ACTION ARTISTIQUE ET CULTURELLE EN MILIEU SCOLAIRE
Les musiques actuelles à l’école

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Publié le mercredi 4 février 2015

Article

L’enseignement de la musique à l’école souffre encore de nombreux clichés. Entre innovations pédagogiques et investissement grandissant depuis 15 ans des acteurs des musiques actuelles, les projets et partenariats se multiplient avec l’Éducation nationale. Et les réformes récentes créent des opportunités : parcours d’éducation artistique et culturelle, réforme de rythmes scolaires, les volontés de travail en synergie peuvent trouver là de nouveaux espaces d’application. État, collectivités, acteurs culturels et industrie musicale s’en emparent, pour imaginer l’action artistique et culturelle en milieu scolaire d’aujourd’hui et de demain, malgré les difficultés de financement.

Si son enseignement à l’école souffre encore de nombreux clichés, la musique en général, et les musiques actuelles en particulier, sont de formidables objets ou supports pédagogiques. Et nombre d’enseignants s’en saisissent pour leur travail quotidien, et pas seulement les enseignants de musique. Comme ce bel exemple de l’Histgeobox, ce blog, tenu par des professeurs de lycées et de collèges, qui a pour objectif de faire découvrir les programmes d’histoire et de géographie par la musique en proposant de courtes notices sur des chansons et morceaux dignes d’intérêt. Mais au-delà des initiatives pédagogiques personnelles, l’éducation artistique et culturelle, dans l’enseignement scolaire et en dehors, est présentée comme une priorité par l’État. Les ministres de la Culture Fleur Pellerin et de l’Éducation nationale Najat Vallaud-Belkacem doivent d’ailleurs faire des annonces communes courant février sur le sujet.

La vision réductrice de la musique se réduisant à chanter des comptines en primaire et à jouer de la flûte à bec au collège est largement battue en brèche par des évolutions pédagogiques profondes entamées par l’Éducation nationale depuis les années 1990, et par l’investissement grandissant depuis le début des années 2000 des acteurs des musiques actuelles dans l’action artistique et culturelle à destination des scolaires. Il existe de nombreuses initiatives en la matière, de la primaire jusqu’à l’université. Elles sont le fruit d’un travail concerté entre Éducation nationale, acteurs de terrain (salles de diffusion, lieux, associations…) et collectivités territoriales.

Sans minimiser les contraintes et difficultés, notamment sur le financement, le contexte actuel est propice au développement du travail entre professionnels des musiques actuelles et Éducation nationale. Les réformes de 2013, instaurant le Parcours d’éducation artistique et culturelle, la réforme des rythmes scolaires, sont des appels à intensifier les projets partenariaux. Et l’industrie musicale s’intéresse également de très près à ces questions, via l’association Tous pour la musique (TPLM) qui, forte de plusieurs projets depuis de nombreuses années, relance un groupe de travail sur la pédagogie. Patricia Sarrant, responsable communication du Snep et impliquée dans TPLM, explique : « TPLM est une maison commune ouverte à toutes les composantes qui travaillent ou œuvrent pour la musique, à travers la sensibilisation, l’action artistique et culturelle… C’est un lieu de rencontre et d’échange. Nous réfléchissons ensemble, mais surtout nous essayons d’être résolument tournés vers l’action. »

Entre volontés réciproques de travail en commun, investissement des structures et acteurs de terrain, contraintes budgétaires et, parfois, nécessité d’accorder les méthodes de travail, les espaces de rencontre et d’élaboration de projets se multiplient.

Une montée en puissance de l’action culturelle et artistique

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Illustration (a)Zebrock

L’action culturelle et artistique est un domaine bien ancré en France, depuis longtemps. Traditionnellement mise en œuvre par des associations dédiées, c’est un axe historique fort des structures et mouvements d’éducation populaire. Du côté des acteurs des musiques actuelles, des initiatives ont été élaborées par des pionniers, comme Zebrock ou encore les Francos. Mais la montée en puissance de l’action artistique et culturelle est assez récente dans ce secteur.

