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Article mis à jour le vendredi 12 octobre 2012
Article créé le mercredi 3 octobre 2012

 
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Interviews

"Des chiffres à la hausse ne doivent pas donner l’impression que tout va bien"

Afin d’éclairer les données produites par le Centre national de la chanson, des variétés et du jazz, nous avons demandé à trois personnalités de bien vouloir nous livrer leur analyse de ces chiffres. Retrouvez les interviews de Jacques Renard, directeur du CNV, Marc Slyper, secrétaire général du Snam-CGT et Pascal Chevereau, président du SMA.


Jacques Renard,

Directeur du CNV (Centre national de la chanson, des variétés et du jazz)


- Les enquêtes publiées par le CNV montrent un certain nombre d’indicateurs au beau fixe : hausse du CA, du nombre d’emplois, etc. Est-ce à dire que tout va bien pour les entreprises de spectacle ?

Non, évidemment, il convient d’être nuancé. Des chiffres à la hausse ne doivent pas donner l’impression que tout va bien pour les entreprises de spectacle. Il y a de fortes disparités. Et la hausse en 2011 du nombre des déclarants de la taxe sur les spectacles explique en partie la hausse de la billetterie ou de la fréquentation. À côté des spectacles, festivals ou structures rencontrant une audience large ou confortable, bien des petites et moyennes structures, notamment plus portées vers l’émergence et l’innovation artistique, rencontrent des difficultés grandissantes. De plus en 2011, les grosses productions, si elles restent significatives, ont réuni un public moins important dans des jauges plus faibles.

- Quelles sont les principales difficultés rencontrées par les entreprises de spectacle ?

Pour les petits et moyens projets/structures, le problème principal réside dans la difficulté à rencontrer leur public. Leur fréquentation, et donc leur billetterie, sont en stagnation, voire en régression. Et si le chiffre d’affaires global du secteur augmente de 14% entre 2008 et 2010, on constate dans cette période que le CA des petites et moyennes structures est lui en baisse, avec une baisse du taux de rentabilité commerciale et un résultat d’exploitation négatif pour 43% des entreprises. Cela montre bien la fragilité intrinsèque du secteur du spectacle vivant, qui rejoint le phénomène de précarisation des artistes.

- Quelle réponse peut apporter le CNV à cette précarisation du secteur ?

Tout d’abord, nous apportons une réponse ponctuelle, avec le plan d’action conjoncturel mis en place en 2012, d’un montant de 750 000 euros, pour aider les entreprises qui sont frappées par la crise. Et nous avons un programme d’aide permanent pour les entreprises en difficulté. Cela illustre bien le fait que certaines entreprises ont des difficultés permanentes, au-delà de l’acuité de la crise actuelle. Nous subissons aujourd’hui les effets de faiblesses structurelles doublées d’une crise conjoncturelle. « Et malheureusement, notre plan d’action conjoncturel fonctionne bien »… Il est donc souhaitable de rechercher l’équilibre entre les différents professionnels et leurs capacités d’initiative. Il ne s’agit pas d’empêcher des acteurs puissants ou de nouveaux entrants, parfois venus de l’étranger, de se développer, puisqu’ils sont susceptibles d’être compétitifs au niveau international, mais ce mouvement ne doit pas se faire au détriment de la préservation de l’écosystème du spectacle vivant. Cet équilibre passe par des mécanismes financiers, mais également, si les pouvoirs publics l’estiment possible, par une réglementation et une législation appropriées, dédiées à la promotion de la diversité culturelle et artistique.

- Vous parlez là du phénomène de concentration à l’œuvre dans le spectacle vivant.

La concentration du chiffre d’affaires est très importante, puisque 6% des structures concentrent 61% du chiffre d’affaires, de même qu’en 2011 les 10 premiers déclarants de la taxe sur les spectacles ont concentré un tiers de la billetterie (sur plus de 3 000 déclarants). Le processus d’intégration verticale est par ailleurs réel, mais il n’existe pas à ce jour d’instruments législatifs permettant de lutter contre, si ce n’est le droit de la concurrence, qui n’est pas suffisant. Il existe une législation spécifique pour le cinéma, pour la presse et de l’audiovisuel, peut-être convient-il d’en imaginer une pour le domaine du spectacle vivant.

- Ce phénomène de concentration économique n’est-il pas une conséquence logique de la crise que nous traversons ?

