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Publié le mardi 11 septembre 2012

 
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Politique culturelle

Aurélie Filippetti / CNM : "nous n’avons pas réellement besoin d’un nouvel établissement public"

Dans un entretien accordé au journal Le Monde, la ministre de la Culture et de la Communication Aurélie Filippetti aborde les principaux chantiers de son ministère et sonne le glas du projet de Centre national de la musique. Les réactions d’acteurs de la filière musicale ne se sont pas fait attendre.

Coup de tonnerre dans le monde la culture. L’entretien accordé par la ministre Aurélie Filippetti n’a pas fini de faire parler. Dans le contexte actuel de crise économique, elle entend montrer que la rue de Valois sera un bon élève sur la voie des économies budgétaires. Et pour cela, elle taille dans la masse. Ainsi, un certain nombre de projets lancés sous la présidence de Nicolas Sarkozy ne verront pas le jour, du moins pas immédiatement. Elle entend ainsi faire porter l’effort sur "certains projets, annoncés avec légèreté et, pour l’essentiel, non budgétés par l’équipe Sarkozy. Le total de ces projets dépasse le milliard d’euros. Nous en arrêtons certains, nous en suspendons ou en reportons d’autres." Et le projet de Centre national de la musique en fait partie.

Le CNM remis aux calendes grecques

Alors que la ministre avait reçu la filière musicale le 11 juillet dernier et l’avait assurée de son soutien, elle déclare : "nous n’avons pas réellement besoin d’un nouvel établissement public, qui nécessiterait, en plus des ressources existantes, 50 millions d’euros. Ce n’est pas possible actuellement." Exit donc le travail mené depuis un an par la mission, puis l’association de préfiguration conduite par Didier Selles. Cette mission avait d’ailleurs amené plus d’une quarantaine d’acteurs de la filière à signer, au Midem, un accord-cadre sur la création du Centre national de la musique. Cette création avait également suscité des craintes, 6 réseaux refusant de signer., voire un rejet pour d’autres, comme les Allumés du jazz.

Si le projet semble bien coupé dans son élan, la ministre précise que la production indépendante sera soutenue : "j’ai dégagé des crédits et sauvé le crédit d’impôt dont ils bénéficient. Et le travail de réflexion se poursuit avec les professionnels."

Pour rappel, le projet de Centre national de la musique devait être financé sur le surplus de la taxe payée au Centre national du cinéma (CNC) par les distributeurs de télévision et les opérateurs télécom (TSTD). Mais pour la ministre, le CNC, mis à contribution dans l’effort d’économie de façon importante, ne peut être doublement sanctionné : "face à la crise, le CNC va effectivement être mis à contribution de façon importante, et c’est normal. Les professionnels du cinéma ont fait preuve de beaucoup de responsabilité. Mais en échange, la taxe sur les services distributeurs (TSTD), qui auparavant était écrêtée, ne le sera plus. Ce qui évitera une sorte de double peine…" Sur cette question du reroutage des recettes de la TSTD, nos confrères de BFM livrent une analyse documentée, dans un article intitulé Budget 2013 : le vrai-faux sacrifice du CNC.

Réactions en chaîne dans la filière

Les propos de la ministre ne sont pas restés longtemps sans susciter de réactions. Le Snep (Syndicat national de l’édition phonographique), dans un communiqué, parle de "consternation et d’incompréhension", et affirme que "la ministre trahit également l’engagement de campagne du président de la République, qui avait clairement affirmé son intention de poursuivre le chantier du CNM." Tout en précisant que "les producteurs de musique ne sauraient accepter comme mesure compensatoire à cet abandon, le renforcement d’un crédit d’impôt au profit des seuls producteurs indépendants." Sur Twitter, les réactions ont également fusé dans le même sens :

Pour Eifeil (Éditeurs indépendants fédérés en Ile-de-France), le constat est identique, dans une lettre ouverte adressée à la ministre, en précisant : "la création du futur CNM va dans le sens de l’Histoire, Histoire dont nous sortirons s’il ne voit pas le jour." La présidente, Isabelle Dacheux, s’insurge également à propos de l’inégalité de traitement supposé entre cinéma et musique, rappelant que cette dernière ne perçoit aucun revenus en provenance des fournisseurs d’accès Internet (FAI) : "le CNC perçoit une taxe d’ 1 milliard 250 millions d’euros par an en provenance des FAI (pour 800 Millions d’euros) et des chaînes de télévision (pour 450 millions d’euros) ce qui lui permet d’aider la production cinématographique française à hauteur de 550 millions d’euros annuels, et lui laisse un bénéfice annuel de 700 millions euros . La musique ne perçoit rien de la part des FAI ni d’autres secteurs." La question de la fiscalité numérique est d’ailleurs abordée par la ministre dans l’entretien accordé au quotidien Le Monde, en réponse à une question sur l’existence en Allemagne d’une "taxe Google" : "il existe un groupe de travail sur la fiscalité numérique, dans le cadre de la mission de concertation de Pierre Lescure. De toute façon, il va falloir développer une fiscalité équitable entre les acteurs du numérique et les acteurs traditionnels de la culture."

D’autres acteurs de la filière musicale devraient s’exprimer dans les heures et les jours à venir. Comme Pascal Nègre, président d’Universal Music, qui twittait hier :


La lettre ouverte d’Eifeil :

PDF - 59.3 ko
Eifeil : lettre ouverte à Aurélie Filippetti, ministre de la Culture

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