ASCAP, SACEM et PRS lancent un projet de blockchain

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Publié le jeudi 13 avril 2017

Droit d’auteur

En collaboration avec IBM, les trois sociétés d’auteur s’engagent dans un projet visant à explorer le potentiel de la technologie blockchain pour l’identification des oeuvres pour les ayants droit.

Trois des plus importantes sociétés de gestion de droits d’auteur au monde – SACEM (Société des Auteurs Compositeurs et Éditeurs de Musique), ASCAP (American Society for Composers Authors and Publishers), et PRS for Music (Performing Right Society for Music) – ont annoncé allier leurs forces dans le cadre d’un projet de blockchain, pour mettre au point un prototype de gestion partagée des informations relatives aux droits d’auteur.

Ensemble, elles élaborent un nouveau système de gestion des liens entre les ISRC (codes internationaux pour les enregistrements musicaux) et les ISWC (codes internationaux pour les œuvres musicales). Cette solution permettra d’améliorer l’appariement entre ces deux ensembles de données et d’optimiser l’identification des ayants droit, afin de réduire les risques d’erreurs et de limiter les coûts, et à terme, d’accélérer l’octroi de licences. L’objectif du projet est de mettre au point un prototype qui permettra aux sociétés de créer et de s’appuyer sur une base de métadonnées d’œuvres musicales partagée et décentralisée, avec des capacités de suivi et d’actualisation en temps réel.

Les équipes techniques de la SACEM, d’ASCAP, et de PRS for Music collaborent avec IBM en vue d’exploiter la technologie blockchain open source de la Linux Foundation, Hyperledger Fabric, pour recouper, regrouper et préciser les liens existants entre les ISRC et les ISWC, et confirmer l’exactitude des informations ou des conflits identifiés sur des œuvres musicales. Bien que ce projet n’en soit encore qu’à ses débuts, il représente une étape fondamentale et prometteuse pour le développement et le déploiement des solutions blockchain dans la filière. Connue pour sa capacité à gérer des fichiers décentralisés, la blockchain permettra de répondre aux enjeux liés aux conflits d’identifiants autour d’une même œuvre pour de multiples ayants-droit.

Pour Jean-Noël Tronc, Directeur général-gérant, qui se réjouit « de cette initiative conjointe internationale », ce projet vient renforcer la mission de la SACEM : « garantir aux créateurs et éditeurs de musique, un avenir diversifié et pérenne, dans lequel ils soient efficacement et équitablement rémunérés. La SACEM s’est engagée à soutenir durablement la création et à investir dans des technologies innovantes et dans des systèmes d’information permettant d’améliorer l’identification de leurs œuvres, pour tous les usages en ligne, quelle que soit la plateforme. Grace à cette expérimentation, nous souhaitons développer de nouvelles solutions autour de la blockchain, pour s’atteler à un problème de longue date et bien connu des professionnels de la musique – un problème qui s’est accru sensiblement avec la décentralisation croissante de la répartition des droits sur les œuvres musicales en ligne. En développant ce projet blockchain aux côtés d’ASCAP et PRS for Music, nous capterons davantage de valeur au profit des créateurs et éditeurs de musique du monde entier. »

Elizabeth Matthews, Directrice générale de la société américaine précise que « l’ASCAP est sans cesse à la recherche d’opportunités pour exploiter de nouvelles plateformes technologiques afin de traiter spécifiquement les besoins de nos membres et de la filière, ce qui nécessite davantage de transparence et d’exactitude. Au-delà de son utilisation initiale dans les systèmes de paiement, la blockchain a d’ores et déjà permis d’améliorer significativement certaines opérations telles que le recueil de données et le partage d’informations opérationnelles, de façon spectaculaire, en temps réel ou en réduisant les coûts. »

Enfin, pour Robert Ashcroft, Directeur général de PRS for Music, « la mise en place de données de droits d’auteur référentes représente depuis longtemps l’un des défis les plus importants auxquels le secteur se trouve confronté. La blockchain et les Distributed Ledger Technologies (DLT) ouvrent un champ de nouvelles opportunités pour permettre à tous les secteurs d’activité de faire face à des défis de longue date. Le marché numérique nécessite des rapports en temps réel pour le compte de multiples acteurs à travers le monde. Si la blockchain peut nous aider à réaliser cet objectif, elle proposera de nouvelles perspectives aux développeurs de nouvelles applications numériques, améliorera la fiabilité des versements des droits d’auteur et dégagera de la valeur pour les ayants-droit. »