âge ait son programme en fonction du moment de la journée.
2ème étape : Quand les radios musicales sont apparues avec l’avènement de la FM, les programmes des radios généralistes de fin d’après-midi destinées à une audience plus jeunes sont devenus des radios (Salut les copains « NRJ) 3ème étape : A chacun sa musique. Une segmentation de l’offre musicale. Le premier réseau musicale à se segmenter est Skyrock en 1996 avec le rap et le r’n’b. Suivront Fun avec la dance et Virgin radio avec le rock.
En sachant que parallèlement à cela les radios 100 % musicales sont devenues à dominante musicale avec des talks le matin et le soir.
On a redonné une dimension parlée aux radios musicales.


Eric Hauville
PDG de Pschent Music, ancien membre du réseau normand RVS et fondateur de Maxximum.

Quelles sont les grandes tendances qui caractérisent l’évolution du paysage radiophonique depuis plusieurs dizaines d’années ?
Si on remonte au début de la FM, on peut dire que de 81 à 84 (l’arrivée de la pub) on a vécu dans un grand labo musical. La première radio qui avait une vision du format était RFM, au niveau des rotations, du choix des titres, etc. mais tout ça fonctionnait encore de façon artisanale.
En 88-89, des méthodes de marketing actif ont été utilisées. Avec Maxximum on a été parmi les premiers à les utiliser (comme le call out : l’appel téléphonique aux auditeurs utilisé pour vérifier et ajuster une programmation de manière offensive). Beaucoup de radios ont mis du temps pour comprendre que la fiabilité de ces méthodes étaient relatives : il faut quand même à un titre un passage d’une centaine de fois pour l’avoir dans l’oreille.
Avant, la programmation était manuelle, on choisissait ses titres et on les passait, mais avec le logiciel Selector qui permet d’identifier les titres en multicritères, on a pu éviter la répétitivité.
Autre méthode initiée par le marketing, le développement de l’Auditorium : une salle où l’on peut faire écouter quelques titres à une centaine de personnes pour vérifier qu’un titre plaît à un public spécifique. Ces méthodes ont leurs limites : elles n’incitent pas les radios à la nouveauté… hormis quelques radios qui comme Nova n’utilisent pas ces calls out…
Reste que ces méthodes ont provoqué un immobilisme. Les radios se retrouvent désormais dans un attentisme par rapport à NRJ (« ça teste ou pas »), et les présélections du CSA pour la RNT sont un rdv raté pour redynamiser tout ça… Il n’y a pas eu de changement majeur dans les radios depuis la modification de format de Skyrock il y a une bonne dizaine d’années…. L’avenir de la radio est bien plus dans le web…
Les régies ont pris le pouvoir avec l’arrivée de la pub. Les résultats d’audience sont analysés par des régies qui ont trop souvent la main sur les programmations : le directeur des programmes est incité à suivre l’avis du commercial… Et c’est pire dans les radios musicales.
Ce n’est pas un hasard si on trouve beaucoup plus de fraicheur dans la programmation sur le service public : il n’y a pas cette pression régulière liée au chiffre d’affaires.
Les quotas sont un bienfait sur le principe, mais ils ne devraient pas être les mêmes pour tout le monde… imposer 40 % de chansons françaises à des radios comme latina ou FG, c’est absurde… A l’opposé, beaucoup de productions françaises en langue anglaise ont du mal à trouver leur place sur les radios françaises.
L’arrivée du Talk sur les radios jeunes a aussi contribué au rétrecissement des playlists : les radios jeunes parlent de plus en plus…
En tant que producteur de musique, le dialogue avec les radios est très difficile.

Plus précisément, le public des radios musicales a-t-il changé ?
CCe que je sais, c’est que le cœur de cible vieillissant entraîne un reformatage des radios par rapport à leurs publics… Les auditeurs au fil des années zappent de plus en plus : ils écoutent plus de radios moins longtemps.

Comment les programmations musicales radiophoniques se sont-elles adaptées ?
IIl n’y a plus de titres longs : la radio est plus nerveuse qu’avant (durée maximale d’un titre : 3 minutes, 3 minutes trente, adieu la découverte de groupes comme Pink Floyd).
La pub peut faire fuir l’auditeur ? le stratagème des radios consiste alors à annoncer 20 minutes de musique sans pub ou à utiliser des méthodes (coming up /coming soon) pour garder l’auditeur (à une époque, pour respecter les quotas, on a même vu apparaître des titres de 40 secondes en français).
Il y a eu une époque où les radios ont cherché à se différencier… mais plus maintenant, à cause d’un public ciblé similaire, hormis quelques radios très marquées (Sky avec son public urbain…).
Le problème est le même pour les télés qui passent des titres. L’impression que l’on en retire est celle d’un conformisme ambiant où la ligne de démarcation est très floue.
Les animateurs n’en sont plus, hormis dans les matinales… et concernant l’habillage sonore, on est passé du jingle au liner : cette voix off qui se pose sur l’enchaînement de 2 titres.
Les radios utilisent toutes à outrance des compresseurs, des limiteurs pour donner une impression de dynamisme, c’est dommage pour la musique…
Je retrouve bien plus la fraîcheur de la radio sur le web que sur le réseau hertzien.


Entretiens recueillis par Mathias Milliard et Jean-Noà« l Bigotti
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