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Article mis à jour le vendredi 10 septembre 2010
Article créé le mercredi 5 décembre 2007
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1) Une grande part de votre clientèle est constituée de DJs. Les logiciels comme Serato ou Final Scratch ont-ils eu une incidence sur les ventes de votre magasin ?
Oui cela a sans doute eu une incidence, mais il y a un autre problème qui est la VPC sur internet avec une concurrence déloyale.
Ce qui explique cette concurrence déloyale, ce sont les vendeurs au black, ainsi que les vendeurs étrangers qui n’ont pas des TVA à 19.6 % notamment pour les produits neufs.
Pour revenir à Serato ; Serato est un reflet de la société. C’est le « Mac do » de la musique : à la fois pas cher et minable au niveau de la qualité de son.
Serato, c’est aussi avoir plein de morceaux. Je crois que beaucoup n’ont pas compris les dégats de cet outil.
L’idée est bonne en tout cas. Peut-être qu’il y aura un Serato un jour avec une superbe qualité de son ? Mais il vaut mieux transmettre une collection de disques qu’un disque dur de sons à son fils.
L’autre dégat, c’est que beaucoup de gens ne passent pas par les bases musicales. Certains jeunes connaissent des morceaux très rares avant de connaître des classiques comme sly stone, mandrill ou clinton.
2) Les productions hiphop en vinyl sont-elles en baisse ? si oui, comment l’expliquez-vous ?
Ce sont les achats de productions hip hop qui sont en baisse.
A Grenoble c’est le cas en effet, et je pense que c’est dû à plusieurs facteurs : d’abord la médiocrité des productions actuelles, ensuite la concurrence sur internet, et enfin le manque de curiosité extrémiste de beaucoup (contrairement au japon où même des filles achètent le premier lp de Rasco (artiste HipHop))
3) En quoi un magasin spé comme le vôtre prend part à la vie du mouvement hiphop dans votre région ? (promotion, dépôt de produits/flyers, fanzines, relais d’informations)
Mon magasin est un endroit pour "digger" (fouiller dans les bacs à vinyls) , c’est une bibliothèque de sons énorme où une personne peut trouver un trésor.
C’est aussi un relais musical où beaucoup de djs se sont rencontrés et ont crée des projets ensemble.
Mais c’est plutot dans mon métier de dj que je pousse des jeunes en les bookant dans différents endroits.
Quant à la promo chez les disquaires, c’est léger, il y a de meilleurs outils, je pense notamment à myspace.
4) Quel est selon vous l’avenir de magasins spé comme le vôtre d’ici 5 ans ? quelle évolution ?
Je n’en ai aucune idée, pour l’instant Goodka Records va bien.
Goodka Records, par exemple, a 5 ans d’existence et je trouve que mon métier et les besoins des clients ont changé.
Par contre je pense que les magasins qui ont une approche de « dj qui parle à un autre dj » ont plus d’avenir que les disquaires " normaux " car nous avons un rôle d’exemple et de conseil ; encore faut-il que le client ait une curiosité musicale.
1) Une grande part de votre clientèle est constituée de DJs. Les logiciels comme Serato ou Final Scratch ont-ils eu une incidence sur les ventes de votre magasin ?
Oui cela a eu une incidence, sans aucun doute. Mais ça permet de faire la différence entre les vrais passionnés du vinyl et ceux qui finalement se sont rendu compte que ce n’était pas leur support. La raison financière est au centre de ce débat vu la facilité avec laquelle on télécharge gratuitement et de manière décomplexée. Mais il y a aussi l’aspect "edit" (remix) des morceaux que permet le format digital…
2) Les productions hiphop en vinyl sont-elles en baisse ? si oui, comment l’expliquez-vous ?
Le marché de la musique est vraiment malade. Tout le monde est touché à part les spéculateurs des sonneries de portables, mais est-ce de la musique ou du business ?
Donc oui, le hip hop est victime de cette crise, avec beaucoup moins de sorties intéressantes, mais il y a toujours quelques nouvelles pousses qui amènent une fraicheur au mouvement, ça se passe en maxis sur des petits labels indés. La chose que je regrette le plus, c’est la qualité du son, car les gros studios ferment et les producteurs se retrouvent à faire du mix et du mastering vite fait à l’arrache chez eux…
3) En quoi un magasin spé comme le vôtre prend part à la vie du mouvement hiphop dans votre région ? (promotion, dépôt de produits/flyers, fanzines, relais d’informations)
L’importance d’un shop sera comprise quand il n’y en aura plus, c’est comme si on supprimait les bars et cafés, c’est un lien social essentiel.
4) Quel est selon vous l’avenir de magasins spé comme le vôtre d’ici 5 ans ? quelle évolution ?
Ca va être tres difficile d’ici peu de temps pour les magasins spés car les nouvelles generations ont complement changé leur approche musicale, quand il y en a une !
J’ai confiance dans le support du vinyl pour l’avenir car la musique suit un cycle. Ce que l’on vit en ce moment me rappelle l’époque où le cd est arrivé et où tous les "médias" annonçaient la mort du vinyl. Ils se sont tous trompés, donc je leur dis d’aller se faire compresser le fichier son.