IRMA

Centre d'information et de ressources pour les musiques actuelles

Connexion / inscription

Le panierVotre panier est vide

PUBLICITE
Accueil du site
Accueil du site > Documentation > Focus > 25 ANS DE FILIÈRE MUSICALE L’Officiel de la musique, Darwin et les musiques actuelles

Article mis à jour le mardi 9 septembre 2014
Article créé le lundi 5 septembre 2011

 
Version imprimable de cet article Version imprimable  
Article

25 ANS DE FILIÈRE MUSICALE
L’Officiel de la musique, Darwin et les musiques actuelles

Depuis 25 ans, chaque édition de L’Officiel de la musique cherche à s’adapter aux pratiques, attentes et besoins de ses lecteurs. Au quotidien, ces modifications ne sont pas forcément flagrantes. Mais, sur la durée, elles traduisent les grandes évolutions de la filière musicale. À partir du survol d’un quart de siècle de l’outil de la profession, quelques illustrations rapides de certaines grandes tendances.

Les demandes fondamentales des utilisateurs de L’Officiel de la musique ne changent pas au cours des ans : le milieu a toujours besoin des contacts des producteurs de disques, des producteurs de spectacles, des lieux d’enregistrement, des médias… bref, l’incontournable est dans la « bible » comme il a été qualifié par certains.

Mais L’Officiel de la musique évolue aussi. De nouveaux types d’acteurs apparaissent, de nouveaux enjeux s’affirment, de nouveaux fonctionnements s’organisent… tandis que, au fur et à mesure, des rubriques correspondant à ces besoins s’insèrent, s’étoffent, s’amenuisent ou disparaissent. En 25 ans, témoin du développement de son infrastructure, la place du spectacle a été augmentée de 20 % dans cet annuaire. Mais d’autres modifications, plus subtiles, reflètent aussi ces évolutions du secteur.

Formation

"Revendiquant sa professionnalisation, le milieu a compris que l’émergence réelle de ces emplois passait par une phase de qualification performant le traditionnel apprentissage sur le tas" [1]. En 1992, le constat était clair : la formation serait une étape nécessaire de la reconnaissance. On distingua alors trois grands domaines : l’artistique, le technique et "l’administratif".

La formation n’était pas à l’origine présente dans L’Officiel (du rock à l’époque). Elle s’y insérera très vite dès le début des années 1990, jusqu’à devenir un chapitre autonome (avec onglet spécifique) en 1998. Aujourd’hui, ce chapitre contient plus d’une soixantaine de pages.

Formation des cadres d’une filière…

Progressivement, la filière s’est engagée dans un mouvement de professionnalisation avec la multiplication de formations à l’administration et à la gestion de projets. Mais le caractère do it yourself auto-organisé et alternatif des premiers temps s’est longtemps accordé avec l’apprentissage "sur le tas".

En 1989 naît, à Issoudun, la formation "Managers du monde de la musique". Une première. Alors que les cursus culturels des universités (plus portés sur le théâtre ou les politiques culturelles) s’ouvrent à la formation initiale, les musiques populaires privilégient la formation professionnelle à destination des acteurs en activité. À Nanterre, Lyon, Angers, etc., d’autres s’engouffreront petit à petit dans une brèche défrichée par des années de stages courts en liaison avec le monde professionnel.

Avec ces cursus longs, on constate une évolution des contenus : réglementations spécifiques, importance de l’économie, de la gestion, du juridique, etc., tandis que les écoles de commerce ou de communication s’intéressant au domaine culturel développaient une approche « produit » de ses activités.

Aujourd’hui, si la formation « sur le tas » liée à l’expérience de terrain reste une plus-value évidente, diplômes et formations spécifiques sont clairement le meilleur moyen d’accéder aux stages en entreprise qui mettent le pied à l’étrier.

Formations artistiques

À l’inverse des musiques savantes, les musiques populaires sont des musiques de tradition orale qui, dans l’inconscient collectif, ne s’enseigneraient pas.

Antériorité oblige, le jazz est le premier à s’être engagé dans le processus [2]. En 1982, la reconnaissance de la légitimité de toutes les musiques est un des axes forts d’une politique qui encourage à sortir son instrument tous les 21 juin… À partir de là, les musiques actuelles changent de statut.

Guitare et basse électriques, batterie font très progressivement leur entrée dans les conservatoires. Puis, un DE jazz (diplôme d’État) permettant de former des enseignants qualifiés est créé. Il sera suivi, début 2000, d’un DE "musiques actuelles".

