Baromètre MusicUsages Snep : le streaming, un usage mainstream en plein essor

Publié le vendredi 24 juin 2016

Musique enregistrée

Le Snep a présenté hier la première vague du Baromètre MusicUsages, un nouveau tableau de bord réalisé en partenariat avec GFK pour observer l’évolution de la consommation de la musique en ligne. Une première édition consacrée aux usages et attitudes des français consommateurs de musique en streaming, audio et vidéo, gratuit et payant.

Ce jeudi, le Snep (Syndicat national de l’édition phonographique) présentait les premiers résultats de son baromètre MusicUsages, consacré aux usages et attitudes des français consommateurs de musique en streaming, audio et vidéo, gratuit et payant. Un panel de 2 017 consommateurs français de musique de 15 ans et plus pratiquant le streaming a été interrogé en avril/mai 2016. Si le streaming continue son essor, il n’est plus uniquement l’apanage des jeunes générations. Les services de streaming, notamment via les playlists, semblent bénéficier d’un pouvoir prescripteur grandissant. Les abonnements progressent, mais la monétisation du streaming video pose toujours question, pour asseoir un modèle économique viable.


Un tiers des Français streame


Les chiffres présentés par le Snep montre un essor important du streaming, qui concerne désormais toutes les tranches d’âge. Un tiers de la population française écoute de la musique en streaming, soit plus de 22 millions d’utilisateurs. Au 1er trimestre 2016, 6,1 milliards d’écoutes ont été recensées sur les plateformes de streaming audio, soit 69% de plus qu’au premier trimestre 2015 (3,6 milliards d’écoutes). Si le streaming est très populaire chez les jeunes, il a aussi trouvé son public chez les plus de 50 ans, qui représentent 30% des streamers. Sans surprise, les trentenaires, familiarisés au numérique et bénéficiant d’un capital économique plus important que les plus jeunes, sont en tête des abonnés.

Les pratiques en matière de streaming, audio et vidéo, gagnent aussi en intensité, avec toujours une plus forte consommation des 15-29 ans : en moyenne 7h50 de streaming par semaine, et cette durée s’élève à plus de 9h pour les 15-29 ans. 82% des streamers écoutent la musique au moins une fois par semaine en streaming, 38% chaque jour et 54% des 15-29. Pour les steamers, ce mode de consommation devient le mode principal d’écoute de musique : pour 55% des streamers audio et pour 62% des 15-29 ans, et pour 50% des streamers vidéo et 58% des 15-29 ans.


Abonnements, supports et prescription


Enjeu central du nouveau modèle économique de la musique enregistrée, l’abonnement au streaming concerne plus de 3 millions d’abonnés. Sur ce point, le baromètre apporte quelques éléments d’éclairage. En effet, on a souvent entendu le reproche fait aux chiffres de la consommation de musique de ne pas suffisamment distinguer streaming gratuit et payant, et surtout, abonnement volontaire et offre bundle. Les chiffres présentés par le Snep semblent décrire un effet prescripteur des offres bundle : 40% des bénéficiaires se disent prêts à souscrire un abonnement si l’offre opérateur s’arrêtait, et pour 50% des répondants, l’offre de streaming est un élément déterminant dans le choix d’un forfait téléphonique. Mais l’abonnement doit encore relever un défi de notoriété car 4 utilisateurs sur 10 de services de streaming gratuits, audio et vidéo, déclarent ne pas connaître les offres payantes.

Le streaming audio est un usage multi-supports, comme l’on peut aisément l’imaginer. (ordinateurs smartphones, tablettes, télévisions…), mais le smartphone est de loin le support privilégié d’écoute : 80% des streamers déclarent écouter la musique sur leur smartphone. Fait intéressant, le playlisting est très utilisé et sollicité par les utilisateurs : 62% des streamers écoutent les playlists éditoriales proposées par les services qu’ils écoutent. Les streamers audio créent et partagent des playlists à 79% via leur plateforme de streaming (Deezer, Spotify, etc.), à 62% via Facebook et 33% via Twitter.


Streaming vidéo : la question de la monétisation


Au-delà du challenge de la conversion des utilisateurs des formules freemium du streaming audio, c’est la faible valeur que génère le streaming vidéo qui est au coeur du débat : il rassemble la plus large audience, maximise l’usage mais tire vers le bas les revenus des acteurs de la filière.

Les trois-quarts des streamers consomment de la musique sur YouTube et 33% d’entre eux exclusivement via cette plateforme. C’est, de loin, la plateforme la plus populaire. La musique est un centre d’intérêt prépondérant pour les utilisateurs de YouTube, et la musique est le contenu qui draine la plus forte audience : 21 des 23 vidéos ayant franchi le cap du milliard de vues sur cette plateforme en 2015 sont des vidéoclips musicaux (Source Ifpi). Or, non seulement YouTube ne propose toujours pas une offre d’abonnement en France mais surtout, selon le Snep, "il ne rémunère que très insuffisamment la création par rapport aux autres plateformes de musique en ligne qui négocient loyalement les droits de la musique sans se réfugier derrière le statut d’hébergeur".


Consulter le Baromètre MusicUsages Snep/GfK


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