On peut faire un parallèle entre le spectacle vivant et ce qui se passe dans d’autres secteurs culturels (cinéma, arts plastiques, livre…). Un petit nombre de productions ou de produits à succès concentrent les revenus et l’audience, et une multitude de petits et moyens projets peinent davantage à trouver leur public ou leur rentabilité. C’est la dualité de la diffusion de la production culturelle et artistique en France. Historiquement le secteur du spectacle vivant était moins concentré que d’autres, économiquement ou financièrement, avec une typologie des acteurs essentiellement constituée de petites et moyennes entreprises. Mais depuis quelques années, de grands acteurs français, européens ou anglo-saxons, sont présents dans le secteur. Sur le plan économique et financier, c’est donc presque, par rapport à d’autres secteurs, une « normalisation » du secteur du spectacle vivant de variétés à laquelle on assiste.

- Il y a aussi une concentration géographique.

La prépondérance de l’Ile-de-France, et surtout de Paris, est une donnée permanente, vérifiée d’année en année. Le nombre de salles, de spectacles, les publics, mais aussi la présence de beaucoup des producteurs nationaux, voire des artistes, font que Paris concentre une grande part de la vie artistique et culturelle. Le rapport Paris/Régions est globalement stable, même s’il faut se féliciter de la création ces dernières années de nombreuses nouvelles salles en Régions, qui contribuent à accroître le public et la diversité culturelle sur le territoire national.

Après, les évolutions constatées dans les régions sont souvent liées à des phénomènes conjoncturels. Certes, certaines régions, comme la Bretagne, Rhône-Alpes, le Nord - Pas-de-Calais, Pays de Loire ou Paca sont généralement bien positionnées sur les spectacles de variétés. Toutefois les variations annuelles s’expliquent souvent par la présence de grandes tournées ou la création de nouveaux évènements. Exemples en 2011 : la hausse s’explique en Auvergne par le passage de spectacles de forte notoriété de chanson française ou d’humour et l’ouverture du cabaret Le Moulin Bleu à Thiers (63), en Lorraine par la création du festival Sonisphère, etc.

- L’enquête révèle que 48% des structures ont moins de 10 ans d’existence : est-ce un signe de vitalité, de turn over régulier dû à de nombreuses disparitions ?

Un peu des deux. La précarité peut décourager un certain nombre de porteurs de projets ou de chefs d’entreprise. Mais ces naissances récentes et régulières montrent la vitalité d’un secteur qui a commencé à se développer surtout à partir des années 1980, et qui était donc en retard de développement par rapport à d’autres genres artistiques (théâtre, cinéma). C’est pourquoi, dans un secteur à l’époque en friche, se sont opérés une professionnalisation croissante, un développement des initiatives privées comme publiques, un essor de la vie associative.

- Parlons d’un autre déséquilibre, entre les associations et les entreprises.

Les associations représentent 54% des entreprises de spectacle, qu’il s’agisse de spectacle occasionnel ou d’activité principale, mais les entreprises commerciales, minoritaires en nombre, font les ¾ du chiffre d’affaires global. Mis à part des festivals, ou nombre de scènes de musiques actuelles, la plupart des associations sont sur de petits événements. Par contre les producteurs nationaux, les promoteurs locaux, les structures qui font les chiffres d’affaires les plus significatifs sont des entreprises commerciales.

- Pour ce qui est de l’emploi, peut-on parler d’une dégradation des conditions dans le secteur du spectacle vivant ?

On observe, entre 2008 et 2010, un accroissement du nombre de salariés, pour les permanents comme pour les intermittents, mais une stagnation du salaire horaire moyen pour les permanents et une baisse pour les intermittents (artistes et techniciens). C’est une forme de précarisation.

- Pour finir, les chiffres produits par le CNV n’ont pas d’équivalent dans les autres pays européens. Des études internationales sont-elles envisagées ?

C’est regrettable, mais nous n’avons que peu de données économiques à l’international. Nous souhaiterions pouvoir mener des études et des analyses comparatives, sans se substituer aux acteurs locaux dans la production de bilans chiffrés annuels. L’éclatement des frontières, tant dans le domaine du spectacle que dans celui de la musique enregistrée, nécessite d’avoir des indicateurs chiffrés plus précis et plus nombreux, au moins sur les pays européens. N’oublions pas que le CNV n’a d’équivalent dans aucun autre pays.

- De même, il serait intéressant de pouvoir croiser les données produites par le CNV avec des données sur les autres secteurs du spectacle vivant, ou encore dans une logique de filière, avec les données sur la musique enregistrée.

Le ministère de la Culture a initié une réflexion sur un observatoire du spectacle vivant, mais qui en est au stade de l’étude. Il est en effet souhaitable d’harmoniser la quantité d’études ponctuelles et/ou sectorielles qui sont réalisées dans le champ du spectacle vivant.