Moins pressées par la question du renouvellement des publics, les musiques actuelles ont pris le train en marche bien après d’autres domaines, comme le théâtre. Pour Franck Michaut, directeur du Rif, « comme nous travaillons sur des musiques dites populaires, cet enjeu a peut-être été quelque peu sous-estimé dans un premier temps ». Sans minimiser non plus l’impact de l’histoire des musiques actuelles, qui se sont en partie construites dans une posture d’indépendance, sinon de défiance vis-à-vis des institutions. Depuis le début des années 2000, le mouvement semble pourtant bien lancé, comme l’ont montré les études du Rif sur L’Action culturelle en milieu scolaire et musiques actuelles de 2007, et l’étude nationale publiée en avril 2014 et réalisée par la Fedelima et Opale, Actions culturelles et musiques actuelles.

Cette montée en puissance s’observe tout d’abord par le nombre de projets de ce type, en augmentation, ainsi que par le poids relatif de ces missions dans les projets des établissements. Pour près d’un tiers des répondants à l’enquête nationale, ces actions représentent plus de 25% du budget des structures. Autre élément marquant, l’augmentation des postes dédiés. Et la grande majorité (80%) ont été créés après 2000. Pour Franck Michaut, « cela confirme la structuration récente, et encore en cours, de ces activités. Mais pour 50% des répondants, ils n’ont pas encore de postes dédiés à ces projets ». Si la nature des répondants à l’enquête nationale est diverse, les équipements de type Smac, mieux outillés pour répondre à ces questions-là, sont largement représentés.

Les scolaires, premier public de ces actions

Au sein de l’action artistique et culturelle en général, les projets en direction des publics scolaires sont les plus nombreux, et les plus importants en termes financiers et en nombre de postes.

Il s’agit là de l’effet d’un double mouvement. Les structures, au fil des ans, se sont ancrées dans leurs territoires, dépassant leur dimension initiale de diffusion et de répétition. Dans le même temps, les injonctions des financeurs se sont faites aussi plus précises, avec des incitations à aller vers l’action culturelle et artistique, dans les conventionnements et les cahiers des charges.

Le public scolaire apparaît alors, par ses spécificités, comme un destinataire privilégié. À la fois parce qu’il est traditionnellement un public identifié comme prioritaire, mais aussi parce qu’il est suivi, accompagné ou encadré par de nombreux acteurs, à commencer par l’Éducation nationale, partenaire privilégié des acteurs culturels en général, et musiques actuelles en particulier.

L’éducation artistique et culturelle à l’école : une priorité nationale

Lors de son accession à la présidence de la République, François Hollande avait souhaité faire de la jeunesse une priorité de son quinquennat. Depuis une quinzaine d’années, l’éducation artistique et culturelle est affichée comme une priorité par l’État, ministères de la Culture et de l’Éducation nationale en tête.

En 2013, un nouvel (énième ?) élan est donné, avec le lancement du Plan national pour l’éducation artistique et culturelle. La loi instaure alors le Parcours d’éducation artistique et culturelle (circulaire n° 2013-073 du 3 mai 2013), redéfinissant la place de l’art et de la culture à l’école. Avec une réorganisation du temps de l’enfant (réforme des rythmes scolaires) et la volonté de travailler sur la continuité éducative entre l’école et son environnement, par le biais d’un outil de structuration : le projet éducatif de territoire (PEDT). L’ambition de ce plan est alors clairement affichée : « il doit permettre au jeune, par l’expérience sensible des pratiques, par la rencontre des œuvres et des artistes, par les investigations, de fonder une culture artistique personnelle, de s’initier aux différents langages de l’art et de diversifier et développer ses moyens d’expression. Le parcours d’éducation artistique et culturelle conjugue l’ensemble des connaissances acquises, des pratiques expérimentées et des rencontres organisées dans les domaines des arts et de la culture, dans une complémentarité entre les temps scolaire, périscolaire et extra scolaire (…) Sa mise en œuvre résulte de la concertation entre les différents acteurs d’un territoire afin de construire une offre éducative cohérente à destination des jeunes, qui aille au-delà de la simple juxtaposition d’actions, dans tous les domaines des arts et de la culture. » Pour François Lajuzan, Directeur des affaires culturelles de Tournefeuille et auteur de l’ouvrage L’Action culturelle dans les rythmes scolaires, c’est une opportunité sans précédent : « la grande réforme de l’Éducation nationale inscrit pour la première fois dans la loi que tous les enfants ont droit à l’éducation artistique, dans le temps scolaire et périscolaire, sur l’ensemble du territoire. Ce qui jusqu’à présent relevait de l’initiative individuelle est désormais une obligation qui s’applique à tous, et partout ».

