" 2 SALARIES SUR 5 SONT DES EMPLOIS-JEUNES "

Publié le lundi 8 mars 2004

Les fédérations musiques actuelles se mobilisent pour leur avenir

Voir en ligne : Les résultats complets des travaux sont disponibles sur le site spécifique conçu à cette occasion : http://www.culture-proximite.org/doc/ejmusique/

A l’occasion d’une conférence de presse
tenue jeudi 4 mars à l’ANPE Spectacle, cinq fédérations représentatives des musiques actuelles (Fédurok, Afijma, Fneij/ma, Fédération des scènes de jazz et Réseau Chaînon) s’inquiètent de leur devenir.
Pour elles, "le dispositif « Nouveaux Services, emplois-jeunes » (NSEJ) a accéléré le développement et la structuration du secteur associatif des musiques actuelles. La disparition progressive de ce dispositif d’Etat aura, à court terme, des conséquences économiques et sociales préjudiciables pour un grand nombre de structures de ce secteur".

Après s’être mobilisées pour dresser un bilan précis des emplois et des activités créés (grâce à un accord-cadre a été signé avec le Ministère des affaires sociales du travail et de la solidarité et le Ministère de la culture et de la communication et un travail, réalisé en association avec le Centre d’Études de l’Emploi et l’agence Opale/Culture & Proximité), elles relèvent notamment les points suivants :
– Création de près de 3 000 postes,
– Aujourd’hui, dans les musiques actuelles, 2 salariés sur 5 sont emplois-jeunes,
– Un niveau de qualification à Bac +3, pour une rémunération au SMIC,
– L’aide de l’Etat au titre des emplois-jeunes (CNASEA) représente en moyenne 10% du budget de fonctionnement des structures

et ajoutent : "Ils participent désormais pleinement à la dynamique d’organisation du secteur, tant pour sa structuration (administration, viabilisation, diffusion, nouvelles structures…) que pour son développement (accompagnement, suivi des pratiques amateurs, adaptation aux nouvelles technologies, action éducative…)".
Dans un communiqué
rédigé à son issue, ces cinq fédérations constatent :

"1/ Le dispositif « Nouveaux Services, emplois-jeunes » (NSEJ) a accéléré le développement et la structuration du secteur associatif des musiques actuelles avec la création de près de 3.000 emplois (2 salariés sur 5 sont emplois-jeunes dans le secteur associatif des musiques actuelles) qui a permis une arrivée massive d’énergie et de compétences (Un niveau de qualification moyen à Bac +3).

2/ Le dispositif « Nouveaux Services, emplois-jeunes » (NSEJ) a permis aux associations d’affirmer le sens de leur action majoritairement tournée vers une démarche culturelle• soucieuse des populations et de la diversité des initiatives et des dynamiques locales.
Certes les emplois jeunes ont permis de consolider des activités en améliorant l’offre de service (administration, production, diffusion, communication) mais ils ont surtout permis le développement des projets tels que souhaités par les équipes et attendus par les populations (accompagnement et suivi des pratiques amateurs, soutien à l’émergence de projets artistiques, au développement d’artistes de carrière en devenir et aux initiatives culturelles d’un territoire, à l’action éducative, …).

3/ Le dispositif « Nouveaux Services, emplois-jeunes » (NSEJ) confirme • la précarité sociale et économique du champ associatif des musiques actuelles alliée à une trop faible considération des pouvoirs publics.
Les musiques actuelles étant entendues souvent sous un angle exclusivement lucratif mais aussi encore pour les plus amplifiées d’entre elles comme une sous culture par les décisionnaires politiques et administratifs, le secteur associatif• des musiques actuelles quels que soient ses efforts, son sérieux, sa pertinence, sa volonté, sa constance pour faire reconnaître son action• (14 ans d’existence en moyenne pour les structures en réseau), • navigue toujours dans l’incertitude d’une fin proche. Malgré les• dispositifs• d’aide à l’emploi jusqu’alors mis en place et les différents financements publics, les rémunérations• restent pour l’ensemble encore éloignées des usages (un niveau de qualification moyen de bac+3 pour une rémunération au SMIC pour les emplois-jeunes)
".

et préconisent :

"Les cinq réseaux musiques actuelles décident de poursuivre leur collaboration sur le terrain de la consolidation et de la professionnalisation des emplois-jeunes dans une optique plus large du financement de l’emploi et de l’économie du champ associatif des musiques actuelles.
Les réseaux décident• :
- de travailler sur des modes de financements qui dépassent la simple substitution des aides actuelles,
- de communiquer en direction des pouvoirs publics (en particulier les collectivités territoriales),
- de travailler à la professionnalisation des structures et des personnes en particulier sur le plan régional,
- de s’impliquer dans les outils de développement proposés en particulier par le Ministère du travail (DLA, centre de ressource, …)
".