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Publié le jeudi 14 juin 2012
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Nommée au poste de déléguée générale lors de la dernière assemblée générale de la Chambre syndicale de l’édition musicale (CSDEM), Angélique Dascier a répondu à nos questions sur la situation des éditeurs musicaux et les dossiers prioritaires de la Chambre.

Vous venez d’être nommée Déléguée générale de la CSDEM qui se dote ainsi d’une représentation plus opérationnelle. Cela correspond-t-il à une évolution stratégique de la Chambre ?
Il s’agit davantage d’une évolution conjoncturelle. Il était devenu indispensable d’actualiser, dans le contexte de l’évolution de notre filière, la définition des attributions de l’opérationnel de la CSDEM.
Dans la crise et la mutation en cours au sein de la filière, comment se positionnent les éditeurs musicaux ?
Les éditeurs de musique, acteurs interprofessionnels s’il en est, sont plus que jamais dans l’œil du cyclone. Leur situation les encourage à favoriser l’intelligence collective.
A cet égard, le CNM et les réflexions qui se profilent sur l’Acte de II de l’exception culturelle seront déterminants.
Quels sont les dossiers prioritaires sur lesquels travaille la Chambre ?
Le suivi d’un CNM ambitieux, qui permettra aux acteurs de la musique de bénéficier d’un système rasséréné est le chantier prioritaire de la CSDEM. Le modèle exemplaire du CNC a vocation à être décliné et le secteur musical est le laboratoire idéal pour cela : écosystème renversé et emploi en berne, d’un côté, mais aussi prise de conscience collective et mutation enclenchée, de l’autre. Les pouvoirs publics ont entre les mains un projet pensé pour tous les acteurs, toutes les tailles et toutes les musiques avec une savante dose de soutien aux services musicaux en ligne. Si le nouveau gouvernement doit pouvoir s’approprier le projet et s’assurer de son adéquation avec les valeurs qui ont présidé lors de la campagne, une telle opportunité répondant aux attentes de tout un secteur culturel ne pourra pas être dressée a minima. Dans le même sens, nous ferons nos propositions pour l’Acte II de l’exception culturelle.
Sur un tout autre terrain, la CSDEM travaille actuellement au sein du CSPLA à faire la lumière sur les différences structurelles fortes entre les marchés de l’édition littéraire et de l’édition musicale. Ce qui peut paraître n’être qu’une simple adaptation de contrats de droit français à l’ère numérique pour le secteur littéraire entraînerait, pour le secteur de l’édition musicale, des bouleversements beaucoup plus conséquents dont ni les auteurs ni les éditeurs n’auraient la maîtrise.
Aussi, l’adaptation du métier d’éditeur de musique au numérique est très présente dans nos travaux. La mise en place de Boem (Base œuvres de l’édition musicale permettant la mise à disposition et la licence des paroles de chansons aux services de contenus en ligne) qui distribue les paroles de chansons sur plus d’une dizaine de sites à l’heure actuelle est un succès unique de création d’une offre légale commune par les ayants droit eux-mêmes. De nouveaux acteurs sont entrés en négociation récemment. L’enrichissement de Boem en textes et en métadonnées demeure une préoccupation continue au vu des millions d’œuvres à numériser. Dans le domaine de l’adaptation numérique toujours, nous suivons de près les travaux de la Confédération internationale de l’édition musicale (ICMP) sur la Global Repertoire Database (GRD).
Nous sommes également attentifs et participons aux travaux de l’ICMP sur la directive sur la gestion collective et les réflexions sur la copie privée.
Chambre Syndicale de l’Édition Musicale
74, rue de la Fédération 75015 PARIS
Tél : 01 48 74 09 29
A peine le dixième anniversaire d’Itunes vient-il de sonner que déjà le streaming devient la nouvelle coqueluche des marchés. Spotify, Deezer, Rdio et quantité d’autres, ont ouvert de nouvelles perspectives au business de la musique en ligne. Le développement rapide des plateformes de streaming à l’international, sur des marchés émergents en forte croissance ou jusque là inexistants, excite les convoitises. Cela suffit-il à expliquer les volontés de Google, Amazon, Apple et Microsoft à se lancer dans la bataille ? A quelles stratégies répondent leurs manœuvres ?
L’arrivée programmée des géants du web sur le marché du streaming représente-t-elle une opportunité ou une menace pour les entreprises déjà implantées ? Vont-ils provoquer un effet de levier pour développer la consommation légale de musique en streaming ? Quels sont alors les moyens de se différencier ? L’avis de :
Simon Baldeyrou, directeur général de Deezer
Denis Ladegaillerie, président fondateur de Believe
Yves Riesel, fondateur de Qobuz (à venir)