Carto’classique : panorama des festivals classiques, lyriques et contemporains en 2015

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Publié le mardi 2 février 2016

Festival

France Festivals, la Philharmonie de Paris, la Sacem (Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique) et le Cepel (CNRS) se sont associés pour réaliser une étude sur les festivals classiques, lyriques, contemporains en France en 2015. Elle révèle une vraie vitalité des festivals, dont la présence dans toutes les régions françaises contribue fortement à l’animation des territoires et à la valorisation de la création musicale.

Vitalité, jeunesse, diversité. Ce sont les termes qui définissent le mieux les festivals classiques, lyriques et contemporains en France en 2015. C’est en tout cas ce qui ressort de la cartographie réalisée par France Festivals, la Philharmonie de Paris, la Sacem et le CNRS, et présentée lors des dernières BIS (Biennales internationales du spectacle) à Nantes. Dans la lignée du Barofest, le baromètre des festivals de musiques actuelles, il s’agit de compléter la connaissance du phénomène festivalier, et de tordre le cou à certaines croyances. Pour Philippe Toussaint, président de France festivals, "cette enquête, totalement inédite, démontre le rôle déterminant des festivals dans le champ musical en termes de création et de diffusion des œuvres, d’emploi artistique et de rayonnement des territoires".


Vitalité, jeunesse et diversité des festivals classiques en France



551 festivals programment de la musique classique, lyrique ou contemporaine, soit 42 en moyenne par région. Il n’existe pas de France vide de festivals, même si 61% des événements se concentrent dans cinq régions, et si 64% d’entre eux ont lieu l’été. Une telle concentration n’est pas spécifique au champ classique, elle se retrouve également dans les musiques actuelles. Le phénomène festivalier continue, en 2015, de se généraliser et concerne aussi bien les espaces urbains que ruraux. On constate que certaines régions, comme Provence-Alpes-Côte d’Azur, ont une vie festivalière plus enracinée que la Bretagne, le Nord-Pas-de-Calais et Picardie ou l’Île de France. Il s’agit aussi d’un milieu très vivant, ouvert et en mouvement : si du fait de causes très diverses, des festivals disparaissent, de nouveaux événements sont créés chaque année.

En 2015, un festival classique a 20 ans en moyenne, et 58% ont moins de 20 ans, ce qui combat l’idée reçue de manifestations patrimoniales et anciennes. Seul un festival sur cinq a plus de 30 ans. Quant aux esthétiques les plus récemment apparues, ce sont à la fois les musiques anciennes et baroques et… les musiques de création. Les festivals participent de manière croissante au renouvellement du répertoire musical en s’ouvrant à la création contemporaine. Les festivals se concentrant exclusivement sur une seule esthétique sont minoritaires (41%). Qu’ils soient dédiés à la musique contemporaine ou plus généralistes dans les styles représentés, les festivals sont des acteurs majeurs pour la commande et la reprise des œuvres d’aujourd’hui.


Un secteur en pleine évolution


Le secteur des festivals classiques, en pleine évolution, présente un modèle économique et culturel très diversifié : 37% des festivals classiques programment moins de sept représentations. À l’opposé, ceux qui dépassent les vingt représentations constituent 13% de l’ensemble, tandis que la moitié (50%) se situe entre sept et vingt. Malgré leur fragilité, et alors que chaque édition est une nouvelle prise de risque financier pour beaucoup d’entre eux, l’importance des festivals en termes de création d’emplois et de dynamisme économique n’est plus à démontrer. Ils contribuent fortement à l’attractivité touristique et au rayonnement des territoires qui les accueillent et sont sources de valeur matérielle comme immatérielle. Les festivals se distinguent par leur souplesse et leur forte capacité d’adaptation qui leur permettent d’ailleurs de varier les formes et les propositions artistiques.

Derniers aspects importants soulignés par l’étude, le rôle primordial des festivals pour la musique de création et la diffusion des programmes auprès d’un public élargi. Certains festivals accordent une place significative à la musique de création, à la commande et à la production d’œuvres, proposant une offre structurante à l’échelle régionale, nationale ou internationale. Ils sont alors véritablement prescripteurs pour les programmateurs français et étrangers. Certains favorisent des prises de risque artistiques, jouent un rôle majeur dans l’émergence de jeunes compositeurs et de nouveaux talents. D’autres, enfin, sont davantage tournés vers la diffusion des œuvres, contribuant ainsi à l’amortissement des projets artistiques. Tous jouent un rôle essentiel dans la chaîne de la vie musicale et fonctionnent en parfaite complémentarité.


Consulter l’étude : 

Carto’classique : festivals classiques, lyriques, contemporains, jouons ensemble !


Fréquentation des festivals de musique classique 2015 : quelques exemples…

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Nuits de Fourvière : 191 000 spectateurs


- Folle journée de Nantes : 154 000 spectateurs

- Festival Radio France Montpellier : 120 400 spectateurs

- Festival d’art lyrique d’Aix en Provence : 80 300 spectateurs

- Festival international de piano de la Roque d’Anthéron : 76 600 spectateurs


- Festival de Carcassonne : 58 000 spectateurs

- Chorégies d’Orange : 50 000 spectateurs


- Flâneries musicales de Reims : 42 350 spectateurs


- Festival de Saint-Denis : 40 370 spectateurs

- Musica : 15 650 spectateurs

- Lille pianos festival : 13 000 spectateurs


Chiffres France Festivals