Votre panier est vide
Publié le mercredi 13 juin 2012
Version imprimable
Dans une tribune parue ce jour dans le journal Le Monde, CD1D, la Felin, le SMA et la Ferarock appellent le gouvernement à replacer la création du Centre national de la musique sur la table des priorités. Après le Snep et l’Upfi, ces indépendants aussi souhaitent une poursuite des travaux de préfiguration, pour aboutir à une mise en place dans les meilleurs délais.
La question est claire : la musique survivra-t-elle au temps politique ? Ceux qui la posent : Éric Pétrotto, président de CD1D, Philippe Couderc, président de la Felin, Pascal Chevereau, président du SMA, et Dominique Marie, président de la Ferarock, dans une tribune parue ce mercredi 13 juin chez nos confrères du Monde.
Louant le travail de concertation mené depuis près d’un an par la mission de préfiguration du Centre national de la musique (CNM), il s’inquiètent en effet de ne pas voir l’actuel gouvernement considérer comme prioritaire la création de cet établissement. Ils pointent ainsi les freins actuels ("la mécanique de l’alternance politique, la tenue des prochaines législatives, l’idée de rompre avec le gouvernement précédent, le travail actif de certains réseaux d’influences corporatistes…") et les risques que pourraient entraîner pour les indépendants un report de la mise en place des mécanismes d’aide et de soutien prévus. Ils interpellent ainsi le président de la République et le gouvernement afin de "relancer sans plus attendre le processus de concertation et de travail afin de garantir la poursuite dans les plus brefs délais du "chantier" du Centre national de la musique, outil collectif d’envergure, adapté à l’ère numérique et qui rassemblerait enfin la filière musicale dans sa diversité de ses composantes, de ses entreprises, métiers et projets artistiques."
Cette prise de position commune de CD1D, de la Felin, du SMA et de la Ferarock montre aussi que l’impatience face à la position attentiste du nouveau gouvernement dépasse le cadre de la seule musique enregistrée, pourtant présentée par les détracteurs du futur établissement comme seule véritable bénéficiaire du projet. Dans un article des Échos daté du 11 juin, le journaliste Grégoire Poussielgue précise en effet que le ministère de la Culture "accusé au mieux de ne pas s’intéresser au dossier, au pire de le freiner", n’a toujours pas répondu à la demande d’entrevue de la filière, suite à l’incompréhension entraînée par les propos de la ministre Aurélie Filippetti à Cannes. Cette dernière avait en effet émis des réserves sur le projet actuel de CNM. En cause, le financement, la gouvernance, et le souhait de voir dirigées prioritairement les aides vers les indépendants et les esthétiques fragiles.
Face à ces propos, qui auraient pu déclencher un énième épisode des guerres picrocholines opposant majors et indépendants, la filière semble faire bloc. David El Sayegh, délégué général du Snep, a été le premier à dégainer. Celui-ci avait en effet rappelé, dans une interview accordée à Musique Info le 25 mai dernier, que "la diversité musicale existe autant chez les majors que chez les indépendants". Dans une tribune publié par le journal Le Monde, le même David El Sayegh appelle à dépasser "une énième polémique sur le rôle respectif de chacun qui au mieux apparaîtra stérile et au pire risque de diviser les acteurs de la production musicale à une période charnière pour notre industrie." Le constat est le même pour CD1D, la Felin, le SMA et la Ferarock : "Loin d’une opposition caricaturale entre majors/PME de la musique et artistes libres issus du jazz ou de la musique classique, l’association de préfiguration du CNM a su, au fil des échanges, ouvrir des débats de fond sur l’aide à la création, la diffusion, l’innovation, la formation ou l’action pédagogique, en adoptant une vision transversale du secteur et en y associant des acteurs très différents issus de toute la filière (…)." De même, dans une tribune publiée le 27 mai dans Libération, le musicien Issam Krimi estime également que "la mise en place d’un Centre national de la musique laisse espérer une opportunité d’innovation." Il se laisse ausi aller à un élan de lyrisme, en se demandant : "Et si le CNM était une création qu’on nous enviera un jour ?"
Majors et indépendants appelant à dépasser les sempiternelles oppositions stériles, la préfiguration du CNM n’attend plus que l’affirmation d’une volonté politique pour se poursuivre. Et visiblement, celle-ci ne pourra pas s’appuyer sur les antagonismes qui traversent traditionnellement la filière pour justifier sa prudence.
A peine le dixième anniversaire d’Itunes vient-il de sonner que déjà le streaming devient la nouvelle coqueluche des marchés. Spotify, Deezer, Rdio et quantité d’autres, ont ouvert de nouvelles perspectives au business de la musique en ligne. Le développement rapide des plateformes de streaming à l’international, sur des marchés émergents en forte croissance ou jusque là inexistants, excite les convoitises. Cela suffit-il à expliquer les volontés de Google, Amazon, Apple et Microsoft à se lancer dans la bataille ? A quelles stratégies répondent leurs manœuvres ?
L’arrivée programmée des géants du web sur le marché du streaming représente-t-elle une opportunité ou une menace pour les entreprises déjà implantées ? Vont-ils provoquer un effet de levier pour développer la consommation légale de musique en streaming ? Quels sont alors les moyens de se différencier ? L’avis de :
Simon Baldeyrou, directeur général de Deezer
Denis Ladegaillerie, président fondateur de Believe
Yves Riesel, fondateur de Qobuz (à venir)