Pour le croisement avec les données musique enregistrée, c’est ce qui était aussi en jeu avec la création d’un Centre national de la musique. Il faut examiner avec tous comment cette exigence peut être reprise, afin que la filière musicale dispose d’une vision cohérente d’ensemble.


Marc Slyper,

Secrétaire général du Snam-CGT (Syndicat national des artistes musiciens)


- Quelle analyse faites-vous de la situation des entreprises de spectacles de variétés ?

Il y a des données conjoncturelles et des donnés structurelles. Sur les données conjoncturelles, on est dans une période de difficultés économiques avec une baisse de la consommation, et l’on constate un effritement de la billetterie, donc une baisse de la fréquentation. Par exemple, pour 2012 au CNV, il est possible que le montant perçu de la taxe soit en dessous des prévisions.

Il faut ajouter à cela les données économiques conjoncturelles, comme le maintien des aides et subventions en euro constant. Ainsi, les scènes subventionnées, qui représentent une part non négligeable, comme le montrent les chiffres de la diffusion, subissent une érosion de leurs financements. Les aides du CNV également sont plafonnées, elles ne sont pas réévaluées chaque année. De plus, toutes les activités connexes (merchandising, bars dans les salles…) connaissent aussi la baisse de la consommation.

- Le spectacle vivant est donc aussi très touché par la crise économique ?

La crise touche l’ensemble du secteur du spectacle vivant. Même si des grosses productions continuent de s’en sortir, des tournées sont arrêtées, ou raccourcies, ou encore condensées dans le temps pour réduire les coûts. La bonne santé des grosses tournées et des grosses productions cache un peu la réalité, qui est faite de diversité de modèles économiques des entreprises qui émaillent l’ensemble du territoire. En termes de jauge et/ou de poids économique, c’est un secteur marqué par de fortes disparités. Les associations par exemple, qui comptent pour 47% des représentations, ne totalisent que 16% de l’assiette. Et l’on sait que la majorité des emplois artistiques, en quantité et non en rémunération, se situent dans les structures associatives.

Les grosses productions jouent le rôle de locomotives et font rentrer de l’argent de la taxe pour la redistribution. C’est aussi pour cela que nous sommes attachés à la dynamique redistributive d’aides nouvelles que le secteur pourrait obtenir, quelle que soit la forme concrète que cela prenne. C’est à cette condition que l’on défendra la diversité culturelle comme les emplois.

- Les chiffres sont donc en trompe l’œil ?

Disons qu’ils ne permettent pas d’appréhender l’ensemble des réalités des structures du secteur. Il y a une erreur à ne pas commettre quand on parle de billetterie. Pour toutes les petites entreprises de production monoartistes qui signent un contrat de cession, c’est la salle qui s’acquitte de la taxe. Ces petites structures n’apparaissent pas dans la billetterie qu’elles génèrent. Pour avoir une vue claire, il faudrait croiser toutes les données dont on dispose avec l’intégralité des contrats de cession, ce qui est impossible. Pour les petites entreprises et les petites associations, les données sont faussées sur qui génère la billetterie.

- Ce contexte entraîne-t-il une dégradation des conditions d’emploi des artistes ?

Oui. On était jusqu’à il y a quelques années dans un contexte qui permettait la négociation de gré à gré du montant de la rémunération, selon la réputation de l’artiste, certes limitée mais existante. Aujourd’hui, la norme est plutôt de se rapprocher des minimas conventionnels. Cela dépend aussi des pratiques liées aux différentes esthétiques musicales. Les musiques improvisées, par exemple, grâce à l’action des aides des sociétés civiles, offrent des rémunérations plus élevées que le rock, la pop ou le hip hop, puisque les aides interviennent directement sur les salaires.

- Finalement, la musique enregistrée n’a rien à envier au spectacle vivant ?

Le marché de la musique enregistrée est en crise. Et nombre d’artistes et de petites structures ne vivent que des concerts. Un élément important également est l’arrivée d’une convention collective dans un secteur qui en était dépourvu, qui a créé des contraintes objectives. Cela entraîne en effet des surcoûts difficilement assimilables par les petites structures.

- Quelles solutions peuvent être envisagées ?

On voit bien que le dossier d’un fonds de soutien à la filière est décisif. Quand on considère l’ensemble des structures sur tout le territoire, que ce soit dans le disque ou le spectacle, elles créent des richesses, mais les retombées économiques sur Internet ne sont pas à la hauteur. Donc faire bénéficier aux structures d’une partie de la richesse qu’elles génèrent est un débat vital.

