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Accueil du site > Actualités > Actualités professionnelles > Chiffres CNV sur les festivals : un développement qui interroge l’avenir

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Publié le vendredi 17 janvier 2014

 
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Festival

Chiffres CNV sur les festivals : un développement qui interroge l’avenir

Le CNV a publié cette semaine l’actualisation des données économiques sur les festivals, pour la période 2008-2012. Confirment la montée en puissance des festivals, elle fait apparaître des contrastes forts entre les événements. Entre hausse des charges, croissance modérée des soutiens et marge de manœuvre de moins en moins grande sur la billetterie, l’avenir des festivals pose question. L’étude fera l’objet d’une présentation lors des BIS.

Esthétique, durée, volume budgétaire… Le Centre national de la chanson, des variétés et du jazz vient de sortir l’actualisation des données économiques sur les festivals pour la période 2008-2012. Les chiffres, récoltés grâce aux déclarations relatives à la taxe, ont l’avantage de ne pas relever de données purement déclaratives. L’échantillon de 98 événements est ainsi testé selon plusieurs variables, notamment l’esthétique et la taille budgétaire. L’étude fera l’objet d’une présentation lors des BIS.

Si, comme pour l’étude Festudy, la très grande diversité de ces événements rend difficile toute généralisation, des traits saillants apparaissent. Ceux-ci sont d’ailleurs mis en lumière par des témoignages de professionnels : Armand Meignan (Europajazz / Afijma-AJC), Marie-José Justamond (Les Suds), Isiah Morice (Chauffer dans la noirceur) et bien d’autres.

Leur développement se confirme : leur nombre est estimé par le CNV à environ 1 millier en France (en croisant les données du CNV, de la Sacem et de l’Irma, qui en compte près de 1 500 dans sa base de données). Et les mutations qui les traversent montrent leur grande capacité d’adaptation, malgré des interrogations fortes sur l’avenir de leur financement.

La place des festivals dans la diffusion des spectacles en France

En 2012, les festivals comptent pour 11% des représentations, 16% des recettes de billetterie et 20% de la fréquentation des représentations payantes. Sur la période 2008-2012, leur poids a eu tendance à s’accroître. Cette part est très variable en fonction des esthétiques. Ainsi, le poids des festivals dans le jazz, les musiques traditionnelles et les musiques du monde se situe entre 36% et 42% de la billetterie et de la fréquentation. Il dépasse aussi les 30% des recettes de billetterie et de la fréquentation payante totale des concerts Pop rock.

Des charges en hausse

Dans la période 2008-2012, les festivals ont connu une hausse moyenne de leurs charges de 26% (taux de croissance annuel de 6%). Les charges artistiques, qui représentent 30% des charges totales, sont, sans surprise, en hausse de 21%. En effet, la hausse des cachets ne faiblit pas ces dernières années. Plus surprenant, la plus forte hausse est celle des charges techniques, logistiques et de sécurité, à +40%. Cette augmentation était déjà notable dans la précédente étude sur la période 2005-2008. La professionnalisation des plus jeunes et plus petits événements, ainsi que la contrainte grandissante de la législation et des règles de sécurité expliquent en grande partie cette hausse.

Les autres postes de charges sont également à la hausse : +17% pour les frais de structure, +11% pour la communication, +24% pour les autres dépenses. Cependant, ces évolutions sont contrastées. En effet, le budget total est en baisse pour 28% des festivals, et la hausse des charges n’est que de 10% pour les événements dont le budget est inférieur à 500 000 euros. Ces derniers ont d’ailleurs plutôt réduit leurs charges artistiques, alors que les charges techniques augmentent de 20%…

Mutations dans l’économie des festivals

La structure de financement des festivals évolue également sensiblement sur la période 2088-2012. Ainsi, le total des produits sont en augmentation de 24%, légèrement moins que les charges. Les recettes de billetterie, qui représentent 40% des produits sont en hausse de 28%, et les revenus liés aux bars/buvettes et concessions (10% des produits) sont en hausse de 39%. LA hausse des revenus liés à la billetterie s’explique par la hausse du ticket moyen, qui passe de 20 à 24 euros sur la période, mais aussi par l’accroissement du public (+9%).

Du côté des financements publics, le soutien de l’État est en baisse de 24%, correspondant au directives de désengagement des Drac, quand les collectivités augmentent leur soutien de 9%. Là aussi, les hausses ne sont pas uniformes sur l’ensemble des régions. Enfin, les effets de la crise semblent ne pas s’être encore fait trop sentir du côté des soutiens privés. En effet, le mécénat est en hausse de 44%, même s’il ne représente qu’une part encore faible du financement global.

Quel avenir pour les festivals ?

Si le budget total s’est en moyenne accru de plus d’un quart sur ces dernières années, l’évolution des festivals pose question. En effet, l’augmentation des charges, sensible, a pu jusqu’alors être compensée par l’augmentation de la billetterie, à la fois sur le prix du billet et sur la hausse de fréquentation, ainsi que sur l’augmentation de la participation des partenaires privés. Mais, comme le précise le CNV, "alors que les conditions économiques se tendent, y compris du côté du pouvoir d’achat du public, la question de la poursuite du développement des recettes propres et notamment de la billetterie se pose".

Si les situations sont très diverses, le contexte général et les difficultés accrues à boucler les financements peuvent inciter les festivals à réduire leur risque en présentant des programmations d’une moins grande diversité, ou faisant moins de place à la découverte. Mais, comme le souligne le CNV en conclusion de l’étude, "à l’heure où leur avenir est incertain, les festivals privilégient le travail en collaboration, la mutualisation, l’échange et le partage d’informations. La structuration de leurs fédérations ces dernières années est l’illustration de ce besoin".


Lire l’étude

Les festivals de musiques actuelles en France, évolutions 2008-2012 d’une constellation de la diversité


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