Une opportunité pour les acteurs culturels ?

Si la mise en place de la réforme des rythmes scolaires a fait couler beaucoup d’encre et connu de nombreux couacs au démarrage, ces réformes créent un appel d’air pour les acteurs culturels. Ils ont là des espaces de partenariat ouverts pour proposer des activités éducatives, sur le temps scolaire et périscolaire. « J’engage et j’encourage fortement les acteurs culturels à s’engager dans cette porte qui est ouverte (…) le secteur culturel doit prendre l’initiative pour être au cœur du dispositif. Et c’est maintenant que ça se joue ! », insiste François Lajuzan.

Les acteurs des musiques actuelles n’ont certes pas attendu ces récentes réformes pour se rapprocher de l’Éducation nationale. Dans l’étude menée par le Rif en 2007, la majorité des structures répondantes avaient déjà des actions en lien avec l’Éducation nationale, et une grande partie de celles qui n’en menaient pas avaient le projet d’en mettre en place. Pour Franck Michaut, « on était vraiment sur une dynamique qui ne s’est pas démentie depuis », comme l’a montrée l’enquête nationale de la Fedelima et d’Opale. De nombreuses structures se sont déjà engagées dans la brèche ouverte par les réformes de 2013. Zebrock va ainsi mettre en place cette année des ateliers avec des artistes dans le cadre de la réforme des rythmes scolaires, à destination des primaires. Si les professionnels des musiques actuelles regrettent l’absence de concertation en amont sur les contenus et la logistique, pour Thierry Duval, directeur du Cry, « c’est justement l’occasion pour les acteurs culturels de faire des propositions adaptées pour s’emparer de ces espaces temps. Il ne s’agit pas de transposer ce que l’on fait déjà. Il y a tout à inventer. Et dans l’existant actuel, il y a… de tout… De la simple récréation jusqu’à des projets très cadrés (…) Ce que l’on peut regretter, c’est l’absence de concertation et de réflexion en amont. Du coup, dans certains endroits, cela s’est fait dans la douleur et la précipitation, sans budget, avec des recrutements en urgence ». Il y a donc un réel besoin d’accompagner la mise en place de ces réformes, qu’il s’agisse des nouvelles activités périscolaires à destination des primaires, comme des projets partenariaux dans le secondaire.

Financements et inégalités des territoires

Si le contexte actuel encourage au travail conjoint entre acteurs culturels et Éducation nationale, pour mettre en place des projets et formaliser des partenariats, une question reste cependant centrale : celle du financement des actions. Si l’État met un cadre général aux politiques publiques, c’est au niveau des collectivités territoriales que se pose plus précisément la question des moyens. Parce que ces dernières sont montées en puissance depuis 10 ans dans le financement des structures de musiques actuelles, sous l’effet de la décentralisation, mais aussi par la structure administrative de l’Éducation nationale. L’approche est en effet segmentée : les communes ont en charge les écoles maternelles et primaires, les départements les collèges, et les Régions les lycées. Et au transfert des compétences ne correspond pas toujours un transfert de moyens.

Comme le soulignait l’étude nationale de la Fedelima et d’Opale, près d’un tiers des projets d’action artistique et culturelle sont développés sans financement spécifique. Et de manière générale, la part des partenaires (culture, éducation, socio-éducatif..) ne dépasse pas, en moyenne, un quart du coût des projets. Pour François Lajuzan, « il faut que les équipements, Smacs, théâtres ou autres, prennent l’initiative pour proposer des activités éducatives, quitte à rogner dans leur budget sur d’autres choses. Même si ce n’est pas toujours facile à faire ou ne serait-ce qu’à entendre, je suis un ardent défenseur du redéploiement. On a tendance à mettre le paquet sur l’aspect diffusion, qui en grande partie, s’adresse à un public déjà acquis, alors qu’il faudrait rééquilibrer les budgets en faveur de la médiation ». Une vision qui n’est pas partagée par tout le monde, à commencer par les acteurs des musiques actuelles.