Mais personne n’a attendu l’institution, et les écoles privées, associatives ou non, s’étaient déjà multipliées sur le territoire. En 1992 s’est créée la Fneij [3] qui a pris pour slogan « le talent ça s’apprend ». En 1998, s’est constitué le collectif RPM, lieu de réflexion sur la pédagogie spécifique des musiques actuelles amplifiées… Le domaine de la formation musicale et des cours particuliers a explosé. Depuis quelques années, se développe le champ de l’accompagnement des artistes et du coaching, dont les précurseurs sont le Fair ou encore les Chantiers des Francos…

International

La musique n’a pas de frontières. Une évidence  ? Pas si simple. L’international représente une mobilisation qui s’est, entre autres, caractérisée par la création, en 1993, du Bureau export, sous l’impulsion des pouvoirs publics et des professionnels.

Dès les premiers Officiels, l’international était présent grâce à deux chapitres dédiés : Québec et Europe. Ils existeront jusqu’au relais d’autres annuaires (Euro Pop Book) et à la création du Bureau export. Aujourd’hui, le sujet est disséminé dans les organigrammes et le rayonnement des entreprises.

Les succès à l’étranger, bien que représentatifs, n’étaient pas si nombreux il y a 25 ans. L’international a pourtant acquis ses lettres de noblesse dès les années 1970 grâce à des éditeurs phonographiques comme Francis Dreyfus ou Henri Belolo… Un enjeu évident pour les indépendants, un objet d’investissement très complexe pour la circulation des artistes et la rentabilisation des spectacles.

Disposant d’un marché « local » de bonne taille, configuré par des multinationales aux catalogues étrangers, le métier français a mis du temps à pleinement intégrer l’international dans son fonctionnement. Mais, après la création du Bureau export, le succès de la French touch a montré, à la fin des années 1990, que les productions françaises pouvaient dépasser le cadre hexagonal. Le succès de la world music – Paris, capitale des musiques du monde – a lui aussi généré d’importants savoir-faire et de judicieux positionnements.

Aujourd’hui, les groupes chantent en anglais pour s’exporter, accéder aux synchros, etc., et des postes « à l’international » sont présents dans les départements des grandes entreprises. Le développement de la distribution numérique a permis d’abolir les frontières physiques et active la mise en avant sur des plates-formes étrangères. Les récents développements de rubriques d’agrégateurs, de promotion en ligne sont là pour suivre cette montée en charge.

Médias et promotion

La musique a toujours utilisé les médias. Supports de diffusion, ils ont aussi toujours joué un rôle prépondérant dans la promotion. Leurs nombreux bouleversements ont entraîné des évolutions dans les pratiques et les métiers de la musique… mais si les moyens ont beaucoup changé, il s’agit toujours, et plus que jamais, de vendre une histoire.

Radio et presse écrite

Le marché de la FM commerciale s’est consolidé fin des années 1980 autour de réseaux musicaux nationaux et de radios associatives. Média de prescription par excellence, la radio perd peu à peu ce statut, grignotée par la télévision, puis par Internet. Même si le passage en radio reste un incontournable de la promotion, ce n’est plus de ce côté que le développement des acteurs se caractérise. La presse écrite a aussi été revisitée. À la grande époque des magazines – et des fanzines – spécialisés s’est substituée une ouverture des quotidiens, des hebdomadaires et des mensuels généralistes, tandis que s’affirmait un vrai marché des revues de matériels et d’instruments. Mais, là aussi, le net a achevé de bouleverser la donne. Tout le monde peut écrire sa promo et poster sa carte de visite sur son propre espace dans les réseaux sociaux. Le métier de journaliste est devenu bien difficile tandis que chacun essaye d’apprendre à maîtriser les nouveaux canaux de promotion.

La musique dans le petit écran

La musique s’est imposée à l’écran avec l’ère du vidéoclip. À son apogée, on invente un minifilm dont la chanson constitue la bande-son  ; avec des réalisateurs vedettes comme Jean-Baptiste Mondino, Michel Gondry… Les maisons de disques investissent et le clip devient le produit marketing indispensable pour la télévision. Après les émissions culte (« Les enfants du rock », etc.), les premières chaînes musicales apparaissent, en France comme ailleurs. Mais, sous l’effet du développement des thématiques et des lois de l’audimat, la musique se réduit comme une peau de chagrin sur les chaînes historiques ou apparaissent les émissions de télé-réalité, type "Star Academy" et "La Nouvelle Star".

Musique et image, après avoir connu un chapitre dédié dans L’Officiel, se fondent dans la communication, la promotion et le conseil. Piste de diversification des sources de revenus dans un contexte de crise, la rentabilité de l’image se fait via les développements de l’association artiste/marque ou la synchro/supervision musicale (nouvelle rubrique dans L’Officiel de la musique 2012).

Et Internet arriva…

C’est au tout début des années 2000 que le Midem intégra, via la création du MidemNet, la nécessité pour le monde musical de prendre en considération l’arrivée du net, ses évolutions et son impact.

