Crédit d’impôt : la musique en alerte

Publié le lundi 19 novembre 2018

Politique

Les députés ont adopté un amendement qui prolonge le crédit d’impôt phono. de 3 ans mais restreint celui accordé au spectacle vivant dans son périmètre et dans ses critères. Alors que les crédits d’impôt alloués à l’audiovisuel sont confortés, la musique s’inquiète.

En juillet dernier, le rapport des députés Joël Giraud et Cendra Motin sur l’application des crédits d’impôt dans la musique avait de quoi inquiéter. Malgré la publication par le cabinet EY d’une étude d’évaluation du crédit d’impôt sur le spectacle vivant (CISV) témoignant de son impact positif (900 projets aidés par an), ce dernier vient d’être retoqué à l’Assemblée nationale.

Un CISV restreint

Le 15 novembre, les députés ont adopté un amendement du Gouvernement excluant les spectacles d’humour et les comédies musicales du champ du crédit d’impôt sur le spectacle vivant, dispositif dont les critères d’éligibilité ont par ailleurs été restreints.

Le Prodiss, syndicat des producteurs de spectacles, dénonce une musique à deux vitesses : "Le Gouvernement a freiné toute modification du crédit d’impôt en faveur des créateurs de jeux vidéo ou du crédit d’impôt pour les œuvres cinématographiques ou audiovisuelles au motif que cela enverrait, je cite, ’un très mauvais signal aux professionnels’, annonce Malika Séguineau, directrice générale du Prodiss. Quel signal le Gouvernement pense-t-il envoyer aux entrepreneurs de spectacles qui font vivre des centaines de milliers d’emplois à travers les territoires ?".

Considéré par les entrepreneurs de spectacles comme "une bouffée d’oxygène indispensable aux entreprises", ce dispositif a également été une bonne opération financière pour l’Etat puisqu’1 euro de dépense lui rapporte 2,4 euros en recettes fiscales et sociales selon l’étude d’évaluation.

Dans ce contexte, le SNES, syndicat des entrepreneurs de spectacles, estime que le "spectacle vivant est le grand oublié du Budget 2019" et dénonce "des décisions viennent à l’encontre du développement de toute une branche d’activité".

Le communiqué du Prodiss
Le communiqué du SNES

Les labels indépendants défendent l’écosystème

Dans le même temps, le bail du crédit d’impôt à la production phonographique a été renouvelé jusqu’à fin 2022, soit de 3 années supplémentaires. La décision n’a que partiellement rassuré les producteurs phonographiques. Les producteurs indépendants de l’UPFI s’étonnent ainsi que "seuls les crédits d’impôt à la production phonographique et au spectacle vivant soient limités dans le temps alors que les députés et le Gouvernement ont considéré qu’il ne fallait pas en limiter la durée pour les jeux vidéo, le cinéma et l’audiovisuel".

Le syndicat des labels indépendants regrette également que des aménagements restrictifs aient été apportés au crédit d’impôt pour le spectacle vivant. "La musique enregistrée et le spectacle vivant constituent un véritable écosystème. C’est la raison pour laquelle nos deux crédits d’impôt doivent progresser au lieu de faire l’objet de mesures pénalisantes".
Le communiqué de l’UPFI


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