Les collectivités territoriales se retrouvent alors en position d’organisatrices du travail en commun à intensifier entre acteurs culturels et Éducation nationale, avec les biais inévitables d’inégalités entre les territoires. Elles ont désormais à leur disposition le Plan éducatif de territoire. Ce document a pour objectif de définir la politique éducative d’une collectivité. Dans l’idéal, ce document est formalisé avec l’ensemble des structures identifiées comme participant à l’éducation de l’enfant : l’école, la famille, le périscolaire et les collectivités territoriales, les établissements culturels, les associations sportives, d’éducation populaire, les médiathèques…

En territorialisant davantage ce travail en commun, les résultats sont inévitablement tributaires des moyens initiaux de la collectivité, ainsi que du nombre et de la qualité du maillage territorial des structures et établissements culturels. Comme l’explique François Lajuzan, « en réfléchissant, en mobilisant les acteurs et en redéployant les moyens, on arrive à absorber ce surplus. Mais dans des communes où les activités périscolaires se résument à une garderie encadrée par des animateurs pas forcément diplômés, où la médiathèque ou le théâtre le plus proche sont à 20 kilomètres, c’est beaucoup plus problématique ».

Éducation nationale et acteurs culturels : des enjeux variés mais partagés :

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Illustration (a)Zebrock

Les publics scolaires sont des destinataires privilégiés des actions d’éducation artistique et culturelle. Les enjeux sont variés : ouverture culturelle, formation citoyenne, éducation artistique et culturelle, participation à la réussite éducative, sensibilisation à la santé, aux bonnes pratiques…

Il s’agit tout à la fois de faire découvrir la diversité des formes d’expression artistiques, d’éveiller la curiosité, de susciter le désir, et de faire participer de manière active au processus de création. Pour Yves Guinchat, conseiller musique à la Délégation académique à l’éducation artistique et culturelle du rectorat de Créteil, faire toucher du doigt aux enfants le processus de création artistique, les habituer à la fréquentation des œuvres et des artistes permet de remplir des objectifs « à la fois très simple et très ambitieux : la participation à la construction de la personne et de l’identité de l’élève, la formation d’un sens critique, l’ouverture sur le monde et ses représentations l’accès à la culture de tous mais plus particulièrement des publics éloignés, socialement, géographiquement… ». Aussi, très basiquement, il s’agit de faire découvrir aux élèves les équipements qui existent à côté de chez eux, et qu’ils pourront par la suite être amenés à fréquenter.

Si tout le monde semble s’accorder, philosophiquement, sur les enjeux, la réalité n’est pas toujours aussi simple. Éducation nationale et acteurs culturels poursuivent des objectifs qui, s’ils ne sont pas contradictoires, peuvent ne pas être priorisés de la même façon. Les visées artistiques et culturelles sont généralement partagées, mais ne sont pas toujours les plus importants. « Ce qui est primordial pour eux, c’est la réussite scolaire : comment on développe ou renforce des compétences chez les élèves, à travers ces projets, pour qu’ils réussissent ou améliorent leur parcours scolaire. Disons que nous avons des objectifs communs, mais qui n’ont pas forcément les mêmes objets », précise Thierry Duval. Autre point de discussion : la continuité entre temps scolaire et temps hors scolaire. Bien que la circulaire de mai 2013 insiste sur la continuité éducative, il n’est pas toujours évident de prendre en compte, dans les projets, ce qui déborde du temps scolaire. Alors même que beaucoup de choses se jouent ailleurs, dans d’autres lieux, ou tout simplement dans la sphère privée. « Les partenaires de l’Éducation nationale sont quasiment focalisés sur les seuls dispositifs qui s’intéressent au temps scolaire. Non pas de façon individuelle, les enseignants ont évidemment pleinement conscience que les choses débordent le temps scolaire, mais dans l’organisation, dans les dispositifs et dans les façons de travailler », précise ainsi Thierry Duval.

