Décret "Bruit" : Agi-son relève les points de blocage

Publié le mardi 12 décembre 2017

Gestion sonore

Lors des Transmusicales de Rennes, l’association Agi-Son s’est alarmée de constater que le décret Risques sonores "ne tient aucunement compte de la musique live" et demande la mise en place rapide d’une concertation avec les ministères concernés.

Face à la nouvelle législation, plus stricte en matière de gestion des niveaux sonores pour tous les lieux diffusant de la musique (plus d’infos sur le décret), Agi-Son - Agir pour une bonne gestion sonore - a fait part "de la vive incompréhension des professionnels du spectacle, de la musique et des artistes" sur ce sujet à l’occasion du festival des Transmusicales.

Bien que l’association ait pris part aux concertations préalables à la publication du décret, elle constate que la version publiée ne tient pas compte des spécificités techniques des métiers du spectacle et de la musique, "ce qui rend certains aspects du décret totalement inapplicables".

« La mise en application du décret étant fixée au 1er octobre 2018, une prise en considération de notre alerte et une concertation avec les ministères devient urgente »

Fin novembre, après qu’Agi-Son ait entamé un tour de France pour aller à la rencontre des professionnels du spectacle vivant concernés par sa mise en application, les adhérents de l’association ont relevé les points de blocages dans un courrier adressé aux ministères de la Culture, de l’Environnement et de la Santé. Ils y demandent la tenue rapide d’une concertation sans laquelle "les problématiques techniques auront des conséquences sur l’expression artistique" et s’inquiètent de "l’impact financier démesuré qu’engendreront la mise au norme des équipements et du temps imparti pour mettre en place ces nouvelles normes dans un secteur où l’économie est déjà fragilisée par un contexte contraignant".

Les points de blocages relevés par Agi-Son :

• « Il faut définir une méthodes de mesures des niveaux sonores qui soit simple ; ce qui est demandé par le décret est beaucoup trop complexe au regard des spécificités de la musique live. Cela signifie déployer énormément de matériel de mesure ; seuls les lieux ou événements qui auront les moyens financiers pourront potentiellement se mettre aux normes. »

• « Il faut noter que les matériels de mesures et d’enregistrements qui pourront permettre l’application des normes demandées, n’existent pas à ce jour. Les sociétés qui vendent ce type de matériel n’en sont qu’à la conception ; ces matériels ne seront donc pas disponible pour le 1er octobre 2018. »

• « Lorsque le matériel sera conçu, il s’agira pour ces sociétés de former leur personnel pour son installation. »

• « Les professionnels du spectacle vivant vont devoir également se former à l’utilisation de ces nouveaux matériels. »

• « Les dispositions du nouveau décret sont arrivés trop tardivement ; les budgets 2018, et donc les investissements en matériel, ont déjà été voté sans prise en compte des nouvelles normes. »

• « Les cabinets d’acoustique ne pourront jamais absorber toutes les EINS à mettre à jour ou à faire d’ici au 1er octobre 2018. »

• « Pour les différentes raisons énoncées plus haut, il est indispensable que des délais supplémentaires soient accordés. »

Les propositions formulées :

  • Mesurer la valeur limite en dB©
  • Intégrer dans l’arrêté d’application une incertitude de mesure d’au minimum 2 à 3 dB
  • Prévoir des dispositions pour faciliter l’acquisition du matériel imposé et la formation des professionnels
  • Mise à disposition de protections auditives

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