Si l’on conjugue crise économique, données structurelles et mises en place d’un corpus de textes réglementaires, apporter un soutien à la filière devient primordial. Comme cela a été le cas pour le cinéma. Des acteurs du cinéma vivent grâce au CNC, des salles de spectacle vivent grâce à l’aide du CNV. Obtenir de bénéficier d’une partie des revenus générés, comme le cinéma l’a obtenu, est un enjeu considérable, quelle que soit la forme prise. Il faut un partage de la richesse créée par la musique.


Pascal Chevereau,

Président du SMA (Syndicat des musiques actuelles)


- Comment analysez-vous les données récoltées par le CNV dans son enquête sur les entreprises ?

Quand on regarde les données produites par le CNV, ce qui est marquant, c’est la place grandissante occupée par le spectacle, qui est un corollaire de la crise que subit la musique enregistrée. La bonne santé apparente du spectacle vivant vient aussi du fait que beaucoup de gens se reportent sur le spectacle, avec des taux de fréquentation assez importants, malgré la crise, même si cela est à nuancer en fonction des jauges. La bonne tenue des chiffres s’explique aussi par l’élargissement de l’assiette de la taxe, que ce soit par des structures qui ne payaient pas la taxe auparavant ou par les nouvelles salles. Mais cela ne masque pas la réalité de plus en plus difficile des entreprises de spectacle.

- Quelles sont les difficultés rencontrées par les entreprises de spectacle ?

La baisse des recettes par représentation et la baisse des subventions publiques et des aides des organismes professionnels sont des facteurs importants. Conjuguées à l’augmentation des coûts, cela réduit chaque année les marges. Pourtant, l’on remarque que si les subventions ont augmenté entre 2008 et 2010, les structures qui en ont le moins bénéficié sont les petites et moyennes structures (entre 250 000 et 500 000 euros de chiffre d’affaires). Même dans les subventions l’on observe un phénomène de concentration, avec des gros projets qui bénéficient de budgets conséquents. Les collectivités qui attribuent ces subventions ont du mal, dans le même temps, à augmenter ou maintenir leurs aides aux projets plus petits.

D’un côté, il y a une difficulté à vendre les billets, avec une baisse de la fréquentation, de l’ordre de 10%, et des prix moyens stables voire à la baisse, surtout si l’on intègre les spectacles gratuits, de plus en plus nombreux, dans les calculs de prix moyens. De l’autre, les subventions se contractent. Pour les petites structures, c’est un peu une double peine : car le Plan de soutien du CNV par exemple refuse de prendre en compte la baisse de recette liée à la crise des finances publiques.

Après plus de 20 ans de structuration des musiques actuelles, on est très loin du niveau de subventionnement des autres secteurs culturels subventionnés. Le montant minimum de 75 000 euros d’aide pour les labels Smac défini par les Drac est en fait souvent un maximum, quand il est atteint…. On est sur des montants très faibles. Dans le contexte actuel de crise qui veut que l’on fasse tous des efforts, nous ne partons pas du même point.

- Le secteur est également en plein mouvement de concentration…

Les chiffres de la diffusion le montrent bien. 20 ou 25 entreprises génèrent une majorité de l’assiette et un tiers de la fréquentation, la concentration est donc très forte. Une grande partie de la taxe revient à ces entreprises-là par les aides automatiques, et elles peuvent en plus, et c’est normal, solliciter les aides sélectives. C’est pour permettre une meilleure répartition de recettes étendues que nous soutenons la création d’un établissement public. Le fonctionnement actuel du CNV, compte tenu de ses moyens et de sa gouvernance, ne permet pas de lutter efficacement contre le phénomène de concentration.

- Les conditions d’emploi et les niveaux de rémunération se dégradent-ils ?

Évidemment. Actuellement, on constate que l’application de la convention collective dans un certain nombre de structures est compliquée. Quand elle est appliquée, elle l’est a minima. La plupart des structures n’arrivaient déjà pas à être dans les clous, alors avec des coupes dans les subventions, on ne peut pas faire mieux ce que l’on faisait mal avant. Cela se traduit par une moins grande prise de risque et un maintien des seuls spectacles qui marchent le mieux, au détriment de la diversité.

- La place du monde associatif est importante dans le secteur du spectacle vivant.

Les salles spécialisées et le secteur associatif occupent une place importante, les premières représentent 41% des représentations, quand le secteur non lucratif représente plus de la moitié des structures affiliés et une grande part des représentations. Cela montre le rôle primordial des structures d’économie sociale et solidaire. Dans un marché concurrentiel, elles mènent le même combat que les structures commerciales. Le projet de Centre national de la musique avait cet intérêt de rassembler les petites structures, quelles aient un seul salarié ou qu’elles soient des géants du secteur.


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