Bourse aux artistes : une souscription qui profite...

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Publié le jeudi 29 novembre 2007

Musique enregistrée

Plusieurs sites de souscription s’implantent en France. Ils permettent aux internautes de financer des artistes qui en retour y trouvent les moyens de produire leurs albums. Le procédé propose un nouveau modèle économique innovant, dans une relation directe entre le "fan" et l’artiste. Mais pour l’instant peu d’artistes en profitent, ce qui n’est pas le cas des exploitants des sites…

Sur le modèle d’ArtistShare, Slicethepie ou Sellaband, deux sites de souscription aux artistes musiciens sont en train de voir le jour en France : MyMajorCompany, qui ouvrira dans quelques jours, et Spidart, lancé le 18 octobre dernier. L’ouverture de ce dernier a fait grand bruit ; comme pour mieux témoigner du besoin urgent de trouver des solutions alternatives pour la production des jeunes talents non signés.

Le principe est simple : les internautes, après avoir écouter gratuitement quelques morceaux et échanger avec les artistes, peuvent acheter des parts dans la production de leurs albums, à raison de 10 euros la part. Dès qu’un artiste atteint un certain seuil de contributions (70 000 euros chez MyMajorCompany et 50 000 euros chez Spidart), son album est réalisé et promu par les sociétés qui gèrent ces sites de souscription, dont les équipes sont composées, au-delà des webmestres, par des anciens de maisons de disques et majors.
Le revenu des ventes de l’album se partagent ensuite entre l’artiste, les internautes coproducteurs et les sites en question (30% pour les internautes, 20% pour l’artiste et 15% pour MyMajorCompany chez cette dernière (le reste allant au distributeur) ; 35% pour les internautes, 35% pour l’artiste et 30% pour Spidart qui s’occupe de la distribution).

Lancé il y a un mois et demi, Spidart n’a coproduit pour l’instant aucun artiste. Aioia, l’artiste le plus soutenu, cumule à cette heure 2600 euros, ce qui est loin du compte pour enregistrer. Sur le site allemand Selleaband, l’artiste française T-Ka a mis un an à réunir les 50 000$ nécessaires à la production de son premier album, et T-Ka n’est que la 11e artiste à atteindre cette barre parmi les 5000 groupes inscrits sur ce site.
Pendant ce temps-là , l’argent investi par les internautes dort au bénéfice des exploitants du site, et l’argent ne peut être investi ou versé aux artistes tant qu’ils n’ont pas atteint le seuil plancher nécessaire.
Si l’idée est bonne, avant de parler de nouveaux modèles économiques significatifs, reste à savoir si cela profitera réellement à plus qu’une poignée d’artistes…