L’Officiel de la musique a évidemment évolué en fonction (en termes de contenus comme d’utilisation [4]). En 2001, pour marquer le coup [5], un chapitre WWW coordonné par Philippe Astor, fait la part belle aux start-up.
Depuis, ces rubriques se sont largement disséminées dans l’ouvrage… jusqu’à la prise en compte de la communication web et du webmarketing comme activités à part entière.

Internet a impacté le business musical d’une manière si fondamentale qu’on ne va pas la détailler ici en deux mots. Mais, en ce qui concerne ses conséquences sur la promotion, la communication et le marketing musical, on peut indiquer clairement que les métiers de la presse écrite et de la radio se raréfient au profit de la notion de community manager. Aujourd’hui, l’image reprend une nouvelle place avec le haut débit et les nouveaux canaux de diffusion d’information web : impossible de concevoir la musique sans un site, un Electronic press kit (EPK), des vidéos, un blog, des pages sur les réseaux sociaux… Ce besoin de nourrir le flux entraîne de nouvelles pratiques développant une communauté en interaction continue avec le public.

Pour Maryse Bessaguet [6], directrice de la communication des Francofolies, cela induit une stratégie de plus en plus complexe en raison de la multiplication des supports et des acteurs. Pour Natacha Krantz Gobbi, directrice du marketing de Columbia, "ces évolutions ouvrent des perspectives passionnantes et permettent toutes sortes d’audaces artistiques". De fait, Internet a entraîné ce que Philippe Astor nomme une "crise" de la prescription musicale qui s’est « démocratisée et socialisée ». Les nouvelles habitudes de partage multiplient le prescripteur lambda et les stratégies de communication directe. En slogan : "Deviens ton propre média  !".

Conseil

Manager un artiste, monter un label, produire un spectacle, c’est aussi s’entourer des meilleurs conseillers. Ces activités de conseils trouvent une place de plus en plus conséquente dans la filière.

Petit à petit, L’Officiel de la musique a construit un recensement des activités dédiées au conseil. Depuis 2004, elles s’affichent (aux côtés de l’édition) dans un chapitre dédié, développé en accueillant des nouvelles structures et de nombreuses rubriques liées à cette fonction dans toute sa variété.

Au-delà du développement du business-conseil et de la prégnance des avocats spécialisés dans les négociations de projets, la profession de manager s’est affirmée en tant que fonction de conseil en carrière artistique. En parallèle, des dispositifs publics ont, années après années, investit les fonctions d’orientation des acteurs et d’accompagnement des pratiques. L’observation et la fourniture de chiffres sont devenues des attentes récurrentes.

À partir de 1998, l’arrivée des emplois-jeunes a entraîné la création de postes liés à l’information et l’accompagnement de projets  ; dans L’Officiel de la musique une rubrique dédiée aux lieux ressources a été créée en 2002. Depuis, ce chapitre fédère des rubriques qui permettent de structurer les activités répondant à des demandes d’information et de ressource : annuaires, ressources en ligne, lieux ressources, consultants, assureurs, avocats, prestations administratives, chercheurs, logiciels pédagogiques, etc.


Rédaction en chef : Gilles Castagnac.
Rédaction : Romain Bigay, Jean-Noël Bigotti, Camille Gillet.




L’Officiel de la musique 2012 est en vente !

Acheter l’Officiel de la musique

[1] Éditorial de l’ouvrage Formations rock, état des lieux (1992), Les cahiers thématiques du CIR.

[2] Dès 1967 au conservatoire de Marseille, à l’initiative du trompettiste Guy Lognon, par exemple, ou en 1977 avec le Cim créé par Alain Guerrini.

[3] Fédération nationale des écoles d’influence jazz.

[4] La base de données est accessible en ligne depuis 1998.

[5] Car il y avait déjà plusieurs années que les sites étaient référencés dans l’annuaire.

[6] Déjà interviewée dans le premier Officiel de 1988.

PUBLICITÉ

À travers les métiers…

Producteurs de spectacles, réalisateurs d’albums, attachées de presse, journalistes, responsables marketing, éditeurs, managers… ils ont suivi et ont été partie prenante dans les évolutions de la filière musicale. Nous les avons interrogés :
- Martin Meissonnier, réalisateur
- Alain Laurenson, manager
- Didier Saltron, journaliste
- Natacha Krantz Gobbi, responsable marketing
- Jean-Marie Salhani, éditeur
- Virginie Borgeaud, manager
- Alain Lahana, producteur de spectacles
- Maryse Bessaguet, attachée de presse
- Patrick Delamarre, directeur technique
- Rémi Bouton, journaliste
- Philippe Astor, journaliste.

>> Lire les interviews




La filière musicale en quelques dates

Nous avons tenté de représenter l’évolution de la filière musicale sur une frise chronologique. Cliquez sur l’image pour l’agrandir :

IRMA : Centre d'information et de ressources pour les musiques actuellesInformations légalesRégie publicitaireNous contacterPlan du siteRSS 2.0