Du côté des points de satisfaction soulignés par tous, la volonté de travailler de façon interdisciplinaire. En effet, les services de l’Éducation nationale ont pour principe fort de faire travailler sur les projets artistiques et culturels l’ensemble des enseignants, et pas uniquement ceux des disciplines artistiques. Il se peut cependant que les exigences respectives aux deux univers se télescopent. « Bien souvent, les politiques éducatives ne cherchent qu’à utiliser la culture sans tenir compte des dimensions artistiques et de création. De l’autre côté, on a des acteurs culturels obnubilés par une seule chose : remplir leurs équipements, en allant vers des logiques de pure consommation culturelle. Je grossis évidemment le trait », explique François Lajuzan.

Intensifier les relations

C’est pour éviter l’instrumentalisation réciproque, et créer les conditions d’une collaboration efficace que des espaces de rencontre et de réflexion commune sont nécessaires. Et c’est au niveau des rectorats que peuvent se formaliser ces espaces. Dans ce domaine, l’académie de Créteil est exemplaire. Sa Délégation académique à l’éducation artistique et culturelle a mis en place depuis plusieurs années des groupes de réflexion par thématiques, pilotés par les conseillers. S’y rencontrent des enseignants, des structures culturelles, des artistes, des partenaires institutionnels, pour échanger et envisager les possibilités de partenariats. « Des représentants du Rif y côtoient des représentants de la Philharmonie, de la Gaîté lyrique, de Zebrock, de Banlieues bleues ou de la Muse en circuit… On y discute de projets et de formations pour les enseignants.. Mon rôle est d’identifier les partenaires potentiels par tous les moyens possibles. Ce sont pour nous des temps très précieux, dont il émerge beaucoup de matière. Il y a environ 4 à 5 rencontres annuelles. S’y ajoutent les temps de formation, sur des thématiques ciblées », détaille Yves Guinchat.

Pour renforcer la présence des musiques actuelles en milieu scolaire, ces espaces de rencontre doivent se multiplier. Qu’il s’agisse de discussions, d’échanges de pratiques, de valorisation des projets réussis, mais aussi de participation à la formation, initiale et continue, des enseignants. Les structures de musiques actuelles trouveraient d’ailleurs un prolongement logique à leurs actions en devenant également des espaces ressource pour la formalisation des contenus, en coconstruisant avec tous les acteurs : Éducation nationale, collectivités et intervenants. Un rôle qui peut aussi être tenu par les têtes de réseau musiques actuelles : « dans ce contexte de manque de moyens budgétaires et humains, le rôle de nos réseaux se trouve renforcé sur ces questions-là. Nous nous devons, en tant que têtes de réseau, de multiplier les espaces d’échanges, les projets de mutualisation, de savoir faire, d’outils communs, de formation », insiste à ce propos Franck Michaut.

Le temps des relations compliquées entre Éducation nationale et acteurs des musiques actuelles semble dépassé. À l’ignorance mutuelle a succédé une volonté réciproque de travailler ensemble. Les clichés accompagnant l’enseignement de la musique à l’école, s’ils sont encore tenaces, sont battus en brèche par les innovations pédagogiques et les projets qui se créent. Mais si les volontés sont là, la question du sous-financement, qu’il serait illusoire de voir résolue par le seul effet d’un redéploiement, pourrait déboucher sur des logiques contre-productives. La tentation pourrait être, du côté des collectivités, de recourir aux mécanismes d’appel à marchés publics ou à des prestataires, plus qu’à des partenariats avec des structures locales, même si cette question dépasse largement le simple cadre des actions culturelles artistiques en milieu scolaire. Comme le rappelle Yves Guinchat, «  c’est une mobilisation et un engagement de toutes les parties prenantes, acteurs culturels, chefs d’établissement, enseignants, institutionnels, qui permettra de renforcer et de développer l’action artistique et culturelle en direction des publics scolaires, au bénéfice de la société dans son ensemble ».


Dossier réalisé par